Sainte Madeleine (Sainte Madeleine méditant sur les fins dernières)

Identification du bien culturel

N°Inventaire

D 872.9 ; 163 (B. Luti) (1875 : cat. Lorin) ; 130 (1897 : inv. Loiseau) ; p.1 (1929 : inv. cahier rouge) ; p.35 (1938-39 : inv. dactyl.) ; 3 (1938-39 : inv. Schweer) ; INV. 363 (Musée du Louvre)

Domaine

peinture

Dénomination

tableau

Titre

Sainte Madeleine (Sainte Madeleine méditant sur les fins dernières)

Précision auteur

LUTI : Florence, 1666 ; Rome, 1724

Ecole-pays

Italie

Période de création

4e quart 17e siècle

Matériaux - techniques

peinture à l'huile, toile

Mesures

Hauteur en cm 103.8 ; Largeur en cm 76.3 ; Hauteur avec cadre en cm 122 ; Largeur avec cadre en cm 98.5

Précisions inscriptions

Ni date ni signature

Précisions sujet représenté

Une longue chevelure fine et dorée, presque immatérielle, flotte savamment sur les épaules de la jeune femme, les boucles blondes voilent discrètement la poitrine dénudée. Yeux mi-clos, Marie-Madeleine regarde le crâne luisant qu'elle tient de sa main gauche en un face à face saisissant qui évoque presque une conversation muette entre le ' vif et le mort '. Tandis que l'autre main se lève dans un geste de saisissement créé par cette confrontation brutale avec la terrible image de la mort, dans le même temps, ce geste évoque aussi l'acceptation de ce passage obligé vers la Rédemption. Le crâne tient lieu ici tout à la fois de miroir aux vanités, d'attribut symbolisant l'examen de conscience, de support à l'introspection douloureuse. Cette introspection est rendue d'autant plus présente et crédible qu'elle n'est pas excessivement démonstrative, bien au contraire, à peine peut-on discerner quelques larmes perlant sur la joue de Marie-Madeleine, tandis que l'accent est porté sur la grâce poétique et sur l'intériorité du personnage, sur ce monologue muet et secret que l'on devine pourtant intense. Dans une composition somme toute très pudique, Luti tient ainsi à distance les deux travers si fréquents dans l'iconographie magdalénienne : l'érotisme langoureux et l'abondant épanchement lacrymal, les deux allant d'ailleurs souvent de pair.

Contexte historique

Historique

L'attribution de cette oeuvre à Benedetto Luti ne fait pas l'unanimité : G. Sestieri l'accepte comme oeuvre autographe dans son catalogue, tandis que E.-P. Bowron la rejette ; S. Loire et A. Brejon de Lavergnée la situent entre Rome et Bologne, tandis que S. Laveissière confirme l'attribution à Luti. A. Lo Bianco (comm. écrite, 18 octobre 1999) y voit une oeuvre 'plus tardive [que l'époque de Luti] du fait de la qualité de la matière et de la manière presque romantique de traiter la chevelure.' Philippe Malgouyres évoquait un peintre vénitien du début du XVIIe siècle, à cause du grain épais de la toile et des réminiscences titianesques (comm. orale 2005) Enfin, Stefano Causa en fait une oeuvre de jeunesse du napolitain Salvator Rosa (1615-1673), qui a beaucoup travaillé à Rome et Florence (cf. e-mail du 15 octobre 2008).

Lieu de création/utilisation

Italie (lieu de création)

Informations juridiques

Statut juridique

Propriété de l'Etat, musée du Louvre

Date acquisition

1872 entrée matérielle

Ancienne appartenance

Collection privée, Louis XVI, 1785 ; Collection publique, Musée du Louvre, Paris, 1793, Paris

Lieu de dépot

Dépôt ; Bourg-en-Bresse ; musée de Brou

Date de dépôt

1872

Informations complémentaires

Bibliographie

1793, Paris, Museum Français, 'Catalogue des objets contenus dans la Galerie du Museum Français, décrété par la Convention Nationale, le 27 juillet 1793, l'an second de la République'. (p. 43) Engerand (Fernand), 'Inventaire des tableaux commandés et achetés par la Direction des Bâtiments du Roi (1709-1792)', Paris, 1900. (T.II, p.585, n°1.) Tuetey (Alexandre), Guiffrey (Jean), 'La Commission du Museum et la création du Musée du Louvre, 1792-1793', Paris, 1910. (p.391, n°212.) Germain (Alphonse),' Collections publiques de France : Le Musée de Bourg-en-Bresse', Paris, Henri Laurens éditeur, 1923. (p.13.) Moschini (Vittorio), 'Luti. Catalogo della Opera', L'Arte, t. XXVI, 1923, p. 89-114., (p. 110, n°1 et fig.12.) Sestieri (Giancarlo), 'Il punto su Benedetto Lutti' dans Arte Illustrata, n° 54, août 1973, (p. 232-255., p.252, n°3.) Bowron (Edgar Peters), 'The Paintings of Benedetto Luti (1666-1724)', Dissertation à la New York University, 1979. (p.297-298.) Brejon de Lavergnée (Arnauld), Thiébaut (Dominique), 'Catalogue sommaire illustré des peintures du musée du Louvre : Italie, Espagne, Allemagne, Grande-Bretagne et divers', Paris, RMN, 1981. (p.292.) Delenda (Odile), 'Iconographie de sainte Madeleine', Thèse d'Histoire de l'Art, Paris, Ecole du Louvre, 1985. (T.II, n°127, p.171.) Brejon de Lavergnée (Arnauld), Volle (Nathalie), Ménégaux (Odile), 'Musées de France. Répertoire des peintures italiennes du XVIIè siècle', Paris, RMN, 1988. (p.439.) Angrand (Pierre), 'Histoire des musées de Province au XIXè siècle', t. 5, Rhône-Alpes/ Les Sables d'Olonne, 1988. (T.5, p.81.) Sestieri (Giancarlo), 'Reperterio della pittura romana delle fine del Settecento', Turin, 1994. (p.110.) Loire (Stéphane), 'Musée du Louvre, département des peintures : Ecole italienne XVIIè. 1 : Bologne, Paris, RMN, 1996. (p.20 note n°53.) Bourg-en-Bresse, musée de Brou, 'Peintures françaises et italiennes. XVIe-XVIIIe siècle', 1999. Catalogue par Marcel Destot et Marie-Félicie Perez. (n°93, p. 88-89 (ill.).) SARDA (Marie-Anne), PHILIPPE (Magali), 'Le monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse', guide BNP Paribas, Paris 2005 (n°92, p.79)