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POP | Plateforme ouverte du patrimoinePortrait du pasteur Herman Langelius (1614-1666)
Portrait du pasteur Herman Langelius (1614-1666)

Référence de la notice
08120004307
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
28 juin 2010
Date de mise à jour
22 novembre 2023
Rédacteur de la notice
Renaux Catherine
Crédits photographiques
© Fonds musée de Picardie, © Jeanneteau Marc
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
M.P.Lav.1894-95
Domaine
Dénomination
Titre
Portrait du pasteur Herman Langelius (1614-1666)
Auteur
Précisions sur l'auteur
HALS : Anvers, 1581 ; Haarlem, 1666
École (pays)
Pays-Bas
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1660
Historique
Le modèle de ce portrait est le pasteur Herman Langelius ; il pose ici vêtu d'un habit sombre rehaussé d'un rigide col blanc, coiffé d'une calotte, la main serrant un livre et l'index marquant la page. Célèbre à Amsterdam au XVIIe siècle, cet homme s'est particulièrement distingué par sa condamnation inlassable de l'athéisme et sa volonté de prêcher sans relâche la parole de Dieu qu'il utilisait, selon le poète contemporain Jeremias de Decker, comme une 'épée d'acier'. Parmi les épisodes qui lui sont rattachés, sa lutte sans répit pour faire condamner, confisquer les versions imprimées et empêcher la représentation de la tragédie Lucifer du dramaturge Vondel est sans doute le plus fameux. Cette toile, où le pasteur au regard pénétrant apparaît dans toute la rigueur de sa personnalité, a fait l'objet d'une gravure au XVIIe siècle par Blooteling, accompagnée par des poèmes de louanges en latin ('A tous, hérétiques, indécis et pêcheurs,/Il était tout, naufrage ou mer, guide ou tremblements de terre./Dans son coeur, un adepte de Dieu ; dans son âme, un rayon de lumière ; dans sa voix,/Un Paul dans toute son éloquence, une rare gloire à la communauté apostolique./Célibataire, il était marié à ses livres, c'était un homme qui/Consacra sa vie à élever des enfants pour les Cieux,/Telle - oh, c'est bien triste - était son apparence ici sur terre à Amsterdam.') et en néerlandais ('Loué par ses admirateurs, mais jamais comme il aurait dû l'être,/Sa grâce fait l'éloge de la divinité./La simple allusion à son nom lui fait honneur/Pour ses dons incomparables et sa suprême sagesse./A ses lèvres généreuses sont pendus des milliers/Qui maintenant, devant sa mort, doivent pousser des soupirs craintifs./Langelius, les dons qu'il fit à Sion,/Et en compagnie de Dieu, il cueille les fruits de l'été.') ; elle a également donné lieu à un texte satirique et polémique, à l'encontre de Hals, par Herman Frederick Waterloss ('Qu'essayes-tu, vieux Hals, de peindre Langelius ?/Tes yeux sont trop faibles pour le rayonnement de sa science/Et ta main engourdie est trop grossière et sans art/Pour exprimer l'intelligence sans pareille de cet homme et Professeur/Vante-toi donc à Haarlem de ton art et de tes premiers chefs-d'oeuvre,/Notre Amsterdam va maintenant témoigner avec moi,/Que tu n'as pas même compris la moitié, l'essence de cette lumière.'). Hals est l'un des plus grands portraitistes hollandais du temps. Auteur de portraits de groupe comme d'individus, on lui doit également des figures populaires qu'il dote d'expressions enjouées. Son travail évolue vers la fin de sa carrière vers une sobriété de plus en plus radicale, sur le plan chromatique comme stylistique, pour devenir presque austère ainsi qu'en témoigne notre toile, même si celle-ci dégage intensité et passion. cette puissante sérénité, cette touche libre et expressive, qui suscitent aujourd'hui l'admiration pour le travail d'un vieil artiste (Hals est âgé de près de quatre-vingt ans lorsqu'il peint l'effigie de Langelius) ont été parfois durement jugés par ses contemporains qui n'apprécient pas l'art novateur de Hals à la fin de son existence comme en témoigne le texte de Waterloos publié en 1660. Notice de Matthieu Pinette
Localisation
Amiens ; musée de Picardie