Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLe Miracle de saint Donat d'Arezzo ; La Messe de saint Grégoire le Grand (ancien titre jusqu'en 1963)
Le Miracle de saint Donat d'Arezzo ; La Messe de saint Grégoire le Grand (ancien titre jusqu'en 1963)

Référence de la notice
08120003387
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
10 mars 2009
Date de mise à jour
22 juillet 2019
Rédacteur de la notice
Cazenave Sabine
Crédits photographiques
© Réunion des musées nationaux ; © Agence Bulloz - utilisation soumise à autorisation
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
M.P.Lav.1894-242
Domaine
Dénomination
Titre
Le Miracle de saint Donat d'Arezzo ; La Messe de saint Grégoire le Grand (ancien titre jusqu'en 1963)
Auteur
Précisions sur l'auteur
RIBERA : Jativa, 1591 ; Naples, 1652
École (pays)
Espagne
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1652
Historique
Le sujet semble très rarement traité ; citons, comme analogie, Le Miracle de saint Donat d'Arezzo, attribué à Annibal Carrache (1560 - 1609), apparu sur le marché de l'art parisien en 1994, figurant le saint seul, en buste, de profil, mitré, serrant dans ses mains le calice qu'il recompose. Le tableau d'Amiens constitue assurément l'un des ultimes chefs-d'oeuvre de l'artiste et semble dater de l'année même de sa disparition : 1652 (et non 1634 comme on l'a parfois écrit). Spinosa (Peréz Sanchez et Spinosa, 1978), qui voit dans la toile des contradictions de style, a avancé l'hypothèse d'un tableau commencé bien antérieurement (dans les années 1639), laissé inachevé par l'artiste du fait de sa maladie, puis terminé à la fin de sa vie. La peinture frappe par sa monumentalité et le raffinement de sa composition, l'intensité réaliste qui s'en dégage (en particulier avec la tête de l'officiant à gauche ou dans l'accumulation des figures à droite), la qualité du rendu des étoffes (la chasuble du saint et surtout l'admirable surplis du jeune diacre), servis par un chromatisme assourdi, un ténébrisme mystérieux subtilement contrasté et une lumière vibrante. Pérez Sanchez rapproche les figures du tableau d'Amiens de celles du Saint Siméon et l'Enfant Jésus (Madrid,coll. part.), daté de 1647, et les personnages du second plan du Mariage mystique de sainte Catherine (New York, Metropolitan Musuem of Art), daté de 1648. Si la séduisante hypothèse de l'origine de l'oeuvre (l'une des deux églises placées sur le vocable de san Donato à Acerno en Calabre), étayée par l'allusion de Domininci évoquant une toile exécutée par l'artiste pour une église de Calabre, reste assez incertaine, en revanche, son histoire plus récente a bien été reconstituée : collection du roi Charles IV (Casita d'El Escorial) à la fin du XVIIIe siècle puis, sans doute après avoir été emportée hors d'Espagne à l'époque napoléonienne, collection La Rochefoucauld d'Etissac. Plusieurs auteurs ont avancé que l'intensité et l'exécution vibrante de cette composition ont dû inspirer Francisco de Goya y Lucientes (1746 - 1828) dans sa Dernière communion de saint Joseph de Calasanz (Madrid, chapelle de San Anton Abad), exécutée en 1819, et que cet artiste a pu connaître la toile de Ribera dans les collections royales. D'une extrême sensibilité, le tableau d'Amiens, où l'on peut apprécier 'les raffinements de facture et la gravité paisible où Ribera rejoint ici Zurbaran' (cat. exp. Marseille, 1988-1989, p. 234), s'impose encore comme une oeuvre essentielle du peintre et 'la qualité superlative' exaltée par Gonse en 1900 - qui le rapprochait déjà de Goya - apparaît de façon spectaculaire. Notice de Matthieu Pinette
Localisation
Amiens ; musée de Picardie