Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLe Berceau
Le Berceau

Référence de la notice
08120000185
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
28 juin 2010
Date de mise à jour
28 février 2023
Rédacteur de la notice
Renaux Catherine
Crédits photographiques
© Fonds Musée de Picardie, © Jeanneteau, Marc
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
M.P.Lav.1894-143
Domaine
Dénomination
Titre
Le Berceau
Précisions sur l'auteur
Fragonard : Grasse, 1732 ; Paris, 1806
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1760 ; 1765
Historique
La scène se place dans un intérieur rustique. A droite, un nouveau-né dort profondément dans un berceau, dont une petite fille écarte le voile. Près d'elle se penche un jeune garçon, tandis qu'un gros chat, perché sur un escabeau de l'autre côté de la couche, contemple le bébé. Sur la gauche, derrière un drap tendu, quatre personnes observent le nourrisson : la mère, assise, qui ouvre un volet pour faire entrer la lumière, deux jeunes enfants et une autre femme. Tous les spectateurs se montrent très attentifs : peut-être nous invite-t-on au réveil de l'enfant, auquel ses frères et soeurs veulent assister, sous le contrôle attendri et vigilant, mais peut-être aussi un peu inquiet, de l'oeil maternel. Ce célèbre tableau, qui nous fait entrer dans l'intimité d'une famille, est à l'évidence, ainsi que tous les auteurs l'ont souligné, inspiré de l'art de Rembrandt (1606 - 1669). C'est sans doute plus précisément la fameuse Sainte Famille aux anges (dite aussi Le Sommeil de l'Enfant Jésus) du maître hollandais, aujourd'hui au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, mais conservée au XVIIIe siècle dans la collection Crozat à Paris où Fragonard l'a copié à plusieurs reprises au début de sa carrière, qui a constitué sa référence. Le peintre, qui a témoigné à maintes reprises de son intérêt pour les écoles nordiques, et celle des Pays-Bas en particulier, livre ici une version profane de ce thème en retenant avant tout de la leçon rembranesque, le travail de la lumière et le brio du pinceau. Longtemps daté assez tardivement, le tableau a été replacé par Pierre Rosenberg juste après le retour de Fragonard à Paris (Cuzin hésite entre cette période et une date immédiatement antérieure au départ en Italie). On observe en effet dans cette toile la rondeur et la rapidité de la touche, le goût des empâtements, la densité des coloris, le travail du clair-obscur que le peintre développe immédiatement après son séjour dans la péninsule. Rappelons que Fragonard, élève de Chardin puis de Boucher, a obtenu le Grand Prix de Rome en 1752 ; il part pour l'Italie en 1756 et y demeure jusqu'en 1761. Cette brillante peinture, où les rouges et les jaunes, réveillés par la lumière, éclatent au milieu de la pénombre, nous convie, avec cet instantané de la vie familiale, à une heureuse page de tendresse domestique, l'un des thèmes de prédilection de Fragonard. Notice de Matthieu Pinette
Localisation
Amiens ; musée de Picardie