Précisions sur le sujet représenté
Huile sur toile; Comme l'a remarqué E. Nyerges en 1996 (cat. exp. Madrid/Bilbao), ce tableau, signé et daté de 1869, est le pendant d'une peinture de dimensions semblables (H. 0,59; L. 0,79) qui, sous le titre Dos de Mayo, est entrée en 1952 au musée des Beaux-arts de Budapest. Cette paire est inspirée des célèbres Dos de Mayo et Tres de Mayo de Goya conservés au Prado, immortalisant la révolte du peuple madrilène contre l'armée napoléonienne. Partant de ces deux toiles, Lucas a tenté d'élaborer une nouvelle composition en empruntant seulement quelques motifs précis à Goya. Ainsi dans la Fusillade, il a placé au centre de la toile la figure principale de l'homme debout, les bras étendus, mais a relégué le peloton d'exécution dans le fond sombre. Il a repris également, l'idée de la lanterne de toile, posée à terre pour éclairer les condamnés [...] Extrait du cat. Louvre, 2002, A. Ros de Barbero.; ...Le peintre reprend la thématique du Trois mai 1808 de Goya mais traitée sous un angle différent; ici les soldats français, à peine ébauchés, se situent à l'arrière plan. L'action principale se déroule autour du personnage debout les bras écartés dont le costume chamarré capte la lumière de la grande lanterne posée à même le sol comme dans le chef d'oeuvre de Goya. Les empâtements, très épais, disposés avec grande rapidité d'exécution soulignent les variations colorées au sein de la foule agenouillée. Une autre caractéristique demeure la figuration du regard grâce à une touche de blanc agrémentée d'un point noir pour figurer la totalité de l'oeil. D'une grande intensité dramatique, cette scène est rendue encore plus terrible par la présence de la montagne qui barre l'horizon et qui est certainement celle du Principe Pío à Madrid, non loin de l'ermitage de San Antonio de la Florida, lieu où avait été exécutés, dans la nuit du 3 mai 1808, un certain nombre d'insurgés madrilènes.... J.L.A.