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POP | Plateforme ouverte du patrimoinePortrait de Francisco del Mazo ; Retrato de Don Francisco del Mazo
Portrait de Francisco del Mazo ; Retrato de Don Francisco del Mazo

Référence de la notice
05940000041
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
31 mai 2011
Date de mise à jour
18 novembre 2024
Rédacteur de la notice
Berthoumieu Cécile
Crédits photographiques
© Castres ; musée Goya, photographe : Pascal Bru
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
894-5-3
Domaine
Dénomination
Titre
Portrait de Francisco del Mazo ; Retrato de Don Francisco del Mazo
Précisions sur l'auteur
GOYA Y LUCIENTES : Fuendetodos, 1746 ; Bordeaux, 1828 ; nationalité : Hispanique
École (pays)
Espagne
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1815-1820
Historique
L'une des trois peintures acquises par Marcel Briguiboul (1837-1842) en 1881 à Madrid représente Don Francisco del Mazo, originaire de la Peñilla de Cayón près de Santander où il naquit en 1772. Cousin germain de Manuel García de la Prada, banquier des plus influents, il était ' agente de Casa ' au sein de la maison du duc d'Albe en 1793. En 1804-1805, il fait partie de la Junta de Gobierno de la fameuse banque de Saint-Charles en 1785 (future banque d'Espagne) fondée par François Cabarrus, le père de Madame Tallien. Enfin en 1815, il occupe le poste de premier comptable du Mont de Pitié des Caballejos Hijosdalgos de Madrid tout en étant lié à l'Inquisition car il occupe les fonctions d'huissier principal du Tribunal ecclésiastique de Logroño. Sur ce dernier point, il y a tout lieu de penser qu'il s'agissait d'une fonction honorifique étant donné le rôle limité de la Santa à cette époque. Par García de la Prada, collectionneur des oeuvres du maître aragonais - c'est lui qui donnera L'Enterrement de la sardine à l'Académie San Fernando - Goya dut connaître son modèle ; ce dernier selon toute vraisemblance s'est fait représenter à l'occasion d'une promotion sociale, peut-être son anoblissement. Leandro de Moratín, le plus grand poète du temps et ami intime du peintre, connaissait aussi fort bien García de la Prada ; nous constatons, une fois encore, les liens étroits que cultivait Goya avec ces milieux de la haute finance ainsi que des Ilustrados. En 1805, Goya écrivait à un ami qu'il fallait payer plus cher lorsque les mains du modèle, morceau de bravoure, devaient être apparentes. Francisco del Mazo n'a pas dû payer le prix le plus élevé qui se situait entre 5000 et 15000 réaux pour des portraits en buste ou en pied : en effet ses mains n'apparaissent pas vraiment, l'une étant cachée par le billet et l'autre glissée dans le gilet. Pourtant l'excellence de l'oeuvre ne s'en ressent pas ; la facture enlevée, la palette restreinte, l'usage de noirs aux modulations subtiles font de cette image une évocation des plus vivantes. Malgré la pose quelque peu conventionnelle, le type physique de Del Mazo est parfaitement rendu ; la mâchoire massive, les yeux intelligents, le léger sourire bienveillant dans un visage coloré nous font connaître sa personnalité énergique et avisée. Goya ne s'embarrasse d'aucun artifice en particulier pour l'éclairage : la lumière est juste figurée d'un trait rapide d'ocre jaune sur le dossier du fauteuil. Le fond uni, quasi systématique après 1815, renforce la présence humaine tout comme chez les modèles de Velázquez. Identifiée grâce à l'inscription du billet tenu dans la main droite, l'oeuvre est datée entre 1815-1820 en raison de la redingote à col haut dite ' à l'anglaise ' qui était à la mode après la chute de l'Empire Napoléonien. Extrait du cat. exp. Madrid/Bilbao, 2002/2003, J. L. Augé
Localisation
Castres ; musée Goya