Description
La jeune femme est debout, la jambe gauche porte le poids et la droite fléchie s'avance, le pied sur le côté, provoquant un fort déhanchement. Le torse est nu, deux petits bouts d'argile rapportés indiquent les mamelons d'une poitrine très plate. Une draperie enveloppe le bras gauche et le bas ducorps contre lequel elle se plaque, laissant deviner les formes. Elle tient le cygne sur le côté, dans sa main gauche ouverte : le bras droit se lève horizontalement sur le côté, la main revient vers le centre en décrivant une courbe, comme si elle s'appuyait sur quelque chose, peut-être simplement pour rééquilibrer la pose. Le visage est rond, incliné vers la droite, bien modelé, les yeux en amande, aux pupilles formées, la bouche fine. La coiffure est élaborée, les mèches se répartissent à partir du centre vers l'arrière, où un chignon était probablement rapporté ; à l'avant les cheveux se séparent en deux torsades qui cachent les oreilles. Le revers est également modelé, mais sommairement, sans trou d'évent ; en revanche, un tout petit trou existe à la base de la nuque. Cette tête en mauvais état a été rapportée ; si la texture semble la même, la couleur est différente, et la tête ne paraît pas appartenir à cette figurine. Robert Mesuret, dans son inventaire, la signalait détachée, alors qu'Ernest Roschach ne parlait que de restauration. Cependant, des vestiges de peinture couleur "saumon fumé" recouvrent les cheveux et c'est ce même ton que l'on retrouve en quelques endroits sur le corps. Le bras droit a été moulé à part, de même que l'avant-bras gauche et le cygne ; ce dernier est à peine modelé, sans détails, peut-être étaient-ils peints ; une simple rainure différencie les ailes, mais l'attitude est très réaliste. Les deux parties du corps, fabriquées séparément, ont été bien ajustées et l'espace intérieur est étroit. Cela témoigne d'une technique bien particulière qui, lorsque les parois étaient trop épaisses, consistait à passer un outil à l'intérieur de la figurine crue afin de l'évider un peu et d'éviter tout risque de rupture à la cuisson. Cette fente s'élargit au bas de la statuette. Malgré les nombreuses retouches du drapé, le travail est un peu bâclé. La tête s'apparente à certaines terres cuites d'Italie du Sud. La position, le bas du corps, le modelé de la draperie, la technique même semble-t-il, ainsi que la différence de couleur de terre entre la tête et le corps sont très proches d'une Victoire conservée au Musée du Louvre (Cp 4512) qui proviendrait d'Apulie (cf. Besques, Louvre, t. IV, p. 28, n° D 3548, pl. 23). Evelyne Ugaglia