Description
La jeune femme est debout, en position frontale : l'appui sur la jambe droite provoque un fort hanchement qui, d'une part permet à la jambe gauche d'avancer légèrement et de fléchir le genou, d'autre part déporte le buste latéralement vers la gauche. Elle tient dans ses bras un porcelet appuyé contre sa poitrine, dont elle maintient les pattes antérieures de sa main droite. Ce type d'offrande, destiné au sacrifice, correspond à plusieurs divinités dont Aphrodite et Déméter. Elle est vêtue d'un chiton qui découvre la gorge et descend en plis ronds sur les jambes. Par-dessus, l'himation entoure les épaules, repasse sur l'épaule gauche, enveloppe les bras et dégringole lourdement le long du corps. Le visage est petit, fin, les yeux sont bien modelés, le nez droit, les lèvres minces. Les cheveux coiffés en mèches sont roulés en torsades sur le côté et retombent légèrement en arrière du cou. Le revers est totalement plat, modelé à la main, des traces du lissage s'y distinguent encore. Un petit trou d'évent rectangulaire, bien taillé, est ménagé au milieu des hanches. La statue est entièrement creuse, la tête est rapportée mais non encastrée. La grande impression de vie, de mouvement interrompu, est renforcée par le plissé qui suggère un corps en arrêt et dont la verticalité augmente la gravité. L'attitude, les volumes, les draperies révèlent l'assimilation par le coroplathe des principes mis en place par les grands sculpteurs, Phidias, Alcamène... au cours du Ve siècle avant J.-C. Le modèle rappelle le travail du bronze ; hors, à cette époque, le même artisan fabriquait aussi des moules pour les toreutes. La facture, comme la couleur, correspondent aux productions d'Asie Mineure, peut-être d'Halicarnasse ? Evelyne Ugaglia