Description
Accusé d'avoir été à l'origine de la démolition de la colonne Vendôme, Gustave Courbet est contraint à l'exil après la Commune de Paris. Il trouve refuge, en 1873, en Suisse, à la Tour de Peilz. En 1875, pour remercier cette commune de son accueil et magnifier les vertus hospitalières de ce pays, il réalise un buste mêlant les attributs traditionnels de la République française et de la Liberté (le bonnet phrygien) et de la Suisse (la croix à branches égales en écusson accroché au décolleté du corsage) et le baptise HELVETIA. Il offre cette oeuvre à la municipalité de la Tour de Peilz. Devant les réticences des élus de la commune, qui redoutent de voir cohéxister le symbole de la Suisse et un attribut révolutionnaire, il doit remplacer la croix helvétique par une étoile et dénommer son oeuvre LIBERTE. On connaît plusieurs exemplaires de cette oeuvre, en plâtre (musée de Besançon, musée historique de Berne) ou en bronze (musée de Meudon, musée Jenisch à Vevey, Ville de Martigny ainsi que deux exemplaires chez des particuliers). Certains présentent des différences de détails dans les écussons et les inscriptions. L'exemplaire conservé au Musée de Meudon a d'abord été installé, à l'initiative du Comité Républicain de Meudon (un militant nommé Chapiseau en fait à la demande), à l'entrée de la Terrasse du Château de Meudon en 1889 sur un socle dû au sculpteur Fachard à l'occasion des fêtes du centenaire de la République. En 1942, sous l'occupation les bronzes de la Ville de Meudon doivent être fondus. Le "Comité supérieur siégant au secrétariat des Beaux-Arts" décide néanmoins de conserver l'oeuvre de Courbet (Délibération du Conseil Municipal, 1942) Renversée par des "vandales" en 1942 (la fiche inventaire de la base Pallissy mentionne février 1943), elle fut transportée, en 1943, dans le jardin de la maison d'Armande Béjart qui venait de devenir un musée. Elle s'y trouve encore aujourd'hui. La fonderie Gruet, fondée aux alentours de 1880, travailla pour de nombreux sculpteurs et en particulier Rodin, pour qui elle réalisa 13 fontes et notamment la première version de son Saint Jean Baptiste. Trois autres bronzes lui furent livrés entre 1899 et 1900 mais ne portant que la seule marque Gruet. Quelques fontes monumentales ont été réalisées par cette maison. on citera le Chatfield Monument, commémorant la guerre civile américaine