Commentaires
Cette œuvre parmi les plus célèbres du musée, maintes fois reproduite et exposée, résume parfaitement, à elle seule, le génie de Corot dans la mise en place d'une ambiance poétique sereine et mélancolique; le peintre joue avec subtilité à la fois du thème de la liseuse et de la rencontre visuelle entre les masses des arbres, l'eau et le ciel. Composée avec une admirable science du cadrage, utilisant de manière très originale un format en hauteur, et non pas le traditionnel format dit paysage, en largeur, cette vue reprend les« brumes argentées» habituelles chez le peintre, mais parvient à conserver une évidente chaleur au coloris en dépit du recours à des teintes froides - vert, marron, gris et blanc. Ayant souvent utilisé ce thème de la liseuse dans ses études d'après le modèle peintes en atelier, Corot a parfois mis en scène à l'extérieur, dans la nature, ces jeunes femmes entièrement absorbées dans leur lecture, coupées du monde extérieur par la concentration de leur rêverie; on peut ainsi citer « Madeleine assise » (Paris, musée du Louvre) ou « Une liseuse dans la campagne » (New York, Metropolitan Museum of Art); mais, à rebours de ce dernier tableau, le peintre a cette fois noyé sa liseuse dans les végétations, la rendant à peine visible, si l'on excepte sa blouse blanche et son bonnet rouge, astuce visuelle coutumière du peintre, qui pourrait presque constituer une signature. On a longtemps considéré que ce tableau représentait un paysage de Ville-d'Avray, en comparant par exemple le petit pont visible au fond de la composition avec celui du tableau conservé à Arras et traditionnellement appelé « Ville-d'Avray, le déversoir près de l'étang »; mais, en s'appuyant sur une rigoureuse démonstration topographique, Nathalie Michel-Szelechowska a récemment démontré qu'il devait s'agir de lieux situés près d'une rivière et non pas d'un étang. Elle signale par ailleurs dans la Liseuse de Reims la présence insolite d'une péniche cachée dans les feuillages des arbres, élément évidemment impossible à trouver amarrée au bord des étangs de Ville-d'Avray ... Une fois encore, nous retrouvons cette aptitude de Corot à mélanger ses souvenirs et à jouer avec les impressions visuelles d'un site rapproché d'un autre; ici, la Seine est peinte avec des échos mélancoliques évoquant de manière sentimentale les eaux calmes des étangs d'Île-de-France. Derrière le réalisme de la représentation de la nature se cachent donc une imagination, une originalité et une sensibilité très personnelles. [V. Pomarède, 2009]
Exposition
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Nagoya City Art Museum
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Nagoya City Art Museum
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Nagoya City Art Museum
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Nagoya City Art Museum
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Nagoya City Art Museum
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Nagoya City Art Museum
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Prefectural Museum of Art de Kumamoto
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Prefectural Museum of Art de Kumamoto
Corot, natura, emozione, ricordo, Palazzo dei Diamanti, Ferrera, Musée Thyssen-Bornemisza
Barbizon au temps de J.-F. Millet 1849-1875
Parcours livresque, Musée des Beaux-Arts de Reims
Jean-Baptiste Camille Corot
Corot, Florence Galerie des Offices
Camille Corot (1796-1875), Johan-Barthold Jongkind (1819-1891), Eugène Boudin (1824-1898), Salzbourg Musée pavillon au jardin Mirabel
La peinture française au 19e siècle. De David à Cézanne, HAUS DER KUNST
La peinture française au XIXe siècle. De Delacroix à Gauguin, Musée des Beaux-Arts de Reims
Peinture, sculpture, architecture, gravure, lithographie et photographie exposées par la Société des Amis des Arts, Salle du Cirque de Reims
Bibliographie
Chefs-d’œuvre du musée des Beaux-Arts de Reims , Tokyo, 2016 (DELOT Catherine, "Histoire des collections du musée des Beaux-Arts de Reims", pages 14-24, cité page 22, n°22 reproduction couleur page 63.)
Philipp Rumpf (1821-1896): Ein Blick auf die stille Moderne, Francfort-sur-le-Main, 2015 (cité et reproduction couleur page 14)
De Corot à l'art moderne : souvenirs et variations, Paris, 2009 (page 112, cat. 42, reproduction couleur, cité pages 110,157, POMAREDE Vincent notice XIII et reproduction couleur page 171)
Henri Zuber, de Pékin à Paris, 2008 (reproduction couleur page 15)
Corot, souvenirs et variations, Tokyo (n° 35 page 79 et reproduction couleur page 84)
Corot. Natura, emozione, ricordo, Ferrare, 2005 (Reprod. coul. p. 272)
Corot. Naturaleza, Emocion, Recuerdo, Madrid, 2005 (Cat. 75, reprod. coul. p. 292)
Page Web, 2000 (Illustration)
Catalogue sommaire illustré des peintures de COROT du Musée des Beaux-Arts de Reims, Reims, 1998 (p. 67 et reprod. coul. p. 33)
L'exposition Interprétation et réinterprétation, Paris, 1998 (Cité p. 45 et reprod. p. 37)
Barbizon au temps de J.-F.Millet,1849-1875 , Japon, 1996 (n° 25 (reprod.) p. 188)
Jean-Baptiste Camille Corot, Londres, 1989 (p. 159, photo n° 6)
HITZENOTH W., 1988 (Photo p. 25)
XXX, 1987 (n° 26, photo)
Corot, Jean-Baptiste-Camille ; Jongkind, Johan Barthold ; Boudin, Eugène, Salzbourg, 1979 (photo p. 12)
Grand livre de la peinture, 1977 (T. II, p. 136, photo)
COGNIAT R., ? (Photo p. 70)
La peinture française au 19e siècle. De David à Cézanne, Munich, 1964 (n° 43 (photo))
Corot au musée de Reims, pages 23-34, Bobigny, 1963 (N° 151 et tiré à part, p. 6 et photo sur couverture)
Petits et grands musées de France, la peinture française des primitifs à nos jours, Paris, 1962 (Cité page 231.)
Jardin des Arts, 1962 (n° 96 et photo p. 48)
La peinture française au XIXe siècle. De Delacroix à Gauguin, Reims, 1948 (n° 37)
Catalogue historique et descriptif du musée de Reims. Peintures, toiles peintes, pastels, gouaches & miniatures, Paris, 1909 (n° 123)
Les Corot du musée de Reims, Reims, 1907 (n° 12)
L'oeuvre de COROT, Paris, 1965 (n° 1988)
L'Indépendant Rémois, n°22179 - 20 novembre 1899, Reims, 1899/11/20
S.A.AM., 1874 (n° 280)