Précisions sur le sujet représenté
Le tableau est une copie de L'homme à la lance d'Adrien Guignet. Dans le catalogue qu'il a consacré à cet artiste en 1879, Jacques-Gabriel Bulliot décrit ainsi l'oeuvre : "D'après l'indication de Guignet lui-même, le soudard, debout, se présentant de dos, la face en profil dans l'ombre, lit avec curiosité une pancarte appendue à un mur, d'après laquelle sa tête est mise à prix. Ses cheveux nattés tombent sur ses épaules couvertes de haillons ; sa rapière accrochée à l'écharpe en loques qui lui tient lieu de ceinturon, la longue pique qu'il serre instinctivement de la main droite comme son meilleur protecteur, et le bouclier sur lequel s'appuie la gauche lui permettent de prendre son temps avant de regagner la montagne." (Jacques-Gabriel Bulliot, Le peintre Adrien Guignet. Sa vie et son oeuvre, Autun, Imprimerie Dejussieu père et fils, 1879, p. 188.)
A son entrée au musée de Clamecy, le tableau était commenté ainsi : "Un forban qui a la tournure de son emploi ; il n'est pas de Guignet, dont le Musée possède déjà une petite toile, mais on ne peut sentir son maître de plus loin." (A[médée] J[ullien], "Musée de Clamecy", Journal de Clamecy, 5 juillet 1877.)
Ce tableau est une des nombreuses copies de "L'homme à la lance" d'Adrien Guignet réalisées au XIXe siècle. Ce qui est considéré comme le tableau original, non signé, mesurant 24 cm par 13, est conservé au musée des Beaux-Arts d'Orléans (inv. B.A 1044). On en connaît une copie de 24 cm par 18 passée à l'hôtel des ventes de Nice le 29 septembre 1998 ; une copie non signée de 41 cm par 21,5 passée à l'hôtel des ventes de Riom le 25 novembre 2000 ; une copie à la signature difficilement lisible, de 44,5 cm par 23, vue chez un antiquaire de Dijon en 2004 ; une copie signée Alexandre-Gabriel Decamps, de 28 cm par 17,5, passée à l'hôtel des ventes de Bayeux le 13 avril 2009 ; une copie non signée de 28,3 cm par 17,9, passée sur eBay en 2017 ; une copie signée R. Ernst, de 28,5 cm par 18, passée à l'hôtel des ventes Prado Falque enchères à Marseille le 6 février 2021. Le tableau de Guignet a également été reproduit au XIXe siècle sous la forme d'une lithographie d'Eugène Leroux. Une version interprétée de l'oeuvre est aussi parue dans Le Magasin pittoresque, en 1869, sous le titre : Une Vedette.