Précisions sur le sujet représenté
Médée, debout au centre de la composition, nue, retient de la main gauche une étoffe autour des reins. Elle tourne la tête vers la droite du tableau et lève le bras droit, brandissant une sorte de baguette au-dessus de sa tête. A ses pieds, à gauche, se trouvent un grimoire ouvert, un sablier et un homme nu, allongé sur le sol, la jambe droite reposant sur un crâne. Derrière lui, sur un trépied, une sorte de chaudron, chauffé par un feu rougeoyant, dans lequel bouillonne un liquide, au-dessus duquel semblent s'envoler des ossements et un crâne. Dans l'angle supérieur gauche, dans une nuée formant une trouée lumineuse dans le fond sombre, une femme, sans doute Médée, dans un char tiré par des dragons. Elle semble s'adresser à deux démons ailés voltigeant dans les airs, l'un chevauchant une sorte d'écrevisse. A droite, scènes de bataille, la femme arrête ce même char. Un amour, volant au-dessus de Médée, lui présente une sorte de tamis muni de petites bougies allumées. Au premier plan, sur le sol, se trouvent, de gauche à droite, une coupe de verre remplie de sang (?), au bord de laquelle est posé un couteau, puis deux oiseaux, un personnage fantastique, des bucranes. 'Le caractère proprement fantastique, l'accumulation des petits détails dispersés et souvent inquiétants, tels ces oiseaux au premier plan ou cette sorte de nain, près du pied de Médée, témoignent davantage en faveur de la tradition flamande. Si l'on évoque Bosch pour l'étrange, le raccourci de Pellas et la présence de l'amour indiquent une exécution postérieure. On pensera davantage à Téniers le Jeune, dont la 'Tentation de saint Antoine' aux musées Royaux de Bruxelles peut être rapprochée de la peinture de Clamecy. C'est aussi à Pierre Breughel d'Enfer qu'on peut faire référence pour situer cette composition dans la manière flamande du XVIIe siècle.' (Gérard Guillot-Chêne)