Mesures
Dimensions Hauteur : 92,5 cm ; Largeur : 73 cm ; Hauteur avec cadre (en cm) 124,5 ; Largeur avec cadre (en cm) 106 ; Profondeur avec cadre (en cm) 13 ; Hauteur (en cm) 92,5 ; Largeur (en cm) 73 ; Profondeur (en cm) 2,2
Description
Peinture à l'huile sur toile ; Le sujet du tableau "Jeune femme tenant un serin sur son doigt" fait partie de ceux que Vien a su traiter avec le plus de bonheur, renouvelant le langage plastique de ses contemporains en peignant une scène de genre dans une sorte d'intemporalité. Au contraire de Greuze qui ancrait volontairement ce même genre de sujet dans son époque, par le biais du costume et du décor, Vien drapait ses figures de vêtements à l'Antique qui firent parfois qualifier ses jeunes filles de « Grecques », et ses tableaux de « sujets à la grecque ». Le plus célèbre de ceux-ci est d'ailleurs "La Marchande d'amours" qu'il peignit en 1763 (Fontainebleau, château). Le tableau offert au musée de Dijon est proche de "La Douce Mélancolie" (1756, Cleveland Museum of Art ; réplique au musée des Augustins à Toulouse, datée 1758), et plus encore de la "Jeune Grecque tenant sur son doigt un serin" (vers 1760), signalé dans une collection particulière à Londres par Gahtgens, 1988 (n° 148), et qui a été vendu chez Sotheby's Londres le 3 décembre 2008 (lot n° 52). Il est difficile de distinguer la "Jeune Grecque"... de notre tableau dans les catalogues du XVIIIe siècle, car leurs dimensions sont proches (81 x 64cm pour ce tableau vs. 92 x 73cm pour celui du Musée des Beaux-Arts de Dijon). Certains catalogues de vente donnent des détails iconographiques précis qui permettent d'identifier la "Jeune Grecque"... sans trop d'ambiguïté. La cage contenant un oiseau (visible dans la "Jeune Grecque"... mais pas dans le tableau bourguignon) est ainsi citée dans les catalogues des ventes Verrier (11 mars 1776 et suivants, lot n° 64), Conti (8 avril, 6 juin 1777, lot n° 733), et du 27 mars 1787 et suivants (lot n° 210, tableau acheté par Denon ou Bouliaque). Cependant, l'absence de ce détail iconographique dans les descriptions des ventes Blondel de Gagny (10 décembre 1776, 22 janvier 1777, lot n° 242), Blondel d'Azincourt (10 février, 27 février 1783, lot n° 54) et Duché (Montpellier, 2 septembre 1802 et suivants, lot n° 43) ne signifie pas automatiquement qu'il s'agisse du tableau donné à Dijon (qui présente une cage vide) plutôt que du tableau de Londres... Certes, la hauteur donnée pour ces trois tableaux (89 à 92 cm en utilisant une conversion de 2,71cm pour un pouce) est plus proche du tableau de Dijon que de celui de Londres ; mais la largeur donnée pour les deux premiers (ventes Blondel) est de 54cm ; seul le tableau de la vente Duché a une largeur compatible avec celle du tableau donné à Dijon (70,5 cm). En conclusion, le tableau donné au Musée des Beaux-Arts de Dijon a chance d'être celui de la vente Duché de 1802, et pourrait être celui des ventes Blondel de Gagny en 1776 et Blondel d'Azincourt en 1783, sans certitude. L'identification avec le tableau Duché, dont la vente eut lieu à Montpellier, pourrait être confortée par la provenance ancienne du château de Gramont, près de Nîmes. Le cadre, en bois sculpté et doré, est sans doute d'époque Régence. Bien qu'il masque les angles du tableau, la qualité très élevée de sa sculpture en fait un exemple remarquable de cadre XVIIIe, et paraît à ce titre intéressant à conserver autour du tableau. L'oeuvre, qui nous paraît de très belle qualité, et peut-être un des chefs-d'oeuvre de Vien, vient étayer la présentation du néoclassicime européen au Musée des Beaux-Arts de Dijon, avec une oeuvre majeure d'un des grands initiateurs du mouvement. Ceci permet également de mieux contextualiser l'école de dessin de Dijon, créée par François Devosge en 1766 (l'année-même du tableau, même si ce n'est bien entendu qu'une coïncidence), qui fut l'une des principales académies provinciales du XVIIIe siècle, la seule à créer un prix de Rome à l'instar de l'Académie royale de peinture et de sculpture, et qui chercha, tout comme Vien, à se débarrasser des « manières » du Rococo finissant. ( Matthieu Gilles, 2016)
Sujet représenté
figure (jeune fille, à mi-corps, de trois quarts, accoudé, cage, serin)