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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLa Mort de Pline l'Ancien
La Mort de Pline l'Ancien
Référence de la notice
01370007806
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
4 décembre 2017
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Bardin Dominique
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
Cat. 1842 n° 89 ; p. 108 (Cat. envois de l'Etat 1980)
Domaine
Dénomination
Titre
La Mort de Pline l'Ancien
Précisions sur l'auteur
LEGRAND DE LERANT : Pont-l'Evêque, 1758 ; Berne, 1829 ; nationalité : Française
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1799
Historique
Ce peintre énigmatique dont on ne sait presque rien, si ce n'est qu'il naquit à Pont-l'Evêque, mourut à Berne à l'âge de 71 ans et fut l'élève de Descamps, avait peint pour le Salon de 1799 une 'Mort de Pline l'Ancien', qui devait sans doute être marquée par le retour à l'antique, ne serait-ce que par le choix du sujet, célèbre, emprunté à Pline le Jeune ('Lettres', 6-16 et 6-20). Malheureusement, il est désormais impossible de se faire une idée précise de ce tableau puisqu'il fut vendu aux enchères à Dijon le 4 décembre 1854 pour le compte du musée à un certain Morache moyennant la somme de 110 francs. En effet, le Conseil municipal avait fait en 1853 un rapport au ministre de l'Intérieur sur l'encombrement, le mérite nul et l'état de dégradation de 85 toiles des réserves du musée (Archives Municipales de Dijon, 4 R 1) ; le ministre donne son accord dans une lettre assez surprenante : 'L'inutilité et le peu de mérite des tableaux dont il s'agit me paraissant suffisamment constatés par la délibération du Conseil Municipal et les Commissaires nommés à cet effet, je m'empresse Monsieur le Préfet, d'après votre proposition, d'en autoriser la vente et d'approuver l'emploi à faire de la somme qui en proviendra' (Archives de la Côte d'Or, XXXIII, T. 5). La somme obtenue par le produit de cette vente fut utilisée pour acheter les bordures qui manquaient à certaines toiles du musée. Si l'on ne peut connaître le style de ce tableau disparu, on peut néanmoins se référer aux critiques du Salon de 1799, ainsi qu'aux autres oeuvres conservées de l'artiste. Legrand semble, pour ce Salon, avoir voulu suivre la mode de l'époque : son idéal aurait été de réunir dans les tableaux qu'il expose, les sciences naturelles et l'antiquité, qui jouissaient alors d'une vogue prodigieuse. Le livret nous apprend qu'il voyait sur ce tableau 'Pline étouffé par des vapeurs de soufre pendant qu'il étudie une éruption du Vésuve'. La critique est sévère, parle de la 'couleur sombre et étouffante du peintre' et conseille à l'artiste d'abandonner la composition pendant quelques années, de dessiner d'après nature, l'antique et les grands maîtres, ce qui lui évitera 'des figures, comme dans la 'Mort de Pline', sans tête...'. Quelques tableaux mythologiques conservés au musée de Berne, notamment un 'Prima et les siens pleurant Hector', montrent un artiste qui s'inspire de l'art de David, mais avec un esprit et un coloris différents. La touche est libre et le métier assez large : il marque une transition assez originale entre l'art du XVIIIe siècle et le Romantisme, avec, semble-t-il, un goût notable pour les effets rembranesques. (Notice d'Alain Roy extraite de 'Les Envois de l'Etat au Musée de Dijon (1803-1815)', Paris, 1980)
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts