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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineNoir portant une caisse
Noir portant une caisse

Référence de la notice
01370006007
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
17 avril 2009
Date de mise à jour
19 juillet 2021
Rédacteur de la notice
Creuzet Laurent
Crédits photographiques
© Dijon, musée des beaux-arts
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
DG 86-181 ; 181 (DG 1986)
Domaine
Dénomination
Titre
Noir portant une caisse
Auteur
École (pays)
France
Anciennes attributions
anciennement attribué à : PISSARRO Camille (Saint-Thomas, 1830 ; Paris, 1903)
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Historique
Anciennement donné par Pierre Granville à Camille Pissarro, ce tableau énigmatique et puissant attend toujours une attribution. Sa force réside surtout dans la monumentalité sculpturale de l'homme noir représenté de face et à mi-corps. Sa sombre silhouette herculéenne, à la puissante musculature, se détache sur un grand ciel d'un bleu lumineux que domine un fond de paysage miniature faisant apparaître une mosquée blanche à l'arrière-plan. Aux oppositions entre les noirs et les blancs (l'architecture et l'étiquette collée sur la caisse, portant le nom de son destinataire : ' M. Roques à Paris ') répondent celles entre l'ombre et la lumière qui caresse la peau luisante de transpiration de l'esclave. Si la connaissance du continent africain se limitait surtout au XIXe à l'Afrique du Nord, l'homme de couleur n'en fascinait pas moins les artistes romantiques et orientalistes, sans doute aussi imprégnés par les débats sur l'esclavage, aboli dans les colonies françaises en 1848. Géricault (Le Radeau de la Méduse) et surtout, Girodet, avec son emblématique Portrait de Jean-Baptiste Belley, furent parmi les premiers à portraiturer des hommes noirs, bientôt suivis par Eugène Fromentin ou encore Léon Gérôme. Jusqu'alors, les noirs étaient en effet relégués au rang de figures religieuses ou allégoriques (Les Rois Mages, les Quatre Parties du monde), voire encore de serviteurs servant de faire-valoir à l'aristocratie du XVIIIe siècle. Ici, la figure de l'homme noir satisfait autant la soif de l'exotisme du temps qu'elle sert de prétexte à montrer un beau torse viril. L'attitude de l'homme, portant une charge, renvoie aussi aux canéphores de la tradition classique. D'autres peintures de la Donation Granville, autrefois attribuées à Géricault, représentent des hommes noirs (voir DG 68 et DG 82).
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts