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Mort de Sénèque

Référence de la notice
01370003529
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
23 août 2006
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Sabine Marie-Anne ; Bardin Dominique
Crédits photographiques
© Dijon, musée des beaux-arts
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
CA 425 ; 425 (Cat. 1883) ; 291 (Cat. peint. françaises 1968) ; p. 58 (Cat. envois de l'Etat 1980)
Domaine
Dénomination
Titre
Mort de Sénèque
Précisions sur l'auteur
PERRIN : Paris, 1754 ; Paris, 1831 ; nationalité : Française
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1788
Genèse
commande
Historique
Commandé pour le Roi par le Comte d'Angiviller en 1788, ce tableau fut exposé au Salon de 1789 (n° 115) et payé 4000 livres. Il passa ensuite aux Gobelins, où le Jury des Arts, dans sa séance du 28 fructidor an III (4 septembre 1795) décréta que le sujet était moral, mais que le tableau était à 'supprimer' sous le rapport de l'art (Archives de l'Art Français). Il fut envoyé par le même Jury au musée spécial de l'Ecole Française à Versailles le 17 Ventôse an VI (7 mars 1798), avant de parvenir à Dijon en 1812. Le livret du Salon de 1789 donne de ce tableau la description suivante : 'Sénèque étant expiré, des officiers, par l'ordre de Néron, saisissent ce moment pour éloigner Pauline, son épouse, de ce spectacle affreux'. Cependant, la scène est contée avec plus de détails dans Tacite ('Annales', 15, 63), qui explique que Sénèque s'est d'abord ouvert les veines avec sa femme Pauline (qui sera sauvée par les soldats envoyés par Néron), puis, trouvant que la mort ne venait pas assez vite, prit du poison et enfin, après avoir fait une libation à Jupiter (dont l'autel est encore fumant sur la droite), se fit porter à l'étuve où la chaleur l'étouffa. Ce tableau fidèle en tous points à la narration de Tacite, représente donc bien la mort de Sénèque et non celle de Pauline, comme on l'a parfois écrit. L'oeuvre de Perrin a remporté un grand succès auprès des critiques du Salon. L'un d'eux écrit que les 'tableaux sont d'un grand goût de dessin, pleins d'expression, d'un beau ton de couleur, bien drapés et d'une belle composition ; en général M. Perrin met le cachet des grands maîtres dans ses ouvrages' ('Entretien avec un amateur...'). La scène représentée dans le tableau de Dijon, qui peut nous paraître aujourd'hui quelque peu mélodramatique, s'inscrit en fait dans le contexte de l'art néo-classique, soucieux de 'l'exemplum virtutis' qui doit offrir au spectateur un modèle de conduite morale. Dès 1773, son chef de file, David, avait traité le thème stoïcien de la 'Mort de Sénèque' (Paris, Petit Palais). On trouve ici un style plus sévère encore, dans une composition qui comporte un nombre réduit de personnages et s'ordonne sur un seul plan, à la manière d'un bas-relief antique. Le dessin est d'une correction froide, encore accentuée par l'austérité de la couleur, ce qui fut reproché à Perrin par les critiques du Salon : 'Nous désirerions qu'il y eut moins de gris dans le personnage de Pauline, en qui l'on remarque d'ailleurs une douleur touchante et de belles formes...' ('Observations critiques...'). La facture lisse et impersonnelle que l'on observe dans cette oeuvre, le souci d'un décor antiquisant réduit aux seuls éléments nécessaires, le jeu puissant des anatomies, des attitudes et des draperies montrent un artiste, aujourd'hui injustement oublié, qui a su allier les grandes compositions de Poussin ('Mort de Germanicus', Minneapolis Institute of Arts) à l'art des grands modèles davidiens ('Mort de Socrate', 1787 ; New York, Metropolitan Museum). (Notice d'Alain Roy extraite de l'ouvrage 'Les Envois de l'Etat au Musée de Dijon (1803-1815)', Paris, 1980)
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts