Historique
Delacroix a multiplié les études de costume grec pendant l'année 1823 et jusqu'au Salon de 1827 où il a présenté le 'Portrait de M. le Comte P... en costume souliote' (Cleveland, Museum of Art) pour lequel il existe un grand nombre de recherches et d'oeuvres en rapport (cf. Maurice Sérullaz, Mémorial de l'exposition Eugène Delacroix organisée au Musée du Louvre à l'occasion du centenaire de la mort de l'artiste, 1963.) D'après Serge Lemoine (1976), l'étude d'officier grec de 1823, attribuée à Delacroix, a dû lui servir en 1826 pour l'exécution plutôt sur le vif d'après modèle de l'étude du Portrait du Comte Palatiano. Selon lui, Delacroix, avant de s'atteler à la réalisation du portrait, a pu s'essayer à fixer les traits du visage du Comte Palatiano sur l'étude antérieure de 1823. De toutes façons, Delacroix modifia dans la composition définitive le paysage et y introduisit les petites figures visibles dans le tableau de la collection David-Weill. William Talbot (1973), qui n'avait jamais rencontré une signature identique à celle qui se voit en bas à gauche de cette étude, et Lee Johnson (1971) ne croyaient pas à la thèse de l'attribution à Delacroix. Ce dernier, en effet, ne fut pas le seul à représenter des costumes de Palikare : Bonington, Ary Scheffer, Paul Huet, Alexandre Colin ont manifesté un goût identique au même moment pour la Grèce dont la lutte pour l'indépendance face aux Turcs avaient passionné les artistes romantiques. Une meilleure connaissance de ces artistes et la confrontation de leurs oeuvres permettront peut-être un jour de trancher cette question, caractéristique des énigmes posées à cette époque par le groupe romantique