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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineArt, misère, désespoir, folie !
Art, misère, désespoir, folie !

Référence de la notice
01370000355
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
21 avril 2009
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Creuzet Laurent
Crédits photographiques
© François Jay - musée des beaux-arts de Dijon
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
DG 854 ; 9 (DG 1976)
Domaine
Dénomination
Titre
Art, misère, désespoir, folie !
Auteur
Précisions sur l'auteur
Quevaucamps, 1851 ; Paris, mort fin 19e siècle
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1880
Historique
Par son titre particulièrement évocateur qui résonne à la manière d'une déclamation théâtrale, cette peinture apparaît aussi énigmatique que son auteur lui-même. S'est-il représenté ici en train d'attenter à ses jours? Plus qu'un autoportrait ou une évocation du suicide de l'artiste déchu et maudit, ce tableau ne serait-il pas plutôt une métaphore de la difficulté de peindre et de créer? Quelles que soient les réponses, 'Art, misère, désespoir, folie !' frappe par son éloquence et sa force d'expression que traduisent autant la silhouette tragique de l'homme au centre de la toile, le regard hagard et vaincu, les épaules affaissées dans l'attitude du renoncement et du désespoir, que la description minutieuse du décor. La présence très appuyée des attributs du peintre - pinceaux, palette, boîte de peinture... - jonchant le sol, suggèrent clairement l'intérieur d'un atelier auquel renvoient aussi le chevalet ainsi que les tableaux et les bustes en plâtre représentés à l'arrière-plan. La simplicité du mobilier, réduit à un poêle, une table, une chaise et un tabouret, révèle l'indigence et la précarité des conditions de vie de l'artiste dont la maigreur famélique et les vêtements usés expriment aussi la pauvreté. Le désordre de la pièce, dont témoignent la chaise renversée, le tableau tombé du chevalet et celui que le peintre est en train de piétiner - notons ici que ces deux tableaux, comme celui accroché sur le mur du fond, derrière le chevalet, sont des paysages peints dans l'esprit de l'Ecole de Barbizon- ainsi que la palette brisée, la pochade déchirée et les fragments de plâtres au sol, en dit long sur le drame qui se joue devant nous : la destruction d'une oeuvre et d'une vie... Dans ce tableau presque monochrome où dominent les bruns et verts sombres, seuls se détachent les touches rouges du dossier de la chaise et de la nappe recouvrant la table ainsi que les éclats de lumière concentrés symboliquement sur le front du visage laissé dans l'ombre, la chemise que l'on devine à travers les pans ouverts de la veste, et la main droite tenant fermement le pistolet. La présence solitaire du chapeau de feutre mou sur le tabouret renforce toute la vacuité de l'existence en laquelle l'artiste a déjà cessé de croire.
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts