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POP | Plateforme ouverte du patrimoineJésus au milieu des Docteurs
Jésus au milieu des Docteurs


Référence de la notice
00980002204
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
27 mars 2009
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
DEMIRDJIAN, Corinne - SEGURA, Patrick
Crédits photographiques
© POUMEYROL
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
2005.1.2
Domaine
Dénomination
Titre
Jésus au milieu des Docteurs
Auteur
Précisions sur l'auteur
DEVERIA : Paris, 1805 ; Pau, 1865 ;
Figure essentielle du mouvement romantique, Eugène Devéria connut un succès précoce en exposant au Salon de 1827, la Naissance d'Henri IV , magnifique morceau de peinture qui lui assura un triomphe critique mérité. Hélas, cette gloire ne survécut pas à ce brillant coup d'éclat et, l'artiste, après bien des déboires, vint finir son existence à Pau dans une quasi indifférence.
Si la postérité a été injuste envers l'artiste, il est en revanche nécessaire aujourd'hui de réévaluer son oeuvre qui abonde en compositions colorées et tumultueuses.
Cette quintuple esquisse, que le peintre avait donnée à un proche ami palois, Frédéric Rivarès, rappelle une importante commande qu'il avait honorée en Bretagne. En effet, Eugène Devéria, accompagné de son frère aîné Achille, avait effectué un séjour à Fougères durant l'automne 1833 chez son ami Jean-Marie Binel. Grâce à ce dernier, membre du conseil de fabrique de l'église Saint-Léonard, il se vit confier l'exécution de quatre tableaux sur la vie du Christ. Livrés dès 1835, le chapitre lui commanda l'année d'après une cinquième oeuvre, la Résurrection de Lazare. Son frère Achille compléta quant à lui ce cycle par une toile d'inspiration mariale, l'Assomption de la Vierge. Cet ensemble, bien que démembré sur plusieurs édifices de Fougères, constitue aujourd'hui encore l'un des plus saisissants manifestes de la peinture romantique. En effet, l'expression des passions, par le truchement de l'iconographie sacrée, trouve ici son interprète exalté.
Très proches des compositions finales, ces esquisses gardent le souvenir d'une forme de fébrilité qui accentue le dynamisme des compositions. La dette envers les grandes toiles religieuses de Rubens est ici évidente et participe pleinement de ce goût pour la couleur et la liberté de touche que défendaient les artistes romantiques. A cette influence directe, se greffe le génie de l'artiste, sûr de son art et n'hésitant à provoquer des contrastes colorés violents ou inattendus comme avec ce rose acidulé de l'ange de la Résurrection du Christ qui répond à l'éclat jaune incandescent de l'auréole. (GA. 15 ans 09/2008)
Localisation
Pau ; musée des beaux-arts