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POP | Plateforme ouverte du patrimoineUn jardin à Bordeaux avec le Palais-Gallien
Un jardin à Bordeaux avec le Palais-Gallien

Référence de la notice
00650012975
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
30 août 2010
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Hervé Marie-Christine
Crédits photographiques
Lysiane Gauthier
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
Bx D 2005.1.29
Domaine
Dénomination
Titre
Un jardin à Bordeaux avec le Palais-Gallien
Auteur
Précisions sur l'auteur
DURAND : Bordeaux, 1790 ; Bordeaux, 1840
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1825
Historique
De tous les monuments bordelais, l'amphithéâtre gallo-romain du Palais Gallien est sans doute celui qui a été le plus souvent représenté et le plus anciennement. Depuis la superbe planche gravée sur bois à l'initiative de l'humaniste Élie Vinet en 1580 jusqu'à celle, publiée dans la même technique, par Vettiner au XXe siècle, les prestigieuses ruines n'ont cessé d'inspirer les artistes, aussi bien, d'ailleurs, que les voyageurs. Alors qu'une bonne moitié du monument était encore debout à la veille de la Révolution, une opération de lotissement conduite à partir de 1793 faillit l'anéantir. C'est le mérite du préfet Thibaudeau que d'avoir, en 1811, arrêté les vandales et sauvé in extremis les derniers vestiges d'une entière destruction. Dès lors, le Palais Gallien devint un motif privilégié par les peintres de la génération romantique, sensibles à la nostalgie des ruines et épris de pittoresque. Antoine Gonzalez, après Bazire et Charles Daubigny, puis Gustave de Galard, François d'Andiran, Pierre Lacour fils, avant Pierre Émile Bernède, Léo Drouyn et Maxime Lalanne, rivalisèrent pour en donner leur vision, à vrai dire assez répétitive, puisque l'angle de vue choisi est presque toujours, soit le frontispice du monument, soit le passage sous les arcades avec les masures qui l'encombrent. La représentation de Cyrille Durand sort du lot. Élève de Pierre Lacour, estimé aussi bien pour son ' caractère doux et aimant ' que pour son talent prometteur (la Ville acheta une de ses toiles pour le musée en 1830), il mourut avant d'avoir donné sa mesure. Dans cette peinture, il adopte un point de vue inhabituel. Il nous introduit dans le jardin de l'une des maisons construites sur le nouveau lotissement. La courette dallée de carreaux de Gironde conserve quelques fragments du monument et s'orne d'une statue de style antique. La maîtresse des lieux interrompt sa lecture pour donner quelque instruction à son jardinier qui range avec soin des pots de fleurs. Les majestueuses arcades de l'amphithéâtre ne sont plus représentées pour elles-mêmes, avec une intention documentaire ou archéologique, mais servent de décor inattendu à une saynète de la vie bourgeoise. À mi-chemin entre le paysage historique et la scène de genre, la toile de Durand, à la facture fine, à la palette chaude, est un bon exemple de ce que fut la peinture romantique à Bordeaux, attentive à l'héritage monumental aquitain, plus intimiste et sentimentale qu'héroïque, plus proche de la prosaïque mais charmante réalité que des délires de l'imagination. AB Carlel (2008) : Cette petite toile d'un artiste bordelais de l'époque romantique évoque un monument important à Bordeaux, le Palais Gallien. De cet amphithéâtre romain construit au IIe siècle il ne subsiste que quelques travées et arcades insérées dans le tissu urbain. Il semble bien que les ruines aient peu changé entre ce début du XIXe, au moment où Cyrille Durand réalise son tableau, et aujourd'hui. La présence d'une sculpture antique et des ruines en arrière-plan confère à ce modeste petit jardin de ville une grande majesté.
Traduction : This little canvas painted by a Romantic artist from Bordeaux reminds us of an important monument of the city: the Palais Gallien. This roman amphitheatre was built during the 2nd century, only a few arches and bays of which were supported by the urban landscape, are still standing. We assume that the ruins were not so much transformed between the beginning of 19th century, when Cyrille Durand created his painting, and today. On the background, antique sculptures and ruins impart on this little urban garden a great majesty.