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POP | Plateforme ouverte du patrimoineL'homme ailé ; L'ange déchu ; Vers la lumière ; Ange marchant (autres titres)
L'homme ailé ; L'ange déchu ; Vers la lumière ; Ange marchant (autres titres)

Référence de la notice
000PE021934
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de mise à jour
12 novembre 2024
Crédits photographiques
© Lysiane Gauthier
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
Bx 1961 9 2
Domaine
Dénomination
Titre
L'homme ailé ; L'ange déchu ; Vers la lumière ; Ange marchant (autres titres)
Auteur
Précisions sur l'auteur
Redon : Bordeaux, 1840 ; Paris, 1916
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1890-1895
Genèse
oeuvre en rapport
Historique
Le thème baudelairien de l'ange déchu a été plusieurs fois traité par Redon : dans la planche III de La Nuit (1886), L'ange perdu ouvrit alors des ailes noires (lithographie) et dans la planche VIII des Fleurs du Mal (1890) Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs du ciel où tu régnas et dans les profondeurs de l'enfer où vaincu tu rêves en silence. Une étude au crayon noir annonce cette peinture (Musée d'Orsay). Le ciel est d'un bleu-gris plombé, avec une lumière froide beige rosée venant de la gauche. Le sol brunâtre, soulevé de roches, est du même ton que le corps et les ailes de l'homme. Sur ces dernières, sous lesquelles l'être déchu semble ployer, quelques reflets bleu gris. L'éclairage frappe le torse et le haut des cuisses.Le personnage est hâtivement et assez grossièrement ébauché. L'expression vide des yeux et la coupe de cheveux droite et raide renforcent son aspect laid. Sa main est tendue vers l'avant comme s'il cherchait sa route. Son allure est rapide.Cet ange déchu, qui probablement représente Satan ou l'un de ses démons, est caractéristique du répertoire de Redon qui cherche à comprendre les choses cachées, invisibles, mystérieuses et n'a pas peur de se mouvoir dans l'inconnu. En ce sens, par sa quête, il s'avère l'un des plus purs symbolistes. On peut rapprocher l'atmosphère de cette oeuvre qui fait vivre un monde nu et froid où s'avance, solitaire, un démon, des vers de Baudelaire tirés du poème De Profundis Clamavi (in Les Fleurs du Mal).'C'est un univers morne à l'horizon plombé,Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphèmeUn soleil sans chaleur plane au-dessus six moisEt les six autres mois la nuit couvre la terre;C'est un pays plus nu que la terre polaire; Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois!Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasseLa froide cruauté de ce soleil de glace [...].'
Localisation
Bordeaux ; musée des beaux-arts