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CHARITE ROMAINE

Référence de la notice
000PE020063
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de mise à jour
16 septembre 2022
Crédits photographiques
© Lysiane Gauthier
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
Bx E 1069 140 ; Bx M 6724
Domaine
Dénomination
Titre
CHARITE ROMAINE
Auteur
Précisions sur l'auteur
Paris, 1721 ; Rueil, 1784
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Historique
Beaufort illustre un texte de Valère-Maxime (Livre V, 4 ext. 1) qui sous le titre 'De pietate in parentes ', parle de Cimon, un vieillard emprisonné qui attendait son exécution et n'était plus nourri ; le geôlier autorisa la fille de Cimon, Pera, à lui rendre visite. Elle le nourrit en lui donnant le sein. Cet exemple de piété filiale de la littérature antique est un de ceux qui inspira le plus les artistes entre le XVIème et le XVIIIème siècle, notamment Rubens qui peint plusieurs versions de ce thème. En 1767, celle de l'Ermitage figure à la vente Jullienne à paris, et cette même année, Bachelier et Lagrénée traitent le sujet. Notre tableau, peint dix ans plus tard pour le Salon (reconnu en 1980 grâce aux dimensions), est à rapprocher de la version de Rubens conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam (gravure de Willem Pannels) où Pera serre son père avec son bras droit contre son sein tout en détournant la tête. J. Locquin (in La peinture d'histoire en France de 1747 à 1785, Arthema, 1978 ; p. 251) observe qu'à partir de 1775 les sujets d'histoire ancienne augmentent dans des proportions considérables et que les peintres sacrifient inconsciemment au dogme du beau idéal quand il ne s'y rallient pas résolument (id. p. 254). Parmi eux, il ajoute que Beaufort est un des seuls qui soit resté fidèle à ses traditions et que préfigurant les romantiques, il recherche les effets d'ombre et de lumière et privilégie la couleur interprétant certaines visions de l'âme avec les ressources dramatiques du clair-obscur. Si les peintures dramatiques sur ce sujet représentent plutôt une allégorie de la jeunesse et de la vieillesse soulignant fréquemment l'aspect sexuel, à la fin du XVIIIème siècle, Beaufort le traite en tant qu'exemple rural de piété filiale selon la signification originelle. Cité comme un petit tableau par les commentateurs du Salon de 1777, il est ' grand ' dans son propos. (B. de Boysson/catalogue des peintures du XVIIIème siècle au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux - non publié -)
Localisation
Bordeaux ; musée des beaux-arts