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Plateforme ouverte du patrimoine

péniche : Le Châlet

Désignation

Dénomination de l'objet

Péniche

Appellation d'usage

Le Châlet

Titre courant

Péniche : Le Châlet

Localisation

Localisation

Île-de-France ; Seine-et-Marne (77) ; Saint-Mammès ; n°35 et n°37, quai de la Croix blanche

N° INSEE de la commune au moment de la protection

77419

Canton

Montereau-Fault-Yonne

Lieu-dit

Face quai de la Croix blanche

Adresse de l'édifice

Quai de la Croix blanche (n°35 et n°37)

Description

Catégorie technique

Patrimoine fluvial

Matériaux et techniques d'interventions

Bois ; acier

Description matérielle

Coque en acier riveté, aménagements intérieurs en bois. Structure transversale traditionnelle des années 1930 ; elle est composée sur toute la longueur, d'un ensemble de renforts transversaux en cornière, ou profilés, ailes rivetées sur la coque. Les éléments transversaux composés de barrots, membrures et varangues, sont assemblés entre eux par goussets rivetés. Les différentes tôles de coque sont assemblées, par des joints à recouvrement sur la grande longueur, bout à bout pour les joints verticaux. Le local très étroit, comme sur tous les navires de ce type, comprend également plusieurs nourrices à gasoil, huile ou eau, collées au plafond et sur les côtés. Un petit groupe électrogène assurait le courant électrique du bord. Les accessoires nécessaires au bon fonctionnement et à l'entretien du moteur sont encore en place sur les cloisons, comme si le bateau était toujours en activité. Les aménagements situés entre la cale et le compartiment des moteurs comprennent : un salon séjour équipé sur les côtés de meubles placards sur mesures avec portes, en bois massif type acajou. Certains éléments de teintes et veinages différents semblent être en chêne. L'ensemble des portes vitrées est réalisé d'une manière traditionnelle, panneaux de bois ajustés dans des cadres massifs. La cloison avant du local, constituée de planches de résineux est habillée avec des panneaux de contreplaqués façade chêne. Le plafond est aussi habillé par des panneaux de contreplaqués. La cloison arrière supporte au milieu une cheminée en marbre rouge, cachée par deux radiateurs électriques, et surmontée d'une glace probablement d'origine. Quelques maquettes grossières de différentes "péniches" toujours baptisées "Le Chalet" retracent l'histoire familiale. On y retrouve une ambiance des années cinquante. Le sol en planche de résineux est recouvert d'un revêtement plastique type lino. L'éclairage et la ventilation naturelle sont assurés par une superbe claire-voie en bois, située sur le pont. Ouvragée, avec une partie centrale cylindrique, elle est vitrée par des rectangles de verre multi couleurs assemblés par des nervures en plomb. Deux panneaux de bois ouvrants régulent la circulation de l'air. Les deux chambres sur l'arrière du salon sont accessibles par portes vitrées. Habillées de bois sur les parois et plafonds, elles sont réduites à pratiquement la surface du lit qui fait 1,10 mètre de large. Seul mobilier en dehors du lit, une table de chevet dans l'espace réduit entre le lit et la porte. L'accès aux aménagements sous pont se fait de la timonerie par un escalier bois de type acajou isolé par une porte. La marquise (timonerie) : poste de navigation du bateau, sert aussi de cuisine et de lieu pour prendre ses repas. Allongée d'un tiers en 1940 pour plus de confort, elle est restée à l'identique. Pour la navigation on trouve dans l'axe, le macaron (barre à roue) qui permet d'orienter le gouvernail, et diriger le bateau. Sur le côté droit, un coffret métallique ancien assure le démarrage et l'arrêt du moteur. Les quatre cadrans donnent les paramètres de fonctionnement du moteur. Un boîtier avec deux commandes permet de régler le régime moteur, et l'embrayage pour la rotation de l'hélice. La trompe du klaxon d'origine est rangée à l'intérieur de la timonerie. Pour la partie cuisine un évier métallique probablement en zinc avec cuve et égouttoir. Une pompe manuelle assure l'alimentation en eau. Ensemble d'origine. Une gazinière et un frigo modernes permettent à la propriétaire d'y vivre plus confortablement. La table centrale en chêne avec deux panneaux articulés rabattables date de 1935, construite par le propriétaire. La partie basse en acier de la timonerie, supporte les éléments hauts en bois démontables pour passer sous les ponts. Le toit est constitué de trois panneaux en planches assemblées suivant le même principe que les panneaux d'écoutille sur la cale. Il est recouvert de zinc pour palier aux problèmes d'étanchéité. Chargement maximal : 346,118 tonnes.

Dimensions normalisées

L = 38,74 m ; la = 5,05 m

Précisions sur l'état de conservation

Visible surtout dans la cale de chargement, la structure, en très bon état, semble sortir du chantier de construction. Le local machine livré avec le bateau en 1930 est resté dans son "jus". Le moteur diesel d'origine, d'environ 70 chevaux, a été remplacé vers 1950 par un moteur plus puissant AUBRY et SIMONIN de 220 chevaux.

Historique

Personne morale créatrice de l'objet

Velthuis (chantier naval)

Lieu de création

Lieu d'exécution : Hollande, Groningen

Siècle de création

2e quart 20e siècle

Année de création

1930

Description historique

Automoteur de type Freycinet construit au chantier de Velthuis à Groningen (Pays-Bas). Historique transmis par la propriétaire à l'expert fluvial en 2015 : en 1929, Octave Tavernier, handicapé, fait construire le bateau pour ses deux fils Octave et Désiré Tavernier âgés de 30 et 25 ans. A la sortie du chantier de construction, le bateau charge du charbon dans les mines du nord, à Pont-à-Vendin dans le Pas de Calais pour être vendu à Berry-au-Bac dans l'Aisne. Le père paralysé accompagne le bateau. 1933, diversification : il transporte du fer entre la Moselle et Lyon. 1940, Lyon : le bateau est immobilisé à quai. Octave le fils, refuse de collaborer avec les allemands, et travaille comme terrassier sur les bords du Rhône. 1944 : le bateau est réquisitionné par les Allemands pour transporter des ensembles carlingues et ailes d'avion pour le port de Strasbourg, réexpédiés ensuite vers la Tchécoslovaquie. Toujours sous réquisition, il transporte ensuite du sable et des cailloux entre la Belgique et la Hollande, tiré à la bricole durant les pénuries de carburant. 1948-1965 : il transporte sable et agrégats sur la Seine entre Le Havre et Rouen. 1965-2004 : transport de céréales, farine ou sucre entre Rouen et le Nord. 2004 : désarmé, Il reste jusqu'à ce jour le logement de la propriétaire qui occupe uniquement les espaces dédiés depuis la construction du bateau.

Statut juridique et protection

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Typologie de la protection

Classé au titre objet

Date et typologie de la protection

2022/12/19 : classé au titre objet

Précisions sur la protection

Commission départementale des objets mobiliers du 02/06/2015. 2015/09/21 : inscrit au titre objet. Arrêté n°2015-DRCL-BCFECB-CDOM-2015-1131. Commission nationale du patrimoine et de l'architecture du 29/09/2022. Arrêté n°20.

Sources d'archives et bases de données de référence

Base des objets mobiliers de la conservation des antiquités et objets d'art de Seine-et-Marne, 2019 : référence 77AOA5490.

Références documentaires

Cadre de l'étude

Dénomination du dossier

Dossier individuel