Peintures monumentales des murs sud et ouest de la chapelle Sainte-Madeleine 

Désignation

Dénomination de l'objet

Peinture monumentale

Titre courant

Peintures monumentales des murs sud et ouest de la chapelle Sainte-Madeleine 

Localisation

Localisation

Hauts-de-France ; Aisne (02) ; Saint-Quentin ; Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin

Numéro INSEE de la commune

02691

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Saint-Quentinois

Canton

Saint-Quentin

Adresse de l'édifice

Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Emplacement de l’œuvre dans l’édifice

Murs sud et ouest de la deuxième chapelle du collatéral sud de la nef

Description

Catégorie technique

Peinture murale

Structure et typologie

Plan (rectangulaire horizontal)

Matériaux et techniques d'interventions

Enduit (support) : peinture à l'huile

Description matérielle

Sur les deux murs, la peinture, qui semble avoir été exécutée à l'huile, a été posée sur un mince enduit de support qui couvre un appareillage de pierre de taille calcaire. Au sud, la peinture s'étend en bandeau sous l'appui taluté de la fenêtre et sur toute la largeur du mur. En dessous du décor peint, il subsiste des fragments d'une frise décorative. Sur la gauche, un lavabo en niche est également surmonté de restes de peintures. A l'ouest, deux scènes juxtaposées occupent toute la largeur de la paroi. Les restes d'une frise décorative identique à celle du mur sud soulignent le bord inférieur de la peinture.

Indexation iconographique normalisée

Figure, saint Quentin, en pied, livre, figures bibliques, Christ, à mi-corps, terre, cycle narratif, sainte Madeleine, vie, scène, Résurrection de Lazare, Christ, sainte Madeleine, sainte Marthe, prière, groupe de figures, homme, fond de paysage, scène, soldat, sainte Madeleine, agenouillé, prière, départ, bateau, groupe de figures, mer, scène, sainte Madeleine, arrivée, bateau, mer, porte de ville, tour, scène, sainte Madeleine, colline, phénomène mystique ou surnaturel, ange, portant, scène, homme, femme, agenouillé, en donateur, prière, reliquaire, ornementation, fleur, lys, tulipe

Description de l'iconographie

L'extrême gauche du mur sud est occupée par un personnage debout et de trois-quarts, qui tient un livre ouvert dans la main gauche. Sans doute s'agit-il de saint Quentin. Au-dessus du lavabo en niche, se trouvent une représentation du Christ, à gauche, et une de la Vierge, à droite. Tous deux sont représentés à mi-corps, et le Christ tient le globe terrestre dans une main. A droite et au-dessus de cette niche, débute la suite du cycle consacré à la Madeleine. Une première scène, mentionnée par plusieurs auteurs, a aujourd'hui disparu. On y voyait Marie-Madeleine aux pieds du Christ, le suppliant de sauver Lazare. Ce groupe était entouré de Marthe et de quelques autres personnages. La scène principale du mur représente la résurrection de Lazare, difficile à comprendre depuis l'effacement de la partie inférieure du décor. A gauche, le Christ debout et de trois-quarts, fait le geste de bénédiction qui ressuscite Lazare. A droite, Marie-Madeleine, également debout, regarde le Christ. Entre eux se trouvait le tombeau ouvert dont on ne distingue plus qu'une petite partie. Pierre Bénard décrit Lazare assis et écartant son suaire. A l'arrière, sont regroupés sainte Marthe et quatre hommes. L'homme devant et à droite est peut-être le fossoyeur. D'après Bénard, le fossoyeur laissait échapper sa bêche, sous l'effet de la surprise. Son voisin se détourne en faisant un geste de dégoût. Le geste est très restauré, mais l'homme devait sans doute se boucher le nez, geste souvent représenté sur les peintures contemporaines. Au fond, l'artiste a représenté les divers bâtiments d'une ville. Viennent ensuite trois scènes qui se suivent chronologiquement et sont représentées dans le même espace, mais sur des plans différents : l'embarquement, le voyage maritime et le débarquement à Marseille. Trois hommes en armes poussent la Madeleine dans un navire. La sainte est agenouillée de trois-quarts et en prière. La scène suivante, au premier plan, réunit Marie Madeleine et ses trois compagnons dans le même bateau sans mât, sans gouvernail et sans rames. La troisième scène, de petite taille représente le bateau accostant à Marseille. La ville est montrée comme une cité fortifiée, dotée d'une enceinte avec des tours et une porte monumentale. Sur le mur ouest, la scène gauche illustre le ravissement quotidien de la Madeleine à la Sainte-Baume, où chaque jour, des anges viennent la chercher pour lui faire entendre un concert céleste. Marie-Madeleine est dépeinte debout dans les airs et les mains jointes, au-dessus d' une colline, dans un cadre arboré. Quatre anges en vol la soutiennent. La scène droite montre quatre personnages, peut-être la famille des donateurs. Au premier plan, sont agenouillés un homme et une femme, ainsi qu'un jeune homme. Plus loin, est représenté un quatrième personnage, peu distinct. Ils semblent prier à l'entrée d'une chapelle, devant la châsse de sainte Marie-Madeleine, déposée sur un très haut support. Sous les peintures des murs sud et ouest, une large bande décorative justapose des fleurs d'essences variées, parmi lesquelles on reconnaît des tulipes et des lys. A l'exception de la résurrection de Lazare, qui est mentionnée dans le Nouveau Testament (Jean XI, 1-44), les épisodes de la légende de la sainte sont empruntés à la Légende Dorée de Jacques de Voragine.

Dimensions normalisées

Dimensions totales de la peinture figurée du mur sud : h = 134 ; la = 395. Dimensions totales de celle du mur ouest : h = 132, la = 252. La frise décorative qui souligne les scènes mesure 50 cm de hauteur.

État de conservation (normalisé)

Oeuvre restaurée, manque, mauvais état, oeuvre menacée

Précisions sur l'état de conservation

La peinture a été restaurée "a tratteggio". Sur le mur sud, quatre lacunes très importantes affectent le décor peint, et il semble qu'une scène, mentionnée au 19e siècle, ait disparu entre temps. La bande décorative a quasiment disparu. En dépit de la dernière restauration, le salpêtre réapparaît sur le mur ouest.

Historique

Lieu de création

Lieu d'exécution : Picardie, 02, Saint-Quentin

Siècle de création

Limite 15e siècle 16e siècle, 2e quart 17e siècle (?)

Description historique

Stylistiquement, les scènes peintes de ces deux murs résultent d'une unique campagne de décoration, effectuée à la fin du 15e siècle ou dans le premier quart du 16e siècle. Les noms du commanditaire et de l'artiste ne sont pas connus. La facture est assez proche de la manière des artistes flamands ou du nord de la France vers la fin du Moyen-Age. En témoignent l'attention précise apportée au décor de fond, en particulier l'observation minutieuse du milieu urbain, la richesse et la densité du rendu des matières tant pour les costumes que pour les carnations, le visage plein et frais de la Madeleine qui évoque une Vierge de Van Eyck. La juxtaposition de plusieurs scènes de la légende représentées en perspective sur des plans différents rappelle également la miniature contemporaine. Cependant, le traitement de la végétation dans les décors de fond et le naturalisme spectaculaire de la bande décorative, sont peut-être des indices pour abaisser quelque peu la date d'exécution de ces peintures qui pourraient remonter aux premières années du 16e siècle.Quentin de La Fons signale que, dans les années 1630, le chanoine et sous-chantre Quentin Descaures a fait orner et peindre cette chapelle, sans préciser toutefois l'étendue de l'intervention. Certains auteurs attribuent à ce mécénat, une grande représentation d'un saint Quentin glorieux, dont il ne subsiste plus que des fragments à l'extrémité orientale du mur sud, ainsi que la Vierge et le Christ tenant le globe terrestre, qui dominent le lavabo en niche. Ces peintures, qui étaient dissimulées par des lambris au 18e siècle, puis par un badigeon dans la première moitié du 19e siècle, sont remises au jour en 1858, à l'occasion de la restauration intérieure de l'église sous la direction de Pierre Bénard. La chapelle est entièrement restaurée vers 1890 et bénie le jeudi 29 octobre 1891. Une nouvelle intervention aurait été effectuée en 1959 par monsieur R. Baudoin. En dépit d'une dernière restauration réalisée en 1998 par l'atelier ARCOA de Montesson, la dégradation de la peinture se poursuit, provoquée par l'humidité des murs.

Statut juridique et protection

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Date et typologie de la protection

classé au titre immeuble

Intérêt de l'objet

À signaler

Références documentaires

Cadre de l'étude

Recensement des peintures murales ; enquête thématique régionale (la basilique de Saint-Quentin)

Dénomination du dossier

Sous-dossier

Intitulé de l'ensemble

Ensemble des peintures monumentales de la chapelle Sainte-Madeleine : scènes de la vie de sainte Madeleine

Référence de l'ensemble

IM02003036

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2001

Date de rédaction de la notice

2008

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional Hauts-de-France - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel
21 mail Albert-Ier 80000 Amiens

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Vue générale des peintures du mur ouest. ; Vue générale des peintures du mur ouest.
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(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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