La Corne d'Or

N°Inventaire

MNR 1009

Domaine

Peinture

Auteur / exécutant / collecteur

SIGNAC Paul

Ecole

Ecole française

Titre

La Corne d'Or

Ancien titre

Constantinople, la Corne d'Or

Millénaire

1907

Technique

Toile ; peinture à l'huile

Inscriptions

Signé daté en bas à droite "P. Signac/1907"

Historique

D'abord propriété de la galerie Bernheim-Jeune, puis de l'acteur Max Linder en 1913, il est vendu par la galerie Jean Metthey. C'est là que Gaston Lévy acquiert l'oeuvre le 10 juin 1927. A l'arrivée des Allemands à Paris, en juin 1940, Gaston Lévy envoie une grande partie de ses collections dans sa résidence de province, au château des Bouffards, à Brinon-sur-Sauldre, à la limite de la ligne de démarquation, mais en zone occupée. C'est là que ses biens et ses collections sont saisis par des "soldats allemands", vers le mois d'octobre 1940, selon le témoignage du garde assermenté du château, M. Alphonse Depardieu (1).Il précise que cette spoliation concerne à la fois le mobilier présent de longue date au château, comme les collections apportées récemment de Paris. Les tableaux de Pissarro (MNR 1010) et de Signac faisaient très certainement partie des oeuvres emportées à ce moment, même si aucune liste n'en a été dressée. Pourtant, ce n'est qu'en juin 1943 que les deux toiles sont enregistrées à l'ERR, sous les numéros MA-B 1082 (Pissarro) et MA-B 1084 (Signac) (2) et que, sans doute, elles arrivent au Jeu de Paume à Paris. Les fiches rédigées pour l'occasion ne fournissent aucun lien avec Gaston Lévy. Il convient de noter que le MA-B 1083 Signac, "Le radeau", dit aussi "Herblay, la patte d'Oie" (localisation actuelle inconnue), a également appartenu à Gaston Lévy. Les deux oeuvres quittent Paris le 4 mai 1944 et sont envoyées à Nikolsburg puis au château de Kogl (n° 687/4) où elles sont retrouvées après la querre par les Alliés. Le Signac est transféré le 21 mars 1946 au Central Collecting Point (n° 22355/4) (3). Le tableau est rapatrié vers la France par le vingt-et-unième convoi en provenance de Munich le 25 septembre 1947 et il entre à la commission de récupération Artistique (CRA), mais on n'a aucune trace de sa sortie. Pour des raisons inconnues qui lui sont propres, Gaston Lévy, qui réside alors à l'étranger, ne fait pas de réclamation après la guerre auprès de la commission de récupération artistique ; en revanche, il présente une revendication auprès des autorités allemandes dans le cadre de la loi BRûG ; le Signac et le Pissarro figurent dans la liste des oeuvres perdues, suggérant que Gaston Lévy ne les avait pas récupérées. En 1988, le Signac et le Pissarro réapparaissent et sont saisis le 23 avril par les douanes françaises alors qu'ils sont exportés frauduleusement sans autorisation de sortie de territoire. Ils sont alors la propriété de la société Niconique qui tentait de les exporter en Belgique ; cette société appartient à un ressortissant américain né en Lithuanie. Celui-ci tente de récupérer les oeuvres et, après épuisement des actions contentieuses, celles-ci sont saisies puis intégrées aux collections nationales en 2000 et attribuées au musée d'Orsay. Le tableau de Signac est inscrit sous le numéro RF 2000 82, puis déposé au musée des beaux-arts de Marseille. La découverte de la provenance véritable et le passage de l'oeuvre vers la commission de récupération artistique après la guerre ont conduit le ministère de la Culture et le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères à faire droit à la famille de Gaston Lévy. L'oeuvre est alors radiée des inventaires du musée d'Orsay puis inscrite symétriquement sur l'inventaire des biens de la récupération artistique par arrêté du 16 juillet 2018 pour permettre la restitution qui a lieu le 26 juillet 2018.

Commentaire

Champ Catégorie renseigné en 2018.

Catégorie

Oeuvre spoliée avec certitude, en l'état des recherches actuelles.

Autres numéros

RF 2000 82 : ancien numéro d'inventaire de collection nationale. MA-B 1084 : numéro ERR.

Localisation

Restitué

Etablissement affectataire

Restitué

Bibliographie

CACHIN, Françoise, avec la collaboration de FERRETTI-BOCQUILLON M., "Signac, catalogue raisonné de l'oeuvre peint", Paris, 2000, p. 284, n° 457, repr.

Notes

(1)Document conservé dans la famille. Il a été rédigé pour la revendication faite auprès de l'Allemagne, dans le cadre de la loi BRüG. Non daté, ce document a été légalisé par la mairie de Selles Saint-Denis le 9 février 1962. (2)https://www.errproject.org/jeudepaume/card_view.php?CardId=6832. (3)http://www.dhm.de/datenbank/ccp/dhm_ccp_add.php?seite=6&fld_1=22355/4&fld_1_exakt=exakt&suchen=Suchen

Date de la dernière mise à jour

2019-10-03

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