Château, domaine viticole

Désignation

Dénomination de l'édifice

Château

Précision sur la dénomination de l'édifice - hors lexique

Domaine viticole

Titre courant

Château, domaine viticole

Localisation

Localisation

Occitanie ; Tarn (81) ; Lisle-sur-Tarn

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Pays du Vignoble Gaillacois, Bastides et Val Dadou

Canton

Lisle-sur-Tarn

Lieu-dit

Lastours

Références cadastrales

1831 F 917, 918, 920, 932, 2010 F 607, 608, 610

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Cuvage, cour, jardin, étable, moulin, logement, ferme

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

17e siècle, limite 18e siècle 19e siècle

Description historique

Jean de Faramond, ancien propriétaire du château, indique que la famille de Calmels se serait installée à Lastours à partir de 1570 (1992, p. 283). Selon des plans anciens du château conservés dans les archives familiales, Thomas de Calmels (conseiller au Parlement de Toulouse) aurait fait édifier un château à Lastours à partir de 1616, qui aurait été continué par son fils, également prénommé Thomas. Ce château a été en partie englobé dans la reconstruction postérieure.
Lastours reste la propriété de la famille de Calmels jusqu'en 1665, lorsque Thomas de Calmels le laisse en héritage à son neveu Mathieu de Fieuzet, fils de Jeanne Calmels et d'Anthoine de Fieuzet. Le château reste dans la famille de Fieuzet pendant un siècle environ, jusqu'en 1770, moment où Pierre-Paul de Fieuzet le laisse à son petit-neveu, Jean-André Bourdès, fils de Guillaume Bourdès, habitant Lisle d'Albi, et d'Elisabeth Derro.
Le château actuel résulte principalement de la volonté de Jean-André Bourdès, avocat, conseiller du roi au Parlement de Toulouse et greffier en chef criminel du même parlement. En 1775, l'année de son mariage avec Marie-Thérèse de Grave, Bourdès commande les plans d'une maison qu'il veut faire construire à Lastours, à Léger Laroche, ingénieur des Ponts et Chaussées domicilié à Albi. Celui-ci qui fut quelques années avant inspecteur des travaux publics du diocèse, travaille alors à des propositions de réorganisation de l'urbanisme de la ville. Commencés en 1777, les travaux sont interrompus au bout de trois ans et ne reprendront que 17 ans plus tard, en 1797. Les plans ambitieux de Delaroche sont alors abandonnés et de nouveaux plans sont dressés qui correspondent au plan du château actuel. Le chantier sera complètement achevé en 1815, quatre ans avant la mort du propriétaire.
A sa mort, Jean-André Bourdès laisse le château à sa nièce, Virginie Subsol de Fongaudran (1811-1890), descendante des de Fieuzet et mariée à Désiré de Belfortès. Celui-ci décèdera prématurément et c'est donc son épouse qui prendra la tête du domaine. Les archives du château conservent des livres de comptes et un mémoire dans lequel la veuve détaille les travaux qu'elle mène sur son domaine de Lastours qu'elle gère en faire-valoir direct. La famille de Belfortès a fait élever le moulin à eau situé à quelques dizaines de mètres en amont du château, en 1845.
Le château passe dans la famille de Faramond qui le possède encore aujourd'hui, par le mariage de la petite fille de Virgnie et de Désiré de Belfortès, Germaine (1882-1953) avec Pierre de Faramond.
Deux incendies survenus en 1900 et 1951 ont détruit la partie est de la demeure et ont amputé l'aile est de la cour.
Le château est toujours à la tête d'un domaine viticole qui compte 45 ha de vigne.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Brique, galet

Matériaux de la couverture

Tuile creuse, tuile plate

Typologie de plan

Plan régulier en U

Typologie du couvrement

Voûte d'arêtes

Partie d'élévation extérieure

Élévation ordonnancée

Typologie de couverture

Toit à longs pans, croupe, toit en pavillon

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, suspendu

Commentaire descriptif de l'édifice

Le château de Lastours est implanté le long du Tarn et à proximité d'une voie de communication ancienne qui reliait Lisle d'Albi à Gaillac. Au milieu du 18e siècle, la Route royale reliant Toulouse à Albi (actuelle route nationale 88), passera à quelques centaines de mètres au nord de Lastours.
Le château élevé au début du 17e siècle par les de Calmels et connu par les plans anciens se présentait sous la forme d'un corps de logis rectangulaire à cinq niveaux flanqué de deux tours rectangulaires aux angles sud-est et nord-ouest. Le niveau le plus bas était percé de petites ouvertures à meneaux. On accédait au rez-de-chaussée surélevé par un perron pourvu d'un escalier à double volées qui menait à une porte en plein cintre surmontée d'un fronton semi-circulaire interrompu en son centre par un blason. Ce niveau comme le niveau supérieur, étaient ouvert par de grandes croisées. Sous le toit, une galerie était ouverte par des arcades également en plein-cintre. Les combles, étaient quant à eux percés de lucarnes surmontées de frontons semi-circulaires et formant travées avec les croisées des étages. Ce corps de logis élevé en brique et en partie conservé dans la reconstruction postérieure du château, constitue aujourd'hui le corps ouest en fond de cour. Les deux tours d'angle ont aussi été en partie conservées.
Le niveau inférieur du corps de logis du 17e siècle est élevé par couches successives de terre massive. Semi-enterré et pourvu d'une large porte, ce niveau peut être interprété comme une cave vinaire. Son utilisation comme chai à barriques jusqu'à une période récente vient confirmer cette hypothèse.
Le château reconstruit par Jean-André Bourdès s'organise sur un plan en U qui adopte des proportions assez importantes. Le corps de logis en fond de cour s'étend sur 60 mètres de long. L'avant-corps central couvert par un toit à longs pans et croupes, s'élève sur deux étages et offre deux façades à cinq travées. Celle qui s'ouvre au sud présente une partie centrale concave. L'avant-corps abrite les salles de réception au rez-de-chaussée (salon de compagnie, salle à manger) et le grand escalier suspendu en pierre à deux repos. Selon les plans conservés au château, la partie orientale du corps de logis abritait les pièces de service et les cuisines et la partie ouest essentiellement des chambres. Dans la cour, l'aile orientale était originellement reliée au logis et abritait les écuries et les étables surmontées de greniers. L'aile occidentale est entièrement occupée par le chai qui s'élève sur deux niveaux.
L'ensemble des bâtiments qui composent le château est construit par assises alternées de brique et de galets. Seules les parties ayant souffert lors des incendies du 20e siècle ont été rebâties en brique de béton. Au sud, s'étend un jardin régulier de buis taillés qui représentent la fleur de lys et la croix de Saint-Louis. Le grand pigeonnier indépendant qui se tient à l'ouest est élevé en brique cuite. Au nord, la cour du château était délimitée par deux bassins que l'on devine encore aujourd'hui. Il subsiste à l'est un logement qui abritait le personnel du château. Les deux métairies situées non loin du château à l'ouest et à l'est sont également à rattacher au domaine.

Protection et label

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2011

Date de rédaction de la notice

2011

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Servant Sonia

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (patrimoine vigneron du Pays Gaillacois)

Typologie du dossier

Dossier avec sous-dossier

château, domaine viticole
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© Conseil général du Tarn ; © Inventaire général Région Midi-Pyrénées
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