Demeure, domaine viticole

Désignation

Dénomination de l'édifice

Demeure

Précision sur la dénomination de l'édifice - hors lexique

Domaine viticole

Titre courant

Demeure, domaine viticole

Localisation

Localisation

Occitanie ; Tarn (81) ; Gaillac

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Pays du Vignoble Gaillacois, Bastides et Val Dadou

Canton

Gaillac

Lieu-dit

Tauzies

Références cadastrales

1827 B 468, 471, 2011 AH 146 à 148

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Chai, cuvage, grange, pigeonnier, remise agricole, étable, écurie, parc

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

3e quart 19e siècle

Description historique

Tauzies, site surplombant la plaine de Gaillac, présente la particularité d'avoir connu une occupation humaine continue du Néolithique jusqu'à nos jours (Museum d'Histoire Naturelle Philiadelphe Thomas, "2000 ans d'archéologie à Gaillac"). Domaine agricole au début du 19e siècle, il portait le nom de Bésinié en 1828-30 et appartenait à Michel Barrau (AC Gaillac, 1 G 18). Il était composé de deux bâtiments dont le principal avait un plan développé et complexe, témoin probable d'un logis de la fin du Moyen Âge ou du 17e siècle. Une fente de tir du 17e siècle a été utilisée en remploi dans le pigeonnier. Les biens sont acquis en 1851 par Augustin Louis Barrau, avocat à Gaillac. Ce dernier fait élever une nouvelle demeure sur un plan rectangulaire, aux portes de laquelle il fait inscrire ses initiales "AB". La construction s'est opérée en deux temps, la partie sud en premier, fermée par une chaîne d'angle en pierre calcaire et la partie nord dans un deuxième temps. La demeure se trouve au centre d'un domaine agricole et viticole dont les bâtiments principaux (chai, écuries, remise agricole, étables, grange, pigeonnier et logements) sont construits entre 1851 et 1867, moment où sa fille nouvellement mariée avec Philadelphe Thomas s'installe à Tauziès. Probalement dès l'achèvement de la demeure, Augustin Barrau s'installe à Bésinié qui prend alors le nom de Tauziès (changement de nom inscrit sur le tableau indicatif des propriétés). La construction du domaine a été une entreprise ambitieuse qui s'est étalée dans le temps. En 1875, il est encore question d'un bâtiment nouvellement construit en parcelle 466, parcelle située au sud du chemin et l'ancien logis est déclaré totalement démoli en 1886. Le domaine qui comprenait 50 ha de terres avait une proportion importante de vignes, environ 35 ha. Philadelphe Thomas, médecin, archéologue, paléontologue et passionné de mycologie, va s'attacher à effectuer des recherches archéologiques sur le site du domaine et gérer le domaine viticole en administrateur éclairé. Impliqué dans la lutte contre le phylloxéra, il est le rapporteur de la commission départementale du phylloxéra lors de son rapport adressé au conseil général du Tarn en septembre 1879 (Journal d'agriculture pratique et d'économie rurale pour le Midi de la France, t. VII, 1879). En pleine crise du phylloxéra, le domaine de Tauziès fait l'objet d'une visite de la société d'agriculture du Tarn en 1886 et reçoit à ce moment le deuxième prix. La description qui en est faite est celle d'une oasis de verdure "au milieu d'une contrée complètement dévastée", les essais du docteur Thomas sur les porte-greffes américains et le souffrage des pieds ayant porté leurs fruits. Le domaine se développe et un nouveau chai est construit dans le dernier quart du 19e siècle dans la plaine, à l'entrée de Boissel, sur une parcelle portant le nom Puech Barrau (cf. IA81012128). Après la mort de Marie Barrau en 1899, le domaine viticole de Tauziès passa en de nombreuses mains tout au long du 20e siècle. La terrasse sud de la demeure est réaménagée. Les bâtiments des étables et du chai indépendants ont été détruits au cours de la deuxième moitié du 20e siècle. Tauziès est actuellement un domaine viticole en activité qui consacre 40 ha à la culture de la vigne sur les 56 ha de la propriété.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, moellon, enduit

Matériaux de la couverture

Tuile creuse, tuile mécanique

Description de l'élévation intérieure

Étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré

Typologie du couvrement

Partie d'élévation extérieure

Élévation à travées, élévation ordonnancée

Typologie de couverture

Toit à longs pans, croupe, toit en pavillon, toit à un pan

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

Situé dans un paysage de coteaux calcaires, le domaine viticole de Tauzies s'établit sur une plateforme rocheuse dominant la plaine de Gaillac, au milieu des parcelles de vigne. Les bâtiments s'organisaient selon un plan rationnel. Au sud, la demeure présente sa façade principale sur le parc, délimité par une allée de pins parasols et fermé par des cèdres majestueux. Au nord, les principaux bâtiments agricoles occupaient les trois côtés d'une cour. A l'ouest, le chai se dressait selon un axe sud-nord ; au nord, l'étable fermait la cour et à l'est se trouvaient les écuries surmontées de la grange ouvrant sur une remise agricole. Les surplus de la production de vin pouvaient aussi y être logés. Au sud-ouest, le long du vieux chemin se dresse le pigeonnier accueillant le logement du maître-valet avec une petite étable et un fenil. Les bâtiments sont construits en moellons de calcaire, liés à la terre et la chaux, les encadrements des ouvertures sont en brique. Les appuis des ouvertures de la demeure sont en grès. La demeure, de 32 m de long sur 17 m de large accueille au niveau de soubassement un chai semi-enterré à deux vaisseaux comprenant le cuvier, au nord, et le chai à barriques, au sud, dans lequel a été ajouté, probablement à la fin du 19e siècle, la cave à bouteilles. Chaque vaisseau couvert par dix arcs en brique, supportant le plancher, a sa propre entrée dans l'élévation occidentale : une large porte à l'encadrement en pierre de taille calcaire, au sud ; une porte charretière à l'encadrement en brique, au nord. Au rez-de-chaussée surélevé et à l'étage, la demeure est double en profondeur. La façade principale, ouverte au sud, est ordonnancée et rythmée par onze travées d'ouvertures. Les deux niveaux réservés à l'habitation sont soulignés par la présence d'un pilastre monumental constitué de lits alternés de brique et de calcaire aux deux angles de la façade. Au sud, quatre pièces de réception sont réparties de part et d'autre du couloir central, établi dans l'alignement de la porte et menant au grand escalier suspendu élevé contre le revers de la façade nord. A l'est, se trouvaient le billard et le salon ; à l'ouest, se tenaient la salle à manger et le petit salon. Ces pièces ouvrent sur un perron par de grandes portes-fenêtres couvertes d'un arc en plein cintre et couronnées d'un entablement, auquel on accède par deux volées droites. L'accès à la façade nord, ordonnancée aussi mais à sept travées d'ouvertures seulement, a bénéficié d'un traitement plus modeste. Les baies du rez-de-chaussée surélevé sont couvertes d'un arc en plein cintre et la porte, couronnée d'un entablement, n'a pourtant pas bénéficié d'un traitement ornemental aussi détaillé que celui de la façade principale. L'encadrement de la porte est orné des seuls pilastres situés sous l'entablement. En revanche, les vantaux et le décor d'imposte sont les mêmes : une flèche est sculptée à la rencontre des deux vantaux et le jour d'imposte est orné de flèches rayonnantes autour des chiffres "AB", Augustin Barrau. La photographie du mariage de 1906 montre que les portes-fenêtres situées dans la partie orientale n'étaient pas ouvertes. La porte principale ne débouchait sur rien. En effet, l'aménagement de la partie nord de la maison relève d'un tout autre programme. La pièce située dans la partie orientale était un grenier, à la suite de laquelle est installé le grand escalier ; les pièces situées à l'ouest étaient la cuisine et la souillarde. A l'étage, quatre chambres étaient installées au nord et séparées des cinq du sud par un couloir central. Le traitement des garde-corps est fonction de la destination des pièces. Aux pièces de réception, le garde-corps présente des arcatures néogothiques alors que les autres pièces ont des garde-corps constitués de simples barreaux verticaux. La taille et le traitement du pigeonnier est tout à significatif d'un domaine viticole prospère. Il est constitué d'un corps de bâtiment établi sur un plan carré et couvert d'un toit à pavillon à égouts retroussés, accueillant le logement du maître-valet ou du régisseur sur les deux premiers niveaux et deux petites ailes latérales couronnées par la partie supérieure du mur traitée en aileron abritant étable et fenil. La composition de l'élévation du logement est soignée, avec trois travées d'ouvertures. La cuisine se trouvait au rez-de-chaussée, avec une cheminée, et la chambre du maître-valet ou du régisseur à l'étage. Les fenêtres sont couvertes d'un arc en plein cintre.

Protection

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2011

Date de rédaction de la notice

2011

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Béa Adeline

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (patrimoine vigneron du Pays Gaillacois)

Typologie du dossier

Dossier individuel

demeure, domaine viticole
demeure, domaine viticole
© Conseil général du Tarn ; © Inventaire général Région Midi-Pyrénées
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