Hôtel particulier de Combettes-Labourélie

Désignation

Dénomination de l'édifice

Hôtel

Appelation d'usage

Hôtel particulier de Combettes-Labourélie

Titre courant

Hôtel particulier de Combettes-Labourélie

Localisation

Localisation

Occitanie ; Tarn (81) ; Gaillac ; 8 rue Comte de Toulouse

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Pays du Vignoble Gaillacois, Bastides et Val Dadou

Canton

Gaillac

Adresse de l'édifice

Comte de Toulouse (rue) 8

Références cadastrales

1828 F 990, 2011 G 441

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Partie constituante non étudiée

Chai, écurie, cuvage, logement, resserre

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

1er quart 17e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1618

Commentaires concernant la datation

Daté par source

Auteur de l'édifice

Bougé (maître maçon)

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par source

Description historique

La famille de Combettes, installée en Albigeois au 15e siècle, a connu une évolution notable avec Roch Combettes, juge en chef du pays albigeois à la fin du 16e siècle (Greslé-Bouignol, 1955, p. 27-28). Son demi-frère, David Combettes, docteur et avocat, est premier consul de Gaillac en 1603. Il a été aussi syndic du diocèse et assista aux Etats Généraux de la Province. Il achète en 1618 une maison dans le quartier de La Lause à Gaillac, la fait démolir et fait construire son hôtel particulier par le maître maçon Bougé pour la somme de 4500 livres (AD Tarn, 32 J 221). Un bail à travaux est passé en 1619 (AD Tarn, 32 J 221, liasse n° 10). Il est accompagné de plans qui permettent de retrouver l'organisation originelle de l'hôtel particulier (AD Tarn, 32 J 221, plan du rez-de-chaussée, du 1er étage et du 2e étage). Le rez-de-chaussée semi-enterré ou niveau de soubassement était réservé à l'activité vinicole. Il était occupé par une cave vinaire, mentionnée "grand chai" dans le devis, qui ouvrait par une arcade sur un deuxième chai, situé au nord de la maison. Ce dernier était surmonté d'une "basse-cour" ou cour qui permettait de rejoindre par une porte latérale le grand escalier. Le plan mentionne bien une cour mais l'étude de l'élévation nord montre que le niveau était couvert, éclairé par une baie à meneau et de larges fenêtres au dernier niveau. L'accès au rez-de-chaussée surélevé se faisait depuis le nord mais l'aménagement originel a disparu. A ce deuxième niveau se trouvaient des greniers en arrière de la façade sur la place Saint-Michel, communiquant entre eux par une arcade encore visible au nord-est, les cuisines et autres pièces de services qui bénéficiaient d'un autre accès, depuis un passage extérieur. Un grand escalier en pierre à balustres dessert les deux étages suivants. Au premier étage était aménagé à l'origine la salle et les chambres, disposition qui ne fut pas conservée longtemps car la salle fut installée rapidement au rez-de-chaussée surélevé, avec une grande cheminée, ainsi que des chambres comme nous le révèle le texte de visite de 1711 (AD Tarn, 32 J 222). Au deuxième étage, le plafond à la française a été conservé dans une chambre. La visite de 1711 précise encore que l'hôtel bénéficiait d'une galerie donnant sur la rivière et qu'il disposait d'une tour accueillant un pigeonnier dans la partie haute, construction que l'on peut deviner encore dans l'élévation occidentale et dans laquelle il est possible de voir une petite baie rectangulaire chanfreinée. L'hôtel particulier fit l'objet d'un réaménagement important au 18e siècle et c'est probablement à Antoine de Combettes, qui accède à la fonction d'avocat du parlement de Toulouse en 1711 et chevalier d'honneur au bureau des Finances de la généralité de Montauban en 1750, qu'il faut attribuer cette campagne. Sur la rue de la Courtade, un nouveau portail en hémicycle fut installé pour ouvrir sur une cour bordée au nord de bâtiments destinés à la fonction de resserre, aux écuries et au fenil. Sur la place Saint-Michel, la maison contiguë est annexée à la propriété et la réorganisation de la façade est entreprise avec l'emploi de longues fenêtres couvertes d'un arc segmentaire et d'un entablement en chapeau de gendarme, ayant un appui en grès saillant et mouluré à la suite duquel se poursuivent les piédroits. De simples fenêtres couvertes d'un arc segmentaire ont été ménagées dans la façade sur cour. L'hôtel particulier est réquisitionné par la mairie de Gaillac à la Révolution lorsque son propriétaire, François Louis de Combettes, est arrêté en 1793 puis guillotiné en 1794. L'hôtel est alors converti en prison et ce jusqu'en 1824, date à laquelle, il est rendu à ses propriétaires (AC Gaillac, 1 M 12). Ces derniers entreprennent alors quelques travaux et des aménagements avec notamment l'installation d'une nouvelle porte couverte d'un arc en plein-cintre et d'un entablement au niveau de la façade sur cour et la reprise des baies qui la bordent. Ces travaux sont mentionnés dans le tableau indicatif du cadastre par la mention "En construction" (AC Gaillac, 1 G 18) et la nouvelle porte est représentée sur un projet de 1850 qui ne vit jamais le jour (AC Gaillac, 4 M 7). L'hôtel particulier est acquis en 1863 par Clémence Thomas, cousine germaine de Philadelphe Thomas, médecin, paléontologue, passionné de mycologie et d'archéologie et collectionneur, avec qui elle va le posséder en indivis. La distribution intérieure du bâtiment est réorganisée. Un grand escalier en pierre est installé en arrière de la façade sur la place et le couloir est voûté. C'est probablement à cette période que la cheminée de la pièce centrale du premier étage est réaménagée et que des demi-niveaux sont créés. L'hôtel resta en leur possession jusqu'en 1912.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, moellon, brique, enduit

Matériaux de la couverture

Tuile creuse

Description de l'élévation intérieure

Étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés

Typologie du couvrement

Voûte en berceau plein-cintre ; en brique

Partie d'élévation extérieure

Élévation à travées, élévation ordonnancée

Typologie de couverture

Toit à longs pans, croupe

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier intérieur : escalier droit, en maçonnerie, escalier dans-oeuvre : escalier tournant, suspendu, escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

L'hôtel particulier s'élève dans un quartier établi non loin de l'abbaye Saint-Michel, appelé quartier de la Lauze au 17e siècle et situé à l'ouest du parvis de l'église abbatiale Saint-Michel. Construit en brique, le bâtiment rectangulaire est couvert d'un toit à longs pans et à croupe. Sa façade principale ouvre actuellement sur la rue Comte de Toulouse, située au débouché de la place Saint-Michel. L'hôtel comprend une cour arrière ouvrant sur la rue latérale de la Courtade par un grand portail et des bâtiments annexes, resserre, ancien logement, fenil et écuries élevés en fond de cour. Au sud-ouest, la cour est longée par une androne, témoin du parcellaire médiéval du quartier. Profitant de la pente naturelle du terrain, l'hôtel comprend un niveau de soubassement semi-enterré, autrefois destiné à la vinification et au stockage du vin, aéré par de petites baies rectangulaires et chanfreinées. Une large porte couverte d'un arc en plein cintre, à l'encadrement en calcaire, est bordée de pilastres qui supportent un entablement saillant. Elle ouvre de plain-pied au sud. Le bâtiment a un rez-de-chaussée surélevé auquel on accède depuis la cour par un escalier extérieur, droit à une volée. La porte, à l'encadrement en brique, est couverte d'un arc en plein cintre et couronnée d'un entablement saillant. Dans la façade sur cour, le niveau du rez-de-chaussée surélevé est éclairé par des fenêtres rectangulaires à l'encadrement en brique alors que les deux étages ont conservé les fenêtres du 18e siècle à l'encadrement en brique couvertes d'un arc segmentaire. La façade principale a bénéficié d'un traitement particulier puisque les niveaux du rez-de-chaussée surélevé et du premier étage sont éclairés par de grandes fenêtres couvertes d'un arc segmentaire couronné d'une corniche saillante. Les piédroits se poursuivent sous l'appui en calcaire. L'élévation sur la rue de la Courtade a conservé la porte du chai du début du 17e siècle, couverte d'un arc segmentaire chanfreiné retombant sur des piédroits en quart-de-rond, et les petites baies d'aération chanfreinées, aux piédroits en brique et au linteau et à l'appui en calcaire. Au niveau du rez-de-chaussée surélevé, une fenêtre à meneau torique et à listel, a un linteau et un appui en calcaire chanfreinés alors que les piédroits en brique sont en quart-de-rond. Les grandes fenêtres à croisée qui éclairaient à l'origine l'hôtel particulier du 17e siècle ont été en partie bouchées au moment de l'installation de nouvelles fenêtres au 18e siècle mais leur emplacement est toujours visible sur les élévations latérales, avec la présence encore de l'appui en brique au dernier niveau. La grande cheminée en brique du rez-de-chaussée surélevé est couverte d'un arc segmentaire chanfreiné retombant sur des piédroits en quart-de-rond. Les trois chambres du premier étage ont des cheminées installées par les Combettes-Labourélie dans les années 1830 avec un trumeau présentant un décor de stuc alliant pilastres et décor de bouquets, de palmettes et frontons. Celle de la pièce centrale est le fruit d'un réaménagement de la 2e moitié du 19e siècle.

Technique du décor des immeubles par nature

Peinture

Indexation iconographique normalisée

Fleur ; coeur ; coeur enflammé

Description de l'iconographie

Des motifs de bouquets de fleurs et des coeurs et coeur enflammé sont peints sur les planches d'un ancien plafond.

Protection et label

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2011

Date de rédaction de la notice

2011

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Béa Adeline

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (patrimoine vigneron du Pays Gaillacois)

Typologie du dossier

Dossier individuel

hôtel particulier de Combettes-Labourélie
hôtel particulier de Combettes-Labourélie
© Conseil général du Tarn ; © Inventaire général Région Midi-Pyrénées
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