Chai

Désignation

Dénomination de l'édifice

Chai

Titre courant

Chai

Localisation

Localisation

Occitanie ; Tarn (81) ; Brens

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Pays du Vignoble Gaillacois, Bastides et Val Dadou

Canton

Gaillac

Lieu-dit

Rives (les)

Références cadastrales

2011 F 17

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Bâtiment administratif d'entreprise

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

4e quart 19e siècle

Description historique

Hypolite Jean Marie d'Yversen, fils du baron Frédéric d'Yversen, hérite en 1866 de toutes les possessions de son oncle, Victor Bernard d'Yversen , de la branche cadette, soit les domaines de Saint-Fons, de la Pradelle et de Rives sur la commune de Brens (Archives privées, testament de Victor Bernard d'Yversen, 30 janvier 1866). Il épouse en 1869 Charlotte Léontine Marguerite Marie de Lur-Saluces, fille du marquis de Lur-Saluces, propriétaire du domaine viticole Château Yquem dans le Bordelais. Il décide de faire construire, probablement dans la décennie 1870, des chais de vinification face au Pavillon des Rives, de l'autre côté de la route qui menait au pont suspendu reliant Gaillac et sur les rives qui surplombent le Tarn. Les deux bâtiments du chai ont été dans un premier temps des chais de vinification qui comprenaient 10 grands foudres, 5 cuves, 254 barriques pour une contenance totale de 2712 hl (Archives privées, Inventaire de la succession de M. le baron Jean d'Yversen, délivré le 8 mars 1881, f° 19-20). Deux pressoirs à levier et un pressoir métallique mobile étaient nécessaires à la production vinicole. Conçus sur le même modèle que les chais situés en soubassement des châteaux de Saurs et des Fortis, les chais des Rives disposent d'une régulation thermique auquel est associé le prestige des espaces voûtés et des espaces de circulation soignés rythmés par des piliers en brique. Le projet initial était plus ambitieux et prévoyait que le cuvier soit aussi voûté, projet qui fut abandonné pour privilégier un espace semi-enterré sous un niveau de plancher. Le comte Jacques de Noblet, époux de Thérèse d’Yversen depuis 1897, petite-fille de Jean-Marie d’Yversen, crée la société commerciale « Comte de Noblet – Domaine des rives » dans le 2e quart du 20e siècle qui se spécialise dans le vin effervescent. Le registre des propriétés bâties précise que les chais commerciaux sont déclarés nouvelle construction en 1926, date de la déclaration d'entreprise ; la société, qui connaîtra d’autres appellations, a été en activité jusque dans les années 1970. Les chais répondirent parfaitement à la fonction de chai de commercialisation avec la spécialisation de la production du vin effervescent. Le grand espace du chai à barriques abritait le stockage des pupitres sur lesquels étaient placées les bouteilles et servait aussi de lieu de réception des clients. Dans le cuvier, les assemblages de vin étaient faits dans les cuves et l'étape de l'habillage des bouteilles était effectuée au deuxième niveau. Le conditionnement en caisse était aussi assuré dans cet espace et le chargement se faisait à l'ouest par la baie de décharge. Les chais ont changé de fonction, il s’agit maintenant d’une discothèque.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, moellon, brique, galet, appareil à assises alternées, terre, enduit

Matériaux de la couverture

Tuile creuse

Typologie du couvrement

Voûte d'arêtes

Typologie de couverture

Toit à longs pans, croupe

Commentaire descriptif de l'édifice

Les chais commerciaux des d'Yversen sont composés de deux chais établis en enfilade et d'un bâtiment réservé à l'administration élevé perpendiculairement à ces derniers à l'ouest. En arrière et dans l'alignement de ce dernier sont établis en enfilade deux chais de plan rectangulaire. Le premier, qui était un chai à barriques, de 19 m de large sur 44 m de long, offre une surface de 835 m². Le second, plus court et qui avait fonction de cuvier, fait seulement 20 m de long et offre une surface de 400 m² environ. Le premier chai est composé de trois vaisseaux de six travées, couvertes de voûtes d'arêtes en carreaux de terre cuite. Les piliers à base polygonale sont en brique et sont plaqués de dosserets recevant la retombée des voûtes. Une batterie de cuves sur deux niveaux occupe toute la largeur de l'extrémité sud du bâtiment sur une profondeur de 2,50 m. Bâties en béton armé, elles sont habillées de carreaux de verre et ont une capacité totale de 160 hl. Huit petites cuves occupent le niveau bas de part et d'autre de l'espace de circulation alors qu'au niveau supérieur, sous voûte, trois cuves sont comptabilisées. Seul, un espace central en rez-de-chaussée est dégagé pour la communication avec le cuvier effectué sur un plan incliné. Le voûtement a nécessité la mise en place de contreforts en brique épaulant le bâtiment sur les élévations est et ouest et l'élévation de murs de refends épais qui montent jusqu'à la charpente à chaque travée. La toiture à longs pans à la forte pente est percée régulièrement de lucarnes pour en assurer l'aération et dispenser une lumière suffisante. A un seul niveau, il est construit en appareil alterné. Des assises de moellons de calcaire noyés dans le mortier, plus hautes en soubassement, et de galets alternent avec des lits de brique. Une grande porte charretière couverte d'un arc surbaissé était ouverte dans l'élévation ouest. Un plan incliné permettait de gagner le deuxième chai, à fonction de cuvier, à trois vaisseaux de trois travées, au niveau de sol beaucoup plus bas, enterré sur un demi-niveau. Il n'a pas été couvert de voûtes mais par un plancher installé à 4-5 m de hauteur. Une baie de décharge était aménagée dans le mur pignon, avec un accès de plain-pied pour déverser la vendange depuis le niveau de plancher percé de trappes pour remplir les cuves en bois qui se trouvaient en contrebas. Deux autres baies de décharges étaient ouvertes dans les élévations latérales. Les élévations du niveau enterré sont établies en strates de couches de terre et de gravier superposées alors que les murs établis au-dessus du sol sont en appareil alterné, galets noyés dans le mortier et lits de brique. Des petites baies d'aération verticales à l'encadrement en brique sont ouvertes sur toute la longueur des élévations. Les chais ont été dans un premier temps des chais de vinification qui comprenaient deux espaces dissociés, chai à barrique et cuvier. A l'ouest, contre le chai, se trouvent les bureaux d'administration cantonnés au sud d'une tourelle en brique aux ouvertures en arc brisé faisant référence au style néogothique. Le bâtiment abritait le logement du régisseur ou du maître de chai selon les différentes périodes d'exploitation, des bureaux et une remise.Le bâtiment, à un étage, présente une élévation ordonnancée à cinq travées à l'ouest et est double en profondeur. Les encadrements des ouvertures sont en brique. Un cordon en brique souligne le niveau de l'étage et un deuxième celui des allèges des fenêtres. La façade principale est rythmée par une succession de cinq arcades retombant sur des piliers en brique au niveau du rez-de-chaussée. La travée axiale est mise en avant par un traitement dissocié. Des pilastres en brique encadrent cet espace, élevé en brique au rez-de-chaussée, alors qu'à l'étage, les piédroits en brique de la fenêtre se poursuivent au niveau de l'allège pour rejoindre le cordon. Les chaînes d'angle en brique sont soignées et montent jusqu'au niveau de la corniche en terre cuite. Le bâtiment est couvert d'un toit à longs pans qui se termine par une croupe au nord.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2010

Date de rédaction de la notice

2011

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Béa Adeline

Cadre de l'étude

Inventaire topographique, enquête thématique départementale (patrimoine vigneron du Pays Gaillacois)

Typologie du dossier

Dossier individuel

chai
chai
© Conseil général du Tarn ; © Inventaire général Région Midi-Pyrénées
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