Prieuré de bénédictins, église paroissiale Saint-Pierre, Saint-Ebons

Désignation

Dénomination de l'édifice

Prieuré, église paroissiale

Genre du destinataire

De bénédictins

Vocable - pour les édifices cultuels

Saint-Pierre, Saint-Ebons

Titre courant

Prieuré de bénédictins, église paroissiale Saint-Pierre, Saint-Ebons

Localisation

Localisation

Occitanie ; Hautes-Pyrénées (65) ; Sarrancolin

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Arreau

Références cadastrales

1831 D2 381, 1982 D2 589

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

Milieu 11e siècle, limite 12e siècle 13e siècle

Description historique

Entre 950 et le début du 11e siècle (les datations varient selon les copies de la charte) Guillaume Auriol, fils d'Auriol, seigneur d'Aure, et de Faquilène, fille d'Arnaud d'Astarac, fait don à l'abbaye bénédictine de Simorre (Gers) de deux villae de Gascogne et du lieu de Salangolino, avec son église, consacrée à l'apôtre Pierre.
Queqlues décennies plus tard, Arnaud II d'Astarac, alors comte d'Aure, confirme la donation à Simorre du "monastère" de Sarrancolin. Le changement de dénomination de l'église pourrait indiquer une implantation locale des bénédictins.
Très vite, à côté du vocable de saint Pierre on trouve celui de saint Ebons ou Pons, moine noir de l'abbaye de Conques en Rouergue, devenu évêque de Barbastro (Espagne, Aragon) au début du 12e siècle. Selon la tradition, c'est lors du retour d'un voyage à Rome qu'Ebons meurt à Saint-Bertrand-de-Comminges en septembre 1104. Conformément à ses volontés, sa dépouille est inhumée "en terre bénédictine", à Sarrancolin. Devenues objet d'un culte important, ses reliques sont transférées au 14e siècle dans une châsse en cuivre émaillé (IM65000879).
Les parties les plus anciennes de l'église elle-même peuvent remonter au 11e siècle, soit peu de temps après l'arrivée des moines de Simorre. C'est le cas du mur nord du transept et de celui de l'abside dans lequels on devine plusieurs campagnes de construction. Les impostes présentent dans le transept sont datables du 12e siècle. Le clocher semble avoir été construit par étapes entre le milieu et la fin du 12e siècle. Il présente toutes les caractéristiques des donjons seigneuriaux de la région (Bramevaque, Héchette) et pouvait à l'origine se trouver séparé de l'église. Les bâiment du prieuré étaient entourés d'une enceinte indépendante de celle du bourg.
Les vestiges conservés du prieuré (colonnes et chapiteaux, provenant du cloître ou de la salle capitulaire), sont datables de la même période (12e et 13e siècles).
Les parties hautes des murs ainsi que le voûtement interviennent tardivement, dans la seconde moitié du 13e siècle.
Les actes d'un procès de 1332 font état de bâtiments du prieuré "à l'abandon."
Des travaux de maçonnerie dont on ne connait pas le détail ont lieu entre la fin du 14e et le début du 15e siècle.
Entre 1495 et 1530 c'est le choeur de l'église qui est aménagé avec l'installation de stalles et d'une grille. En 1570 un incendie (qui n'est peut-être pas lié aux guerres de religion) détruit une partie des logements monastiques. Ils sont restaurés, de même que l'église dans la 1ère moitié du 17e siècle (réfection des toitures en 1626).
L'évêque de Comminges, Gilbert de Choiseul, visite et réorganise en 1664 les espaces intérieurs qui comportent alors de nombreuses chapelles dont quatre des dix autels sont supprimés. Les tribunes sont réagencées et pourvues d'un second niveau.
En 1692, le prieuré de Sarrancolin est détaché de l'abbaye de Simorre pour se rapprocher de celle de Saint-Sever-de-Rustan (Hautes-Pyrénées). La fin du 17e siècle est marquée aussi par la destruction des derniers vestiges du cloître pour agrandir le jardin du prieur.
Lors de la Révolution, les fleurs de lys de la grille de choeur sont sectionnées et les visages des êtres hybrides des stalles mutilés. Le 4 mars 1793, les bâtiments monastiques sont vendus comme bien national à Jean Sébastien Esquéré et transformés en dépôt de charbon. Ils subissent un incendie le 17 août 1871 : abandonnés alors, ils sont ensuite détruits et remplacés par des habitations.
Durant le 19e siècle sont aménagés l'entrée actuelle de l'église ainsi que l'occulus qui la surmonte. Le clocher fait l'objet en 1865 d'une importante campagne de travaux (reconstruction du sommet des murs ainsi que de la flèche et des clochetons).
L'église est classée Monument historique en 1903.
En 1964 débute une nouvelle campagne de restauration du clocher (reprise de la voûte du rez-de-chaussée et de l'angle nord-ouest de la tour, réfection des chapiteaux, colonnettes et cordons de la partie haute) et de l'église avec l'aménagement du trésor. Les différents enduits sont remplacés par un enduit uniforme au ciment et des éléments de mobilier sont supprimés comme la chaire néo-gothique de 1851. La baie axiale du chevet est rétablie dans ses proportions initiales et l'oculus du flanc nord repris.
Les bâtiments du prieuré existent encore en partie au 19e siècle. La salle capitulaie paraît encore partiellement conservée en 1902. Elle est alors identifiée par Caddau comme l'ancienne chapelle du Sauveur crucifié mais a déjà perdu une partie de ses voûtes avant d'être amputée par la reconstruction de maisons particulières dans les années 1920. Des appartements des religieux trois baies gothiques sont encore en place au début du 20e siècle.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Schiste, calcaire, granite, moellon, calcaire, petit appareil

Matériaux de la couverture

Ardoise

Typologie de plan

Plan en croix grecque

Description de l'élévation intérieure

1 vaisseau

Typologie du couvrement

Cul-de-four ; voûte en berceau brisé

Typologie de couverture

Toit à longs pans, croupe ronde, pignon couvert, pignon découvert, flèche conique

Commentaire descriptif de l'édifice

Le plan de l'église, orienté, présente une nef unique, très courte, suivie par un transept très débordant qui précède un choeur et une abside circulaire. Le clocher, établi à l'ouest mais décalé par rapport à l'axe de l'église, apparaît davantage comme un élément indépendant comparable à un donjon. L'entrée dans l'église se fait par le bras nord du transept.
Les murs sont constitués de petits moellons de calcaire bien appareillés sur les trois quart de l'élévation, ainsi que de pierres de tuf présentes surtourt au niveau des encadrements des baies. Les ouvertures sont en général assez rares et étroites, sauf celles ménagées dans les contreforts du chevet.
Au campanile, l'étage des cloches offre quatre grandes baies géminées à ressauts.
L'ensemble de l'édifice est couvert par des toitures à deux pans en ardoise. Le clocher possède une flèche conique cantonnée de quatre clochetons.
Des bâtiments monastiques il demeure peu de vestiges. Dans le prolongement de la sacristie et du bras sud du transept subsitent trois travées incomplètes de l'ancienne salle capitulaire, datable du premier quart du 13e siècle. Les arcs doubleaux retombent sur des consoles, les nervures sont en forme de tore et leurs extrémités pénètrent dans les parements. Elle comportait à l'origine 3 vaisseaux de 3 travées. L'une des baies géminées de la salle a été remontée à l'extérieur, contre le mur est du bras sud du transept.
Des appartements du prieur et des moines ne reste que peu d'éléments si ce n'est l'encadrement d'une ancienne fenêtre du 16e siècle transformée en porte.

État de conservation (normalisé)

Bon état

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

1903/02/10 : classé MH ; 1928/01/27 : inscrit MH

Précision sur la protection de l'édifice

Eglise (cad.1982 D2 589) : classement par arrêté du 10 février 1903 ; arcature géminée provenant de la salle capitulaire de l'ancien prieuré et accolée au mur de l'église : inscription par arrêté du 27 janvier 1928.

Référence aux objets conservés

IM65000817, IM65000818, IM65000828, IM65000826, IM65000827, IM65000824, IM65000771, IM65000809, IM65000810, IM65000811, IM65000815, IM65000816, IM65000805, IM65000813, IM65000830, IM65000820, IM65000823, IM65000808, IM65000825, IM65000833, IM65000806, IM65000807, IM65000812, IM65000821, IM65000831, IM65000814, IM65000819, IM65000829, IM65000832, IM65000840, IM65000843, IM65000860, IM65000861, IM65000866, IM65000846, IM65000837, IM65000845, IM65000862, IM65000880, IM65000838, IM65000869, IM65000858, IM65000841, IM65000856, IM65000859, IM65000878, IM65000879, IM65000854, IM65000865, IM65000874, IM65000836, IM65000853, IM65000835, IM65000852, IM65000848, IM65000850, IM65000863, IM65000844, IM65000857, IM65000842, IM65000851, IM65000871, IM65000877, IM65000875, IM65001136, IM65001181, IM65001166, IM65001179, IM65000822, IM65010028, IM65010029, IM65010030, IM65010031, IM65010032, IM65010033, IM65010039, IM65010042

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1999

Date de rédaction de la notice

1999 ; 2015

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Corbel Pierre-Yves, Rouvray Thibaut de

Cadre de l'étude

Inventaire topographique

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional de Midi-Pyrénées - Direction de la Culture et de l'Audiovisuel - Service Connaissance du Patrimoine
22, bd Maréchal Juin 31406 Toulouse cedex 9 - 05.34.45.97.33

1/18
Vue intérieure vers le transept sud, au début du 20e siècle.
Vue intérieure vers le transept sud, au début du 20e siècle.
© Région Midi-Pyrénées - Inventaire général, ADAGP
Voir la notice image