Fromagerie d'estive

Désignation

Dénomination de l'édifice

Fromagerie

Titre courant

Fromagerie d'estive

Localisation

Localisation

Auvergne 63 Laqueuille

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Rochefort-Montagne

Lieu-dit

Montagne de Razat

Références cadastrales

1984 D2 234, 300, 247, 236

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

15e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle

Commentaires concernant la datation

Daté par travaux historiques, datation par source

Auteur de l'édifice

maître d'oeuvre inconnu

Description historique

La montagne de Razat appartenait aux seigneurs de Laqueuille ; ils financèrent des fondations pieuses en faveur du chapitre d'Orcival (1441) , puis du chapitre de Laqueuille (16e siècle) au moyen de rentes assises sur leur montagne. La vie pastorale y est évoquée par des lettres de rémission dont l'une rapporte, en 1451, un épisode tragi-comique : cinq pasteurs, qui logeaient dans la montagne de Razat et y gardaient du bétail, louèrent les services d'une prostituée, mais une bande rivale vint l'enlever, en démolissant le bâtiment qui leur servait de logement. Il en résulta une bagarre, avec mort d'homme, dans la montagne voisine de Vivanson. En 1565, les chanoines de Laqueuille achetèrent la montagne de Razat. Au 18e siècle, la montagne de Razat était louée par les chanoines à des fermiers, moyennant une ferme en argent, en beurre et en fromage ; des sous-fermiers avaient la charge d'entretenir une douzaine de cabanes, réparties également entre le haut et le bas de la montagne. Au milieu du siècle, les installations furent modernisées : les cabanes du haut furent abandonnées et cinq burons, construits à pierre sèche et prolongés par des fougaux destinés à loger les vaches et les valets (gourys) , furent édifiés en bas. L'équipement de la montagne était complété par huit cabanots servant à abriter les veaux et par cinq loges à cochons. Ces divers édifices étaient couverts de paille, de branches et de mottes de terre. Les tras se développent sur une étroite bande de terrain - appartenant aujourd'hui à la ferme expérimentale de l'INRA - coincée entre les ruisseaux de Ricolas (au nord) et de Verdier (au sud). Ils se distinguent des abris cités dans les textes par leurs formes allongées, en forme de peigne. Des vestiges de plan rectangulaire, répartis dans la partie basse de la montagne, pourraient correspondre aux descriptions. Les alignements de tras leurs seraient antérieurs : la datation d'un charbon de bois prélevé sur le sol d'une cavité atteste son occupation au 16e siècle, ce qui n'a pas empêché l'auteur de la fouille de dater le site de l'époque protohistorique.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Terre

Commentaire descriptif de l'édifice

Les tras, ancêtres des burons, sont enterrés. Conservés à l'état de vestiges, ils ressemblent, vus de haut, à une structure en forme de peigne, face à la pente ; ils sont précédés par une cavité isolée, le fougal, dans laquelle se faisait le fromage et où logeait le vacher. Des documents d'époque moderne décrivent ces abris. Les tras sont constitués de cavités creusées dans le sol, juxtaposées, parallèles aux courbes de niveau : une banquette de terre sépare chaque cavité. Leur nombre est compris entre 8 et 12 cases. Lors du creusement, la terre de déblai est disposée en bourrelet autour des trous pour recevoir une charpente sommaire faite dans des bois prélevés dans les bois environnants. Des mottes de terre sont disposées sur le toit. On accède aux tras par des tranchées perpendiculaires qui desservent chaque case. L'ouverture est fermée par une porte rapportée. Les cases servaient de cave, de logement, de porcherie, de védélat. La durée de vie de ces structures est brève : entre 2 et 8 ans ; lorsque les dégradations sont trop importantes, le tras est simplement délaissé, de nouvelles cases sont creusées un peu plus loin. Malgré les demandes répétées dans les baux, elles ne sont jamais rebouchées. La charpente et les portes sont récupérées par les buronniers. Les nombreuses traces correspondent à une occupation saisonnière qui se prolonge sur plusieurs siècles.

Commentaires d'usage régional

Buron

État de conservation (normalisé)

Vestiges, menacé

Protection

Intérêt de l'édifice

À signaler, site archéologique

Observations concernant la protection de l'édifice

Ces vestiges témoignent de la vie pastorale qui animait les estives entre la fin du moyen âge et l'époque moderne.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété d'un établissement public

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1997

Date de rédaction de la notice

2002

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Sauget Jean-Michel

Cadre de l'étude

Inventaire topographique

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional d'Auvergne - Service régional de l'Inventaire 13-15, avenue de Fontmaure - BP 60 - 63402 Chamalières - 04.73.31.85.29

fromagerie d'estive
fromagerie d'estive
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