Ensemble d'édifices derrière façade (hôtel de ville, maisons) , actuellement hôtel de ville

Désignation

Dénomination

ensemble d'édifices derrière façade, hôtel de ville, maison

Destinations successives et actuelle

hôtel de ville

Titre courant

Ensemble d'édifices derrière façade (hôtel de ville, maisons) , actuellement hôtel de ville

Localisation

Localisation

Nord-Pas-de-Calais 59 Condé-sur-l'Escaut

Aire d'étude

Condé-sur-l'Escaut

Canton

Condé-sur-l'Escaut

Lieu-dit

Condé-sur-l'Escaut centre

Adresse

Pierre-Delcourt (place) 1

Référence cadastrale

1826 D1 163 à 166, 1875 D2 470, 474, 482, 2010 AR 314

Milieu d'implantation

en ville

Parties non étud

tribunal, halle

Edifice de conservation

Place d'Armes, actuellement place Pierre-Delcourt

Référence de l'édifice de conservation

IA59002795

Historique

Datation des campagnes principales de construction

2e moitié 18e siècle

Datation en années

1773, 1777

Justification de la datation

daté par source, date portée

Justification de l'attribution

attribué par source

Personnalitées

Croy Emmanuel de (personnage célèbre)

Commentaire historique

La décision de reconstruire l'hôtel de ville, au même emplacement, est prise en 1773. Le corps municipal (le Magistrat) est maître d'ouvrage ; cependant, le duc Emmanuel de Croy (1718-1784) , seigneur et gouverneur de la ville (charge qu'il occupe de 1763 à 1776, et qui revient ensuite à son fils Anne-Emmanuel) , influe fortement sur le processus de reconstruction : inspiration générale du projet architectural, choix du maître d'oeuvre - l'ingénieur militaire Pierre Louis Georges du Buat (1734-1809) , ingénieur en chef à Condé, qui lui est personnellement lié - et suivi attentif du chantier. Le financement du projet par la ville, difficile, est abondé par le duc (en nature - fourniture de bois - et en argent) , par l'intendant de Hainaut Louis Gabriel Taboureau des Réaux (1718-1782) , et par le recours à des expédients financiers divers. En effet, estimée à 45 000 L en 1773, la dépense de reconstruction est soldée en 1789 pour un montant de 172 139 L. Débutés en 1773, les travaux de construction sont bien avancés en 1777 (date portée sur la charpente de la maison de gauche) et peuvent être considérés comme achevés en 1785. Dans le but d'embellir la place, les trois maisons particulières qui flanquent l'hôtel de ville sont reconstruites dans le même temps et semblent former les ailes d'un grand édifice dont le corps central abriterait l'hôtel de ville. En plus des fonctions propres à celui-ci, il est prévu que ce corps de bâtiment accueille une halle, en rez-de-chaussée, sorte de prolongement couvert de la place publique, et une salle de justice (salle d'audience). Dans la liste des exécutants mentionnés par les comptes, on relève les noms de Louis Dupommereuille, menuisier, qui réalise de nombreux ouvrages, en particulier la porte principale à deux vantaux et tympan sculptés, et du sculpteur valenciennois Richard Fernet (1735-1810) , auteur du décor de la façade et (d'une partie ?) de celui de la salle de justice. Les aménagements intérieurs, loin d'être achevés en 1789, sont repris au début du 19e siècle ; sous la direction de l'architecte du département, le Valenciennois Deleau, sont ainsi mis en place en 1812 les lambris de la salle du conseil, puis en 1821 la rampe d'appui de l'escalier principal. En 1820, Deleau propose l'installation d'un garde-corps en fer ceignant la plate-forme sommitale. A partir de 1826, les châssis à petits bois sont progressivement remplacés par des châssis à grands carreaux. En 1844-45, l'architecte départemental Alexandre Grimault fait poser un dallage de marbre dans l'ancienne halle, qui sert depuis lors et jusqu'à ce jour de vestibule (sous le nom un peu abusif de salle des gardes) , et dirige la restauration de la façade de 1852 à 1857 (reprise de maçonneries, ragréage). Louis Dutouquet prend sa suite, renforce la structure du bâtiment par la pose d'ancrages (1860-63) , poursuit la restauration des extérieurs (1878-80). Quant aux maisons jouxtant le corps central, deux d'entre elles (mais lesquelles ?) sont achetées par la ville dès 1774 ; on constate en tous cas que celle de gauche (en regardant l'hôtel de ville) est propriété communale en 1815 ; les étages sont occupés par l'administration municipale, le rez-de-chaussée et l'entresol sont loués. A droite, la maison d'angle est acquise par la commune en 1838, puis donnée en location jusque dans le premier tiers du 20e siècle. La maison située entre celle-ci et le corps central relève déjà en 1838 de la propriété et de l'usage de la ville. Vers 1920, les fonctions municipales occupent donc l'ensemble de la construction, le processus d'absorption des maisons particulières par l'hôtel de ville est achevé. Sources : AD Nord (séries J, K, O) , AC Condé-sur-l'Escaut.

Description

Matériau du gros-oeuvre et mise en oeuvre

calcaire, calcaire marbrier, brique, enduit partiel

Matériau de la couverture

ardoise

Vaisseau et étage

sous-sol, rez-de-chaussée, entresol, 2 étages carrés, étage de comble

Type et nature du couvrement

coupole en pendentifs, en brique, voûte en berceau, en brique

Parti d’élévation extérieure

élévation ordonnancée

Type de la couverture

toit à longs pans brisés, croupe brisée, toit brisé en pavillon, terrasse

Emplacement, forme et structure de l’escalier

escalier dans-oeuvre : en charpente, suspendu, escalier tournant à retours avec jour

Commentaire description

L'ensemble de l'hôtel de ville et des maisons adjacentes occupe tout le côté nord-est, le plus haut, de la place d'Armes (actuellement place Pierre-Delcourt). L'articulation des façades sur la place a été conçue de façon à donner l'illusion d'un seul édifice, présentant une élévation ordonnancée selon le schéma d'un avant-corps flanqué d'ailes latérales. Cet avant-corps comprend trois larges travées et s'étire sur l'intérieur de la parcelle, compensant ainsi par la profondeur le peu de développement latéral originel de l'hôtel de ville. Il s'élève sur un rez-de-chaussée formant soubassement, traité en bossages continus. Ce niveau est traversé par un passage cocher donnant accès à la halle et ouvrant en façade par un arc en anse de panier ; de part et d'autre, une baie en plein-cintre. Les deux niveaux d'étages carrés sont articulés par des colonnes doriques d'ordre colossal, redoublées sur les angles. Une loggia à usage de bretèche s'ouvre devant les portes-fenêtres de l'étage noble. Les colonnes supportent un entablement orné de triglyphes, surmonté d'une balustrade rythmée par des vases Médicis. Une toiture en pavillon à terrasse faîtière couvre cet avant-corps. De part et d'autre de l'avant-corps s'élèvent une maison à gauche, deux maisons à droite. Cependant, ces deux ailes sont toutes deux de même développement. L'étage de soubassement, qui inclut ici rez-de-chaussée et entresol, est percé, pour chacune des deux ailes, de deux fenêtres couvertes en anses de panier (les clichés du début du 20e siècle montrent des porte-fenêtres). Les deux étages carrés comportent quatre travées assez étroites éclairées de baies rectangulaires barlongues. Un toit à longs pans brisés et croupes brisées couvre ces maisons. Les matériaux utilisés pour les extérieurs, tous d'extraction régionale, sont définis dans le devis de construction dressé par Du Buat en 1773. Le rez-de-chaussée de la façade totale sur la place, les cordons, corniches et chaînages d'angle des maisons sont en pierre de Bavay, un calcaire marbrier bleu-noir ; le mur de fond de l'avant-corps est élevé en pierre calcaire blanche, les colonnes, l'entablement, la balustrade sont montés en pierre d'Ecaussines, un calcaire marbrier gris ; le calcaire blanc est aussi utilisé pour les encadrements de baies des maisons, dont l'essentiel des murs est en briques. Il est difficile de savoir si l'enduit de ciment qui recouvre actuellement ces maçonneries a succédé à une enduction d'origine. Délaissant la pierre, matériau coûteux, les élévations latérales et postérieures utilisent la brique en plus grande proportion, ne faisant intervenir la pierre qu'aux encadrements. Les toitures sont couvertes d'ardoises. Les dispositions intérieures des maisons ont été profondément modifiées et sont devenues illisibles. Mais l'avant-corps a conservé le schéma d'origine de l'hôtel de ville : des caves en briques enduites voûtées en berceau à l'épreuve de la bombe ; en rez-de-chaussée, une halle couverte avec sa sortie : le passage cocher, pavé, est couvert d'une coupole en pendentifs sur plan carré, et la halle, comportant trois galeries de trois travées, porte une succession de voûtes en pendentifs sur plan carré, et plan barlong en ce qui concerne la galerie côté cour ; les retombées se font sur des piliers de plan carré, flanqués de pilastres sur les quatre faces. Les intrados des arcs et les piliers sont en pierre bleue, les voûtes proprement dites sont constituées de briques disposées de façon annulaire. A l'étage noble se trouvent la grande antichambre (vestibule) , le grand salon (salle du conseil municipal) , la petite antichambre (petit salon) , la salle d'audience (salle des mariages) ; au second étage, les archives. L'escalier, tournant à retours avec jour, suspendu, est en charpente ; son plafond rampant est orné d'une frise à feuillage en plâtre (?).

Technique du décor des immeubles par nature

sculpture

Représentation

armoiries ; feuillage ; couronne de laurier

Précision sur la représentation

Décor sculpté (mur de l'avant-corps) : armoiries de la ville de Condé-sur-l'Escaut, feuillages et couronnes de laurier.

Protection

Date protection

2007/02/05 : inscrit MH

Précisions sur la protection MH

Inscription en totalité.

Référence aux objects conservés dans l'édifice

IM59002183, IM59002204, IM59002290, IM59002288, IM59002289, IM59002192, IM59002299, IM59002310, IM59002308, IM59002314, IM59002340, IM59002346, IM59002196, IM59002303, IM59002311, IM59002307, IM59002360, IM59002512, IM59002189, IM59002291, IM59002326, IM59002336, IM59002341, IM59002345, IM59002351, IM59002352, IM59002355, IM59002363, IM59002369, IM59002186, IM59002191, IM59002305, IM59002309, IM59002328, IM59002348, IM59002372, IM59002376, IM59002185, IM59002510, IM59002190, IM59002202, IM59002325, IM59002337, IM59002367, IM59002184, IM59002293, IM59002295, IM59002316, IM59002368, IM59002198, IM59002292, IM59002297, IM59002306, IM59002321, IM59002338, IM59002344, IM59002358, IM59002511, IM59002188, IM59002324, IM59002197, IM59002331, IM59002342, IM59002365, IM59002373, IM59002193, IM59002298, IM59002334, IM59002356, IM59002357, IM59002359, IM59002366, IM59002370, IM59002371, IM59002195, IM59002304, IM59002318, IM59002199, IM59002203, IM59002347, IM59002353, IM59002354, IM59002375, IM59002187, IM59002294, IM59002296, IM59002332, IM59002333, IM59002335, IM59002362, IM59002194, IM59002374, IM59002312, IM59002317, IM59002320, IM59002323, IM59002330, IM59002350, IM59002201, IM59002300, IM59002322, IM59002343, IM59002349, IM59002361, IM59002379, IM59002315, IM59002319, IM59002329, IM59002339, IM59002364, IM59002200

Intérêt de l'oeuvre

à signaler

Observations

L'édification de l'hôtel de ville entre 1773 et 1785 illustre bien les enjeux de pouvoirs et de compétences qui régissaient généralement le domaine de la construction publique en France à la fin de l'Ancien Régime. Le choix de la composition de l'hôtel de ville s'inscrit dans la continuité des réalisations urbaines les plus prestigieuses de l'architecture française classique.

Statut juridique

Statut de la propriété

propriété de la commune

Références documentaires

Date d'enquête

2005

Crédits

© Inventaire général

Date de rédaction de la notice

2005

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Oger-Leurent Anita

Cadre de l'étude

inventaire topographique

Dossier

sous-dossier