Château fort

Désignation

Dénomination de l'édifice

Château fort

Titre courant

Château fort

Localisation

Localisation

Occitanie ; Lot (46) ; Peyrilles

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Lot

Canton

Saint-Germain-du-Bel-Air

Références cadastrales

1827 H2 848, 849, 2005 H02 463, 464

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Partie constituante non étudiée

Chapelle

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

Limite 13e siècle 14e siècle, 1er quart 16e siècle (?), 2e quart 18e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

12e siècle (?)

Description historique

Le "castellum novum de petrilense", mentionné entre Servières et Graulhet dans le testament de Raimon I de Rouergue, a peu de chances de correspondre à Peyrilles et désigne plus vraisemblablement Castelnau-Peyrales. En fait Peyrilles n'apparaît dans la documentation qu'à la fin du 12e siècle. Le castrum de Peyrilles, de même que ceux de Concorès et de Lavercantière, était tenu en principe par les Gourdon du chapitre de Cahors, en vertu, croit-on, du testament de Raimond de Rouergue (961) ou de celui de l'archidiacre Ingelbert. La suzeraineté de ces places était revendiquée cependant par le duc d'Aquitaine Richard Coeur-de-Lion qui se fit confirmer ses droits par le traité de Gaillon (1196). Bertrand de Gourdon ayant refusé de rendre ces places au duc, elles auraient été prises par la force en 1188. A la suite d'un partage dont les modalités précises ne sont pas connues (vers 1200 ?), le castrum, en même temps que ceux de Lavercantière et Concorès, revint à la branche de Gourdon-Castelnau dont l'origine remonterait à Pons de Gourdon, marié après 1179 à une des filles de Raimond de Castelnau. Pons de Gourdon comptait déjà parmi les seigneurs du pays des Vaux en 1166. Cependant, le prénom Ratier qui sera récurrent chez les descendants de Pons, en alternance avec Aymeric, laisse penser qu'une part des biens des Gourdon-Castelnau venait d'une des familles du Bas-Quercy chez lesquelles ce nom était usuel : des Belfort, des Penne, des Caussade ou des Montclar. En 1259, Alphonse de Poitiers récupéra l'hommage des seigneurs de Peyrilles, qui reviendra finalement en 1287 aux chanoines de Cahors qui en étaient les légitimes suzerains. En 1287, Peyrilles était compris dans ce que l'on appelait la baronnie de Ratier (une part de celle de Gourdon ?) dont les revenus furent cédés alors au roi d'Angleterre. Quatre ans plus tard, les Gourdon de Castelnau se divisaient à leur tour en deux branches, les possessions de l'ancienne baronnie de Ratier, regroupées autour de Peyrilles, et Lavercantière revenant alors à son (premier ?) fils Aymeric de Gourdon (1291). Ce partage qui a donné naissance à la branche des Gourdon-Peyrilles correspond très probablement à la reconstruction simultanée des châteaux de Peyrilles et de Lavercantière, dont les tours maîtresses présentent des similitudes significatives. Dans la seconde moitié du 15e siècle, Peyrilles, qui semble avoir été partagé alors entre des Gourdon et des Toucheboeuf, est acquis, part après part, par les Auriole. Lors du dénombrement de 1504, Raymond de Gourdon est encore coseigneur de Peyrilles, mais Jean d'Auriole, évêque de Montauban, tient alors dans la paroisse des fiefs avec toutes justices de l'Eglise de Cahors, et une maison "presque inhabitable" (L. d'Alauzier 1984-1985) qui pourrait être le château. Peu après, l'évêque de Montauban et son frère Aymar seigneur de Peyrilles et conseiller au parlement de Toulouse, font restaurer le château (G. Lacoste, 1886), abandonné sans doute dans le courant de la guerre de Cent ans : l'ample tour d'escalier et l'oratoire appartiennent à cette campagne de travaux. Les d'Auriole vendent la seigneurie à un de Saux, conseiller à la Cour des aides de Montauban, en 1674, puis elle est acquise en 1720 par Barthélemy Boyer, receveur des tailles à Paris, dont la fille Elisabeth épouse François de Clermont-Toucheboeuf en 1723 (C. Didon, 1996) : c'est à eux qu'il faut sans doute attribuer la campagne de travaux qui a eu pour résultat de modifier la plupart des percements et d'améliorer les commodités de la demeure. Le château, qui appartient toujours aux Clermont-Toucheboeuf, est pillé en 1790 (Réflexions, 1790). Dans la seconde moitié du 19e siècle, il est acheté par la commune et une partie est affectée au presbytère.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, pierre de taille, moellon

Matériaux de la couverture

Tuile plate, ardoise

Description de l'élévation intérieure

2 étages carrés

Typologie du couvrement

Voûte d'ogives

Typologie de couverture

Toit à longs pans, croupe, toit conique

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

Le château est établi à mi pente, à la naissance de la petite vallée du ruisseau de Peyrilles. Il s'inscrit dans une enceinte ovalaire, couronnant le sommet d'un pech conique isolé par un vallon et évoquant la silhouette d'une motte. Au pied de cette "pseudo motte" s'est implanté un bourg castral en ordre lâche autour de l'église paroissiale. L'édifice, tel qu'il se présente aujourd'hui, s'organise en trois travées autour d'une cour exiguë mais deux travées supplémentaires effondrées semblent manquer au nord et au sud. Face au village, le front oriental offre une élévation en apparence homogène dont l'essentiel remonte à l'époque médiévale. De part et d'autre d'un portail d'entrée en arc brisé, des archères cruciformes assurent la protection de l'accès. Leurs croisillons évasés et leurs deux étriers triangulaires, supérieur et inférieur, confirment l'attribution de l'ensemble aux dernières années du 13e siècle, voire au siècle suivant. Au-dessus, l'élévation était ordonnée par un double cordon mouluré sur lequel s'arrangeaient des fenêtres, sans doute à réseaux, à en juger par l'ampleur de leurs embrasures internes. Au centre de cette composition monumentale, une fenêtre à remplage, repercée au 16e siècle, signale la présence de l'oratoire qui assurait une protection sacrée au-dessus de l'accès. Une importante trace de reprise à la base du front oriental fait apparaître un tronçon de maçonnerie en moyen appareil, antérieure à celles dans lesquelles s'insèrent les archères de la fin du 13e siècle. Cette maçonnerie primitive, qui apparaît également à la base des murs de la travée sud, pourrait appartenir au château de la fin du 12e siècle dont on suppose qu'il fut pris (et détruit ?) par Richard Coeur-de-Lion en 1188. A l'arrière du portail, un couloir d'accès de 2,50 m de largeur, faisant office de courette, constitue la travée centrale et distribue des corps de logis de part et d'autre, la vis d'escalier en occupant l'extrémité ouest. La travée nord semble correspondre à la grande salle comme invitent à le supposer les deux grandes fenêtres, sans doute à réseaux, de l'élévation est, face au village. Surmontant une salle basse ouvrant sur la courette par une ample porte en arc brisé, la grande salle elle-même a fait l'objet d'une réfection presque complète vers 1500 qui l'a dotée d'une cheminée monumentale. Elle était doublée au nord par une seconde travée de logis, aujourd'hui effondrée, dont ne subsistent que les arrachements. L'oratoire, établi dans la travée centrale, résulte lui aussi des réfections de la fin du 15e siècle ou du début du siècle suivant, comme en témoigne sa voûte d'ogives retombant sur des culots ornés de roses épanouies. Le corps de logis occupant la travée méridionale, ne semble pas, pour sa part, être antérieur à l'édification de la tour d'escalier. Ses bases appareillées, montrent cependant qu'il a remplacé un ancien bâtiment médiéval apparemment effondré. L'antériorité apparente de ses parements extérieurs incendiés, sur ceux de la grande salle médiévale, de même que la particularité de ses chaînes d'angle de brèche sombre, inciteraient à y voir les vestiges du château primitif attesté à la fin du 12e siècle. La tour maîtresse se distingue dans l'économie d'ensemble du château par son implantation biaise, affirmant, en principe, son indépendance, voire son antériorité. Ses caractères architecturaux ne permettent guère cependant de la faire remonter au-delà du dernier tiers du 13e siècle. De plan carré (8,40 m de côté), elle est aujourd'hui tronquée au-dessus de son premier étage et n'atteint plus que 13 m de hauteur environ. Un soubassement soigneusement biseauté anime ses élévations en partie basse. Le niveau inférieur de la tour est aujourd'hui voûté en plein cintre et une porte, repercée au début du 16e siècle, lui donne un accès direct depuis la grande vis d'escalier attenante. Initialement, il semble cependant que cette pièce ait été couverte par un simple plancher, et que son accès se soit effectué par une trappe. Deux soupiraux, l'un médiéval, l'autre repercé au 15e ou 16e siècle, en constituent les uniques aérations. Avant d'être relié à la vis d'escalier par une porte-couloir semblable à celle de l'étage inférieur, l'étage de la tour disposait d'un accès autonome. Une porte en arc brisé, murée vraisemblablement dès la fin du 15e siècle, ouvrait en effet à l'opposé des logis, sur l'actuelle terrasse méridionale, à une hauteur de 3,50 m environ du sol extérieur d'origine. La salle d'accès est couverte par une croisée d'ogives, sans clé, dont les branches d'ogives prismatiques reposant sur des culots frustes semblent appartenir à l'ouvrage médiéval bien qu'elles n'offrent que peu de prise à la datation. La fenêtre haute qui éclaire la salle au sud, résulte en revanche d'un repercement manifeste. A l'opposé de la porte d'accès originelle, les traces d'une ancienne vis d'escalier et des raccords de maçonneries visibles dans l'actuel couloir d'accès montrent que l'aménagement de celui-ci s'opéra au détriment d'une ancienne tourelle d'escalier soudée à la tour. Cette tourelle d'escalier, qui desservait manifestement les étages supérieurs de la tour, n'a conservé aucune trace de ses percements d'origine, à l'exception d'une baie murée en partie haute, dont le couvrement interne était assuré par un linteau sur coussinets. Quelques assises subsistent d'un deuxième étage, en grande partie condamné par l'accumulation de ses propres décombres. Les parements extérieurs y laissent apparaître la trace d'une porte haute surmontant des trous d'encastrement.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture

Indexation iconographique normalisée

Rose

Description de l'iconographie

Un culot de la chapelle est orné d'une rose épanouie.

Protection

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2005

Date de rédaction de la notice

2005 ; 2013

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Séraphin Gilles, Scellès Maurice

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale)

Typologie du dossier

Dossier individuel

château fort
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© Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; © Conseil départemental du Lot
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