Prieuré de bénédictins Saint-Jean, actuellement église paroissiale Saint-Astier

Désignation

Dénomination de l'édifice

Prieuré

Genre du destinataire

De bénédictins

Vocable - pour les édifices cultuels

Saint-Jean ; Saint-Astier

Destination actuelle de l'édifice

Église paroissiale

Titre courant

Prieuré de bénédictins Saint-Jean, actuellement église paroissiale Saint-Astier

Localisation

Localisation

Occitanie ; Lot (46) ; Catus

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Lot

Canton

Catus

Références cadastrales

2010 AC01 173, 185, 186, 497, 498, 499

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Partie constituante non étudiée

Bâtiment conventuel, cloître, salle capitulaire

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

3e quart 11e siècle, milieu 12e siècle, 1er quart 16e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

4e quart 19e siècle

Auteur de l'édifice

Calmon C. A. (sculpteur)

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par source

Personnalités liées à l'histoire de l'édifice

Luzech Antoine de (commanditaire), Miolans Jacques de (commanditaire)

Description historique

Le prieuré Saint-Jean de Catus, dont l'église est aujourd'hui église paroissiale sous le vocable de Saint-Astier, a été fondé par l'abbaye bénédictine Saint-Michel de Cluse, en Italie, dans la seconde moitié du 11e siècle. Les vestiges conservés de la première église, l'exceptionnelle qualité de la sculpture romane de la salle capitulaire et du cloître, et la reconstruction entreprise à la fin du 15e siècle en font un lieu important de l'histoire architecturale et artistique du Quercy au Moyen Age. Notre connaissance du prieuré a été renouvelée par l'étude de Mireille Bénéjeam-Lère en 1980 et par la fouille archéologique réalisée sur l'emplacement du cloître en 1991-1995. Catus est mentionné dans une bulle en 1095, et c'est entre cette date et 1050, moment à partir duquel il est possible de suivre l'expansion de Cluse en Languedoc, qu'il faut situer la fondation du prieuré, qui est à l'origine du développement du bourg. Les conditions de la donation à l'abbaye de Cluse ne sont pas connues, mais on sait que le prieur est également seigneur du lieu. Des bâtiments construits dans la seconde moitié du 11e siècle subsistent en grande partie la nef de l'église et ses deux collatéraux. Le style de la sculpture du cloître et de la salle capitulaire permet de dater la construction, ou la reconstruction des bâtiments conventuels du milieu du 12e siècle. A la fin du 13e siècle, la richesse du prieuré est encore telle qu'il sert de garantie à un échange de prieurés entre Cluse et Moissac. La guerre de Cent ans met fin à cette prospérité et dès les années 1385-1405, le prieuré est déclaré sans ressources et désert. Ce n'est qu'après quatre décennies de reconstitution du temporel qu'Antoine de Luzech, prieur commendataire à partir de 1485 puis évêque de Cahors de 1502 à 1509, date de sa mort, peut engager des travaux de reconstruction. Ses armoiries qui timbrent les clefs de voûte permettent de lui attribuer la reconstruction du chevet de l'église et le voûtement des premières travées de la nef, mais ne permettent pas de préciser la date du début des travaux. Le voûtement de la nef est achevé par son successeur Jacques de Miolans, prieur de 1511 à 1521 et parent d'Urbain de Miolans, abbé de Cluse de 1503 à 1522. Des procès provoquent cependant la mise sous séquestre du bénéfice de Catus, empêchant la restauration des bâtiments conventuels qui, au 18e siècle, sont loués comme cave vinaire, excepté l'ancienne salle capitulaire. Entre temps, le mauvais état de l'église Saint-Astier avait entraîné le transfert du service paroissial dans l'église prieurale. Pendant la Révolution, le prieuré est vendu comme bien national, sauf l'église, désormais uniquement paroissiale, qui fait l'objet de travaux dès 1800 : le clocher est réparé, puis le sol de la nef est exhaussé. Les abords de l'église sont dégagés au sud et à l'ouest en 1831. En 1890, l'abbé Gintrand rachète la partie de la salle capitulaire utilisée comme cave et en fait don à la commune, ce qui a pour effet le classement au titre des Monuments historiques de la salle capitulaire l'année suivante, dont la restauration des baies est exécutée par le sculpteur cadurcien C. A. Calmon en 1894. Le classement de l'église intervient en 1908. De 1910 à 1990, d'importants travaux d'entretien sont réalisés : remise en état des maçonneries extérieures, des toitures et des voûtes, consolidation du clocher... Dans les années 1991-1994, les travaux d'assainissement ont été accompagnés de fouilles archéologiques qui ont en particulier permis de mettre au jour nombre de fragments de chapiteaux du cloître roman. Depuis le début des années 2000, la restauration de l'église s'est poursuivie avec la remise en couleur de l'abside et des absidioles.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, moellon, pierre de taille

Matériaux de la couverture

Ardoise

Typologie de plan

Plan allongé

Description de l'élévation intérieure

3 vaisseaux

Typologie du couvrement

Voûte d'arêtes ; voûte d'ogives

Typologie de couverture

Toit à longs pans, pignon découvert, croupe polygonale, toit à un pan, toit en pavillon

Commentaire descriptif de l'édifice

Le prieuré est situé au centre du bourg auquel il a donné naissance. Les bâtiments conventuels subsistent, au moins en partie, sur deux côtés de l'aire du cloître disparu, au nord de l'église. Les éléments lapidaires retrouvés en fouille permettent de restituer des galeries de cloître couvertes en charpente dont les claires-voies étaient à arcs en plein cintre et colonnettes simples posées sur un mur-bahut. Les chapiteaux, historiés ou à décor végétal, animal ou figuré, sont dus à l'atelier qui a travaillé pour la salle capitulaire. Celle-ci comporte six travées dont les voûtes d'arêtes retombent sur des colonnes adossées aux murs et deux colonnes centrales. L'un des chapiteaux centraux est historié, représentant le Christ au milieu des apôtres après sa résurrection, mais deux de ses faces sont seulement ébauchées ; l'autre est couvert de tiges végétales que crachent des têtes d'animaux. La sculpture de Catus, qui s'apparente à celles de la cathédrale de Cahors et du portail de Moissac, compte parmi les plus belles réalisations de l'art roman en Quercy. La salle capitulaire, dont les trois baies ont été restaurées à partir des années 1890, occupe le rez-de-chaussée du bâtiment oriental, dont l'étage était sans doute le dortoir des moines. Les étroites fenêtres hautes, couvertes de linteaux délardés en plein cintre, appartiennent au premier état, le niveau intermédiaire de fenêtres à large chanfrein et intrados trilobé témoignant d'aménagements intervenus après la guerre de Cent ans. A l'extrémité nord du bâtiment, une arcade au tracé brisé, à arête vive, correspond à un passage. Sur le côté nord de l'aire du cloître subsiste en particulier une grande porte à ressaut dont l'angle est souligné par un tore épais. Le principal intérêt de l'église prieurale est d'être le seul édifice du Quercy de cette importance à avoir conservé la plus grande part de son état de la seconde moitié du 11e siècle. L'étude de Mireille Bénéjeam-Lère a permis d'en préciser un peu les dispositions, mais on ne peut que regretter qu'il n'ait pas encore fait l'objet d'un relevé archéologique complet, qu'auraient pourtant dû faciliter les travaux de restauration réalisés depuis plus d'un siècle. Un premier examen extérieur permet de saisir les grandes lignes de l'édifice du 11e siècle, en dépit des reconstructions, principalement de la fin du 15e ou du début 16e siècle, et des restaurations. Les toitures distinguent une nef constituée d'un vaisseau central et de deux collatéraux d'où émerge la masse carrée du clocher. Les maçonneries sont en petits moellons plus ou moins soigneusement équarris, qui sont également utilisés pour les encadrements des fenêtres à large ébrasement intérieur, de minces pilastres rythment les élévations (dont certains sont encore visibles malgré l'ajout d'épais contreforts au sud et d'arcs-boutants au nord). Les observations faites dans les combles par Mireille Bénéjeam-Lère lui ont permis de montrer que la tour était à l'origine une tour-lanterne, et que seules les deux travées orientales des bas-côtés étaient voûtées d'arêtes sur arcs doubleaux. La première fonction de ces voûtes était d'étrésillonner les murs portant la tour, mais elles correspondaient également au choeur liturgique, ainsi prolongé de deux travées au-devant de l'abside et des absidioles, l'autel se trouvant sous la tour-lanterne. Le reste de la nef était couvert par une simple charpente. Le vaisseau central recevait un éclairage indirect par les fenêtres des collatéraux, et direct par les fenêtres hautes des élévations nord et sud ; la forme du portail d'origine n'est pas connue, le portail sud actuel et son porche n'étant pas antérieurs au milieu du 12e siècle. Mireille Bénéjeam-Lère a pu proposer la restitution d'un chevet à une abside encadrée de deux absidioles, sans travées droites, grâce à un vestige de maçonnerie courbe observé côté nord, dans les combles. Le chevet du 11e siècle a en effet entièrement disparu lors la reconstruction entreprise à la fin du 15e siècle. Les travaux commencent par le chevet qui est agrandi vers l'est, une travée étant ajoutée entre l'ancienne nef et la nouvelle abside encadrée de deux absidioles, toutes trois polygonales. Les voûtes d'arêtes sont supprimées et la nef centrale ainsi que ses deux collatéraux sont entièrement voûtés d'ogives, prolongeant l'esthétique architecturale introduite par le nouveau choeur. Les clefs de voûte du choeur et des quatre travées orientales de la nef sont timbrées des armoiries des Crayssac et d'Antoine de Luzech : celles-ci sont surchargées d'une mitre ou d'un sceptre sommé d'un oiseau, ce qui pourrait indiquer que les travaux sont réalisés après 1502, date de l'accession d'Antoine de Luzech à l'épiscopat. Les deux travées occidentales sont aux armes de Jacques de Miolans, son successeur comme prieur de Catus à partir de 1511. Le choeur a fait l'objet d'une remise en couleur par le service des Monuments historiques en 2007, fondée sur les traces de badigeons du 16e siècle qui subsistaient. La poursuite de la restauration dans la nef aura à résoudre la difficulté de conserver l'unité architecturale réalisée vers 1500 tout en permettant une lecture archéologique de l'état du 11e siècle.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture

Indexation iconographique normalisée

Vie du Christ ; animal ; homme ; armoiries ; aigle de saint Jean ; homme de saint Mathieu ; boeuf de saint Luc ; lion de saint Marc ; ange ; ornement végétal

Description de l'iconographie

A côté de décors végétaux ou animaliers, les chapiteaux historiés du cloître et celui de la salle capitulaire représentent des scènes de la vie du Christ.£Armoiries des Crayssac sur des clefs de voûte de l'église : d'azur au croissant d'argent. Armoiries d'Antoine de Luzech sur des clefs de voûte : écartelé, aux 1 et 4 d'azur au croissant d'argent (qui est de Crayssac), aux 2 et 3 (d'argent) au lion couronné (au lieu d'un griffon) (d'azur). Sur les clefs de voûte des deux travées ouest de la nef, armoiries de Jacques de Miolans : écartelé, aux 1 et 4 de gueules à trois bandes d'or, aux 2 et 3 de gueules à l'aigle au vol abaissé barré de (...). Sur les clefs de voûte des 1ère et 2e travées des bas-côtés sont représentés les symboles des quatre évangélistes.

Protection

Date et niveau de protection de l'édifice

1891/03/04 : classé MH ; 1908/06/10 : classé MH ; 1942/11/20 : inscrit MH ; 1995/07/03 : inscrit MH ; 1995/08/30 : inscrit MH ; 1998/11/20 : classé MH

Précision sur la protection de l'édifice

Ancienne salle capitulaire, actuellement affectée à l'usage de sacristie de l'église : classement par arrêté du 4 mars 1891. Eglise : classement par arrêté du 10 juin 1908. Façades et toitures des immeubles bordant la place de l'Eglise (restes des anciens bâtiments abbatiaux) : inscription par arrêté du 20 novembre 1942. Vestiges des bâtiments conventuels situés sur la parcelle AC 185 : inscription par arrêté du 3 juillet 1995, modifié par arrêté du 30 août 1995. Vestiges des bâtiments conventuels de l'aile est abritant la salle capitulaire et ceux de l'aile nord, à l'exception des aménagements modernes subis par la parcelle 186, et l'ancienne aire du cloître (cad. AC 497 à 499, 186, 173) : classement par arrêté du 20 novembre 1998.

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune ; propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2005

Date de rédaction de la notice

2005

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Séraphin Gilles, Scellès Maurice

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (inventaire préliminaire des églises médiévales)

Typologie du dossier

Dossier individuel

prieuré de bénédictins Saint-Jean
prieuré de bénédictins Saint-Jean
© Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; © Conseil départemental du Lot
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