Demeure dite La Gibertie

Désignation

Dénomination de l'édifice

Demeure

Appelation d'usage

La Gibertie

Titre courant

Demeure dite La Gibertie

Localisation

Localisation

Occitanie ; Lot (46) ; Lagardelle

Précision sur la localisation

Autrefois sur commune de Pescadoires

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Lot

Canton

Puy-l'Evêque

Lieu-dit

Lagibertie

Références cadastrales

2014 ZB01 174, 175

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Exploitation agricole, pigeonnier, jardin d'agrément

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

13e siècle (?), 14e siècle (?), 19e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

15e siècle (?)

Description historique

L'ancien repaire de la Gibertie, implanté sur les berges du Lot, était associé à un moulin. Il doit vraisemblablement son nom à Girbert de Jean qui le possédait à la fin du 13e siècle et qui le céda en 1281 à l'évêque de Cahors. L'évêque l'inféoda quelques temps plus tard, dans les premières décennies du 14e siècle, à une famille de chevaliers de Puy-l'Evêque, les Verrolh, déjà possessionnés au Meüre. A partir de cette époque, le repaire est connu sous le nom de "la Pile", peut-être en raison de la présence sur les lieux d'une motte ou d'une éminence terrassée. Avant la fin du 15e siècle, les Salas, sans doute originaires de Lastreilles en Agenais, à moins qu'il ne s'agisse d'un ancien lignage de notaires locaux, avaient succédé au Verrolh.
Contrairement à ce que laisse supposer la composition symétrique à trois travées de la façade le plan de l'édifice révèle une organisation singulière dans laquelle on identifie clairement la présence d'un édifice antérieur très différent correspondant manifestement au repaire mentionné au 13e siècle. L'organisation de ce repaire est remarquable. Il inscrit, dans une enceinte quadrangulaire de faible développement, un logis séparé de la tour par une étroite venelle. Les disparités de matériaux et les raccords de maçonnerie conduisent à supposer que le repaire s'est constitué tardivement, peut-être au 15e siècle, à partir d'une tour antérieure du 13e siècle. Toutefois, l'impossibilité d'établir une véritable chronologie des maçonneries en raison de la présence des enduits ne permet pas d'être catégorique sur ce point. Le toponyme, l'organisation générale du repaire, le fait qu'il soit mentionné dès le 13e siècle et quelques indices archéologiques suggérant que les ouvrages du 15e siècle pourraient eux mêmes résulter de reprises, plaident au contraire pour attribuer l'édifice dans son ensemble au 13e ou au 14e siècle. La composition de l'ensemble rappelle d'assez près en effet celle de l'ancienne borie de Reganhac (commune de Lamagdelaine), dont l'enceinte enserrant étroitement le logis et la tour évoque le tracé d'une ancienne motte. Dans les deux cas, à La Gibertie comme à Reganhac, la famille patricienne des de Jean semble être à l'origine des édifices primitifs.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Enduit, brique, calcaire, moellon

Matériaux de la couverture

Tuile creuse

Description de l'élévation intérieure

Sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble

Typologie du couvrement

Partie d'élévation extérieure

Élévation ordonnancée

Typologie de couverture

Toit en pavillon, toit à longs pans, croupe

Commentaire descriptif de l'édifice

Le château de la Gibertie se présente aujourd'hui sous l'aspect d'une lourde villa néoclassique entourée de ses communs et de ses terrasses d'agrément. Une étroite terrasse le sépare de la rivière. Le corps principal présente sur la cour (ouest) une façade carrée composée symétriquement de deux niveaux avec surcroît, centrée sur une porte à entablement que précède un perron à deux volées. Un corps de bâtiment plus bas le prolonge au nord. Les élévations sont revêtues d'un crépi et ne présentent que des percements modernes à l'exception de deux soupiraux géminés à la base de l'élévation nord, attribuables au début du 16e siècle pour l'un, au 17e siècle pour le second. Sur l'élévation arrière, côté rivière, une lacune du crépi laisse apparaître une maçonnerie de moellons bruts et les vestiges d'une baie chanfreinée murée qui pourrait remonter au 15e siècle.
Les vestiges du repaire primitif sont essentiellement identifiables au niveau du sous-sol. Une cheminée de la fin du 15e siècle ou au début du siècle suivant, dont les piédroits sont partiellement enterrés, indique que le niveau de sol de l'édifice a été surhaussé de 0,50 m. La concordance de certains percements à piédroits chanfreinés avec le niveau de sol actuel incite donc à les attribuer au plus tôt à la seconde moitié du 16e siècle. La grille à volutes qui orne l'un des soupiraux du sous-sol suggère de situer au milieu ou dans la seconde moitié du 17e siècle ces travaux de nivellement.
La tour, de plan carré, est édifiée en briques et mesure 6,15 à 6,20 m de côté. A la base, ses murs épais de 1,10 à 1,13 m réservent un espace utile de 3,90 m de côté. Le fait qu'elle ait été réutilisée en tant que cage d'escalier par l'édifice moderne interdit d'observer ses parements à l'exception des parties basses, au niveau du sous-sol actuel et de ses parties hautes, émergeant au niveau des combles. L'identification des parements de briques à ces deux niveaux extrêmes permet de restituer un ouvrage de 9 m environ de hauteur.
Les parements intérieurs du rez-de-chaussée actuel sont revêtus d'un enduit ancien dont les plus anciennes couches pourraient remonter à l'époque médiévale. Il est couvert par un plancher dont le niveau des solives a été abaissé au-dessous du niveau d'origine. Le niveau bas ouvre aujourd'hui de plain-pied par une porte à encadrement de calcaire et piédroits chanfreinés. Cette porte, qui résulte manifestement d'un repercement, correspond au niveau de sol du 17e siècle. En revanche, une baie murée dans l'angle ouest du panneau nord, de 0,88 m de largeur, semble bien correspondre à l'entrée d'origine. Au centre de l'élévation orientale ouvre une embrasure étroite, à arêtes brutes, dont le couvrement interne est constitué de linteaux de calcaire portés par de minces coussinets de briques. L'implantation de ce percement a proximité du niveau du sol actuel, bien qu'il ait été surélevé, incite à l'interpréter comme une fente de tir plutôt que comme une fente de jour. En vis-à-vis, l'élévation ouest est actuellement aveugle mais présente les traces d'une baie condamnée symétrique de la fente de tir opposée. Hormis les vestiges de ce qui semble avoir été l'ancienne porte d'accès, l'élévation orientale présente pour tout percement un jour de cave assez large qui semble résulter d'un repercement moderne.
La position actuelle des archères, près du sol actuel, et surtout la présence de trous d'encastrement de part et d'autre de celles-ci, laissent supposer que le sol ancien a pu être sensiblement plus bas. Un important remblaiement a pu en outre modifier les niveaux d'origine. Cette hypothèse conduit à s'interroger sur la position de la porte d'entrée qui pourrait avoir été initialement surélevée.
Au contact de la tour subsistent les vestiges d'un bâtiment rectangulaire de 6,90 x 14 m environ qui correspond manifestement à un ancien logis. Contrairement à la tour qui est édifiée en briques, ce logis qui en était séparé par un étroit espace libre, en partie muré aujourd'hui, présente des parements de calcaire en moellons bruts. La distribution et le cloisonnement actuel de cet ancien logis sont à attribuer au 17e siècle et au 19e siècle. La cheminée qui occupe l'élévation nord est antérieure au nivellement de l'ensemble, de même que les deux séries de corbeaux qui subsistent en partie sur les élévations nord et sud, au-dessous du niveau de plancher actuel. Cheminée et corbeaux sont à attribuer à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. Sur l'élévation sud, la porte, qui fait communiquer les parties basses du logis avec les caves voisines, résulte de l'élargissement d'une porte initialement plus étroite qui pourrait correspondre à l'ancien accès. Aucun élément antérieur à la fin du 15e siècle n'a pu être décelé dans ce bâtiment qui semble donc plus tardif que la tour.
Accolée au logis, une muraille de 1,45 à 1,50 m d'épaisseur délimite le quadrilatère qui a servi de base au logis actuel. Cette muraille édifiée dans le même moellonnage de calcaire que le logis enserre la tour en réservant autour d'elle une étroite galerie de largeur inégale (1,90 à 2,70 m). La présence d'une fenêtre chanfreinée murée sur le front oriental indique que cet étroit espace annulaire, que recoupent des arcs porteurs, n'était pas une simple galerie de circulation mais qu'il a été couvert au moins partiellement et qu'il a pu distribuer des espaces habitables. Une baie couverte par un ample arc segmentaire, percée dans l'élévation ouest semble correspondre au portail qui lui donnait accès.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2005

Date de rédaction de la notice

2005 ; 2014

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Séraphin Gilles, Scellès Maurice

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale)

Typologie du dossier

Dossier individuel

demeure
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© Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; © Conseil départemental du Lot
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