Château épiscopal, actuellement hôtel de ville

Désignation

Dénomination de l'édifice

Château fort

Destination actuelle de l'édifice

Hôtel de ville

Titre courant

Château épiscopal, actuellement hôtel de ville

Localisation

Localisation

Occitanie ; Lot (46) ; Puy-l'Évêque ; place de la Truffière

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Lot

Canton

Puy-l'Evêque

Adresse de l'édifice

Truffière (place de la)

Références cadastrales

1837 B3 1331, 1332, 2014 B 669, 2410

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Partie constituante non étudiée

Tour

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

2e moitié 13e siècle

Description historique

Le castrum de Puy-l'Evêque ("castel del Pug") est mentionné pour la première fois en 1227, époque à laquelle il est acquis en même temps que celui de Luzech par l'évêque de Cahors. Antérieurement à cette date, le silence de la documentation a conduit à supposer qu'il n'était que le castrum secondaire d'un lignage connu pour d'autres possessions. L'appartenance de l'ensemble des paroisses de la châtellenie de Puy-l'Evêque à l'archiprêtré de Pestilhac désignerait a priori les seigneurs de Pestilhac, dont une partie des possessions furent effectivement confisquées au profit de l'évêque, comme les vraisemblables possesseurs du Puy avant 1227. Une autre hypothèse conduit à se tourner vers le patrimoine d'un autre lignage baronnial, celui des Luzech, eux-mêmes successeurs pour une part importante de l'archidiacre Ingelbert dont les possessions s'étendaient vers 935 jusqu'à Courbenac et, aux environs, jusqu'à un certain lieu dit Podium Retundum. Le lignage éponyme des Del Pech, mentionné dès le 11e siècle, était déjà représenté dans le castrum par trois branches distinctes à la fin du 13e siècle, et il y tenait une place privilégiée, derrière l'évêque mais au-dessus des autres "milites castri", dont l'effectif dépassait la vingtaine, se répartissant entre sept lignages distincts. La seule mention directe de la demeure de l'évêque semble bien être celle de la "chambre" où Sicard de Montaigut reçoit l'acapte due par les consuls en 1297 (J. Lartigaut, 1991, p. 53). Le bâtiment voisin, qui était peut-être l'"aula" de l'évêque est devenu, sans doute au 18e siècle, la chapelle des capucins (J. Lartigaut, 1991) avant de devenir hôtel de ville. L'architecture de la tour permet d'en situer la construction dans les dernières décennies du 13e siècle.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, pierre de taille, moellon

Description de l'élévation intérieure

3 étages carrés

Typologie du couvrement

Voûte en berceau brisé

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre : escalier tournant, en maçonnerie, escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

La tour est aujourd'hui intégrée à l'hôtel de ville dont les murs, épais de plus de 1,70 m et percés de curieuses baies en plein cintre à doubles ébrasements, pourraient appartenir en partie à un ancien édifice médiéval. L'hypothèse qui consisterait à y reconnaître les vestiges d'une "aula", accolée à la tour, n'est pas à écarter dans la mesure où le logis de l'Ychairie, établi à proximité, ne figurait pas parmi les possessions de l'évêque. La tour a servi de prison jusqu'au 18e siècle au moins, ainsi qu'en témoignent les portes à guichets, encore entreposées dans ses étages. La présence de quatre larges contreforts enveloppant les angles apparente a priori cette tour à celle de Luzech dont elle est supposée être contemporaine. Là s'arrêtent toutefois les points communs entre les deux édifices. De moindres dimensions au sol, bien que sensiblement plus haute, la tour de Puy-l'Evêque est en effet dotée d'une organisation différente. Pour un espace utile réduit (à peine 10 m2), la tour disposait de quatre niveaux portant son élévation à 23 m ou plus. La salle-basse, voûtée tardivement, semble avoir été initialement couverte par un simple plancher, comme le suggère le bandeau de section carrée dont la trace subsiste à 5,25 m de hauteur et dont l'implantation proche du niveau de sol de l'étage supérieur ne permet pas de restituer un couvrement voûté. La porte d'accès actuelle est moderne : la salle basse était donc accessible originellement par une trappe aménagée dans le plancher. Une fente de jour, étroite et à couvrement plat, en constituait l'unique percement. A l'intérieur, l'arc de tête surbaissé de cette baie, composé de deux pierres, pourrait appartenir à l'état d'origine bien qu'il ne soit pas cohérent avec le couvrement plat visible à l'extérieur. Le premier étage correspond au niveau d'accès d'origine. La porte primitive, établie au revers d'un contrefort, à 6,50 m de hauteur ouvre sur l'extérieur, sur la face opposée (élévation nord-est) à l'ancienne aula. Elle est couverte extérieurement en arc brisé émoussé. Deux vantaux successifs y enfermaient l'accès latéral à un escalier droit intramural permettant d'atteindre l'étage supérieur. La salle, voûtée en berceau plein-cintre (hauteur : 6,50 m) ne disposait, comme la salle basse, que d'une étroite fente de jour à couvrement plat. Accessible par l'escalier intramural, le second étage, également très haut (6 m), était éclairé par une ample fente de jour à embrasure cintrée, soigneusement encadrée à l'extérieur par un large chanfrein dessinant un arc segmentaire délardé dans le linteau. A mi-hauteur, des latrines étaient établies sur un repos de l'escalier intérieur de charpente qui prenait ici le relais de l'escalier de pierre. Cette rupture des circulations verticales est semblable à celle que l'on observe dans d'autres tours-beffrois du second tiers du 13e siècle (Castelnau-Bretenoux, Cardaillac...). Le troisième étage, dont le plancher a disparu (les encastrements de deux poutres maîtresses subsistent), est marqué par une importante retraite du parement intérieur, qui pourrait correspondre au raccord de l'ultime campagne de construction. Cette salle haute semble aujourd'hui tronquée par le hourdis récent qui porte la plate-forme sommitale, indice possible que l'édifice, prévu plus haut, a pu rester inachevé ou qu'il fut écrêté. Les quelques marches en pierre qui donnent accès à la terrasse actuelle et qui évoquent le départ d'un escalier intramural pourraient dans ce cas, soit avoir été prévues pour desservir une terrasse sommitale située plus haut, soit pour desservir un niveau supplémentaire. Sans doute affectée au guet, la salle du troisième étage était dotée d'une cheminée encastrée, actuellement condamnée, d'une armoire murale à feuillure (murée) et d'une ample embrasure à coussiège, ouvrant sur une modeste fenêtre à encadrement chanfreiné. Le style de ces aménagements qui rendaient la pièce habitable évoque au plus tôt le dernier tiers du 13e siècle. A supposer que la dernière campagne de construction, correspondant à la réalisation du dernier niveau, s'inscrive dans la continuité des précédentes, comme le suggère l'homogénéité des parements extérieurs, il conviendrait de rajeunir sensiblement la datation de cette tour qui n'est peut-être pas antérieure au milieu du 13e siècle. Le parapet qui termine la plate-forme sommitale est moderne. Sous le bandeau qui souligne la balustrade sont conservés deux motifs sculptés, apparemment en remploi.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture

Indexation iconographique normalisée

Tête humaine ; tête d'animal

Description de l'iconographie

L'un des deux éléments sculptés en remploi pourrait être un ancien modillon, orné d'une tête humaine. L'autre, qui a pu orner le claveau d'une baie cintrée en double cavet, représente une tête animale (un renard ?).

Protection

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2004

Date de rédaction de la notice

2005 ; 2014

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Séraphin Gilles, Scellès Maurice

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale)

Typologie du dossier

Dossier individuel

château épiscopal, actuellement hôtel de ville
château épiscopal, actuellement hôtel de ville
(c) Inventaire général Région Occitanie ; (c) Conseil départemental du Lot
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