Cathédrale Sainte-Marie, actuellement église paroissiale

Désignation

Dénomination de l'édifice

Cathédrale

Vocable - pour les édifices cultuels

Sainte-Marie

Destination actuelle de l'édifice

Église paroissiale

Titre courant

Cathédrale Sainte-Marie, actuellement église paroissiale

Localisation

Localisation

Occitanie ; 32 ; Lombez ; Cathédrale (place de la)

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Gers

Canton

Lombez

Adresse de l'édifice

Cathédrale (place de la)

Références cadastrales

2011 AB 209

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Nom de l'édifice

Ensemble cathédral

Références de l'édifice de conservation

IA32000801

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

14e siècle ; 15e siècle

Description historique

L'évêché de Lombez ne fut créé qu'en 1317, lors du redécoupage ecclésiastique opéré par le pape Jean XXII dans le sud de la France. A cette date, le bourg devint une cité, l'église fut érigée au rang de cathédrale et les moines formèrent dès lors un chapitre de chanoines augustins au service d'un évêque. Jean XXII éleva le dernier abbé de Lombez au rang d'évêque ; il s'agissait d'Arnaud-Roger de Comminges (1317-1328), fils et frère de comtes de Comminges, une famille proche du pape. Sous l'épiscopat de son successeur, Jacques Colonna (1328-1341), issu d'une illustre famille italienne, le poète Pétrarque fut nommé chanoine de Lombez et y séjourna les quelques mois de l'été 1330. C'est certainement sous l'épiscopat de Jacques Colonna que débuta la reconstruction de la cathédrale. Le nouveau chapitre était formé de douze chanoines, quatre hebdomadiers, vingt-huit prébendiers, deux diacres, deux sous-diacres, huit clercs et huit enfants de choeur. Parmi les chanoines, trois d'entre eux détenaient les dignités de prévôt, archidiacre et sacriste, ce dernier assurant aussi la fonction de curé de la paroisse. Un quatrième possédait l'office de la précentrerie (chantre). Inspirée de l'église des Jacobins de Toulouse, la cathédrale de Lombez se compose de deux vaisseaux d'inégales largeurs et longueurs, répondant à des fonctions bien précises lors de sa construction : la nef majeure, plus large, accueillait le choeur liturgique avec les stalles des chanoines, ouvrant sur le sanctuaire et l'autel majeur dans l'abside ; le petit vaisseau, au nord, était la nef de paroisse. Un déambulatoire autour du sanctuaire permettait d'en faire le tour et d'accéder à la chapelle de la Vierge par le pan oriental de l'abside. Ainsi, la compartimentation de l'espace mise en place par la réforme grégorienne était pleinement appliquée à Lombez. Il semblerait que la chevauchée du Prince Noir, dans le troisième quart du 14e siècle, ait quelque peu touché la cathédrale, qui, par contre, ne parut pas souffrir d'importants dégâts lors des Guerres de religion du 16e siècle. Dans les deux cas, les données historiques restent insuffisantes pour donner une véritable conclusion sur le sujet. Au 17e siècle, le mobilier de la cathédrale fut renouvelé, mais les dispositions médiévales furent conservées. Au 18e siècle, l'avant-dernier évêque, Fénelon (1771-1787), ou son prédécesseur Cerisy (1751-1771) bouleversèrent l'aménagement intérieur de la cathédrale pour l'adapter aux préceptes tridentins qui se généralisaient alors. La consécration de la cathédrale n'eut lieu qu'en 1770, aucune preuve d'une consécration antérieure n'ayant pu être trouvée. Vers la même date, le sol de l'église fut rehaussé pour atténuer l'humidité intérieure due à la proximité du canal et de la rivière. En 1790, l'Assemblée constituante supprima de nombreux évêchés, dont celui de Lombez qui fut rattaché au diocèse d'Auch. Le chapitre de chanoines cessa d'exister mais l'église conserve encore le titre honorifique de cathédrale. Alexandre Chauvigny de Blot (1787-1790), le dernier évêque de Lombez, refusa d'abandonner sa charge épiscopale mais fut contraint de s'exiler à Londres où il finit ses jours en 1805. Aux 19e et 20e siècles furent effectuées de nombreuses restaurations dans la cathédrale : en 1875, les voûtes et les piliers des nefs étaient réparées ; les boiseries du choeur et de l'orgue étaient vernies, tandis que les nervures, les clefs de voûte et les arcs doubleaux recevaient une décoration peinte. En 1880, l'orgue et les verrières bénéficièrent d'une restauration importante. Le cimentage du sol des nefs et des chapelles fut effectué en 1893 par le curé Saint-Ange. Les verrières furent à nouveau restaurées, par les Beaux-arts cette fois, en 1954 ; trois ans après, le toit des sacristies fut réparé. En 1960, les Beaux-arts restaurèrent la façade sud de la cathédrale, puis dégagèrent le sol d'origine du clocher et installèrent un parquet au premier étage en 1970.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Brique ; pierre

Matériaux de la couverture

Tuile

Typologie de plan

Plan allongé

Description de l'élévation intérieure

2 vaisseaux

Typologie du couvrement

Voûte d'ogives

Partie d'élévation extérieure

Élévation à travées

Typologie de couverture

Toit à deux pans

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

La cathédrale de Lombez est un édifice gothique en briques qui mesure 47 mètres de long, 21,50 mètres de large (en incluant la largeur des chapelles) et 16,50 mètres de haut. Il se compose de deux vaisseaux d'inégales largeurs, longs de 4 travées et terminés chacun par un chevet polygonal précédé, pour le vaisseau principal, par une travée de choeur. Les deux vaisseaux sont séparés par trois piliers circulaires dont la base octogonale est aujourd'hui masquée par la surélévation du sol. L'édifice est orienté. Le baptistère, surélevé en clocher, flanque à l'ouest la nef secondaire. Au nord et au sud, des chapelles voûtées d'ogives quadripartites s'ouvrent sur les travées des deux nefs. La façade occidentale ouvre sur un avant-corps plus étroit que le reste de l'édifice, formé d'une travée légèrement oblongue voûtée sur croisée d'ogives quadripartites, suivie d'un espace étroit voûté en berceau brisé sur doubleaux. Elle est flanquée au sud par une chapelle voûtée et ouvre au nord sur l'espace des fonts baptismaux, installé à la base du clocher de plan carré à angle abattu. Le vaisseau principal, sur lequel ouvre l'avant-corps, est composé de quatre travées barlongues d'inégales dimensions voûtées d'ogives quadripartites sur doubleaux épais. La retombée des ogives et des doubleaux se fait au sud sur des supports semi-cylindriques et au nord sur des piliers cylindriques à l'exception de l'angle nord-ouest où deux culots sculptés reçoivent la retombée des voûtes. Au sud, chaque travée compte une chapelle latérale aménagée entre les contreforts. La chapelle occidentale est moins profonde que les trois autres tandis qu'un passage est aménagé dans la chapelle la plus orientale. Le vaisseau secondaire, plus étroit, est au nord. Il compte également quatre travées de largeur inégale : la première à l'ouest est carrée, tandis que les trois autres sont barlongues. Toutes sont voûtées d'ogives quadripartites sur doubleaux à trois rouleaux. Les ogives et les doubleaux s'appuient au sud sur les piliers cylindriques séparant les deux vaisseaux. Ils sont réceptionnés contre l'élévation nord par un faisceau de trois dosserets engagés. Ce vaisseau ouvre au nord sur quatre chapelles de même largeur que les travées correspondantes et percées d'une baie. A l'est, le chevet du vaisseau principal est composé d'une travée droite voûtée d'ogives quadripartites sur doubleaux, et d'une abside à cinq pans coupés voûtée d'ogives, renforcée à l'extérieur par quatre contreforts. Le vaisseau secondaire ouvre directement sur une abside à cinq pans coupés - inégaux - voûtée d'ogives et qui flanque au nord la travée droite de la nef majeure. Elle est renforcée à l'extérieur par deux contreforts au nord-est. L'espace des fonts baptismaux, de plan octogonal, est voûté d'ogives. Toutefois, le plafond de bois, installé en 1960, empêche d'observer les dispositions originales de la pièce. Un mélange de briques et de pierre caractérise l'élévation de cet espace. Deux fenêtres en plein-cintre sont percées dans le mur ouest et le pan coupé au nord-ouest. L'accès aux niveaux supérieurs du clocher se fait par un escalier en vis au nord-est. L'élévation de la nef ne compte que deux niveaux. Dans la travée de l'avant-corps, la grande arcade ouvrant sur la chapelle latérale au sud est surmontée d'un oculus placé directement sous la voûte. Dans le vaisseau principal, les grandes arcades ouvrant sur les chapelles latérales sont surmontées de fenêtres hautes s'élevant jusqu'aux arcs formerets. Entre les chapelles, les piliers engagés supportant la retombée des ogives et des arcs doubleaux sont ornés de chapiteaux étroits et très peu saillants. Des chapiteaux polygonaux surmontent les piliers séparant les deux vaisseaux. Dans le vaisseau secondaire, les arcades ouvrant sur les chapelles latérales au nord sont surmontées d'une grande surface murale puis d'un oculus ouvert directement sous la voûte. Les dosserets supportant la retombée des ogives au nord sont ornés de petits chapiteaux au niveau des sommets des grandes arcades. Dans l'angle nord-ouest de la première travée, la nervure d'ogives repose sur une colonnette engagée surmontée d'un chapiteau. Dans les chapelles, la retombée des nervures d'ogives et du doubleau se fait sur des culs-de-lampe, au nord comme au sud, à l'exception de la chapelle occidentale. La travée droite du choeur du vaisseau principal était à l'origine percée d'une fenêtre haute au nord, mais cette dernière est désormais murée. Les ogives de cette travée retombent à l'ouest sur les piles engagées cylindriques de la nef et à l'est, sur des colonnes engagées sur dosserets. Le même type de support reçoit la retombée des nervures de l'abside. Chaque pan est percé d'une lancette avec vitraux. Les nervures de l'abside du vaisseau secondaire reposent sur des culs-de-lampe. Les pans nord et est de l'abside sont percés de baies ornées de vitraux. La façade occidentale, en brique, est divisée en deux niveaux d'élévation par un cordon de pierre qui s'étire à mi-hauteur sur toute la largeur de la façade. Il se poursuit sur le pan coupé du clocher et au nord, sur la partie occidentale de l'élévation. Le portail en pierre très simple est formé de portes jumelées séparées par un trumeau sur lequel est adossée une colonne à chapiteau. Le tympan est nu. Les quatre rouleaux de la voussure en arc brisé sont réceptionnés de chaque côté de l'ébrasement par quatre colonnettes. Le portail est couronné d'un gâble en pierre, décoré de crosses végétales, qui interrompt le cordon ; il est flanqué de deux niches en pierre à arc trilobé et gâble. Un contrefort saillant renforce l'angle sud-est de l'édifice. La maçonnerie de brique intègre deux assises de pierres taillées sont surmontées d'une baie en plein-cintre en pierre. Une rose aujourd'hui murée surmonte le portail. A gauche, deux baies sont percées l'une au-dessus de l'autre, dans l'alignement de celle du premier niveau. Le clocher octogonal est haut de 41 mètres ; il est formé de cinq niveaux légèrement en retrait les uns par rapport aux autres. Chaque face est percée de baies géminées séparées par une fine colonnette située aux angles. Les baies du niveau inférieur sont couvertes d'arcs cintrés ; les baies géminées des quatre autres niveaux sont en mitre. Au sommet, un toit relativement plat couronne l'ensemble. Les façades nord et sud sont scandées de contreforts entre lesquels s'ouvrent les fenêtres hautes, au sud, et les oculi, au nord. Les contreforts sont reliés entre eux par des étrésillons au-dessus desquels se place le chemin de ronde éclairé par de petites baies en plein cintre. Le chevet présente le même schéma. La toiture est commune aux deux absides.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture ; vitrail (étudié dans la base Palissy)

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

1846 : classé MH

Précision sur la protection de l'édifice

Église ; clocher

Référence aux objets conservés

IM32000501 ; IM32000503 ; IM32000538 ; IM32000541 ; IM32005142 ; IM32005151 ; IM32000506 ; IM32000593

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Affectataire de l'édifice

Cathédrale (place de la)

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2011

Date de rédaction de la notice

2011

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Omere Sophie ; Ollier Noémie

Cadre de l'étude

Dossier ponctuel

Typologie du dossier

Sous-dossier

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional Occitanie - Direction de la Culture et du Patrimoine - Service Connaissance et Inventaire des Patrimoines 22, bd Maréchal Juin 31406 Toulouse cedex 9 - Espace Capdeville, 417 Rue Samuel Morse, 34000 Montpellier - 05.61.39.62.47