Phare du Cap Fréhel (Etablissement de signalisation maritime n° 547/000)

Désignation

Dénomination

phare

Titre courant

Phare du Cap Fréhel (Etablissement de signalisation maritime n° 547/000)

Localisation

Localisation

Bretagne 22 Fréhel

Aire d'étude

Subdivision de Lézardrieux

Lieu-dit

sur le cap Frehel

Milieu d'implantation

isolé

Parties non étud

jardin, logement, abri

Historique

Datation des campagnes principales de construction

1er quart 18e siècle, 2e quart 19e siècle, 3e quart 20e siècle

Datation en années

1701, 1845, 1946

Commentaire historique

(trop long) ur de Cordouan à l'embouchure de la Gironde et allumé le 25 juillet 1823. La taille et le montage de ces anneaux de cristal demandaient beaucoup de dextérité et de précision que peu d'opticiens français étaient capables d'offrir si bien que leur adoption définitive demanda un certain temps. La substitution pour le phare du cap Fréhel fut envisagée dès 1840 car la vieille tour présentait de nombreux défauts d'isolation. Le 22 août 1842 le sous-secrétaire des Travaux Publics Legrand demandait la préparation d'un avant-projet pour la reconstruction de la tour suivant un programme précis. L'ingénieur en chef Méquin et l'ingénieur ordinaire Boucher soumettait à la Commission des Phares leur projet pour un total des dépenses de l'ordre de 45 000 francs tout en concluant que les anciens bâtiments étaient "dans un état de vétusté et de délabrement qui les rendaient inhabitables" et que dans ces conditions il convenait de construire un nouveau bâtiment. Le 19 décembre 1842 leur était communiqué le type définitif remanié par Léonce Reynaud, ingénieur en chef au Service des Phares et secrétaire de la Commission des Phares ; il comprenait une tour octogonale en pierres de taille, de 22 mètres de hauteur et de 3 m 40 de diamètre, et des logements de gardiens sur les côtés, pour un montant estimé à 57 500 francs. Approuvé par décision ministérielle le 17 septembre 1844 les entrepreneurs Ramard et Mercier remportèrent l'adjudication et les travaux s'effectuèrent de 1845 à 1847. Pour de multiples raisons dont l'éloignement et l'isolement des lieux les dépenses s'accrurent pour atteindre finalement 69 336 francs sans compter les dépenses faites pour la lanterne et l'appareil d'éclairage complet. Le nouveau feu alimenté à l'huile de colza fut inauguré le premier mai 1847 ; il s'agissait d'un appareil lenticulaire de premier ordre de 92 centimètres de distance focale composé de 16 demi-lentilles qui tournant fournissaient un éclats toutes les trente secondes et dont la portée atteignait les 25 milles ; l'appareil optique avait été fabriqué par la maison Létourneau et la machine de rotation provenait de la maison Henri-Lepaute, toutes les deux situées à Paris. Afin d'en faciliter l'accès le ministère des Travaux Publics approuva en 1851 le projet de construction d'une route entre le phare et la voirie communale car auparavant seule existait une voie non carrossables en très mauvais état. En 1860 la commune de Plévenon vendait 60 francs une parcelle de 50 ares au service de la Marine pour la construction du poste électro-sémaphorique. En juin 1874, au phare on abandonnait l'huile de colza pour un nouveau combustible jugé plus efficace et surtout moins onéreux, le pétrole. Le Service des Phares en profita aussi pour installer une lampe à cinq mèches concentriques plus performante. Cependant la grande affaire de cette fin du XIXème siècle restait l'électrification des feux d'atterrissage les plus importants des côtes de France. Charles de Freycinet, ministre des Travaux Publics du 13 décembre 1877 au 28 décembre 1879, proposa un vaste plan d'équipement afin de soutenir les moyens de transport de la France, améliorer les ports maritimes et moderniser leur outillage. Les dépenses prévues s'élevaient à six milliards de francs environ et concernaient pour un milliard et demi les rivières, les canaux et les ports. Les vues du ministre permirent la préparation d'un projet grandiose en ce qui concernait la signalisation maritime, le programme général d'électrification des phares de premier ordre lequel préconisait la transformation de 46 phares avec des appareil électriques afin de couvrir le littoral de notre pays de manière à protéger ses abords par une ceinture lumineuse de grande intensité. Depuis 1860 le Service des Phares procédait à de multiples expériences en ce domaine lesquelles débouchèrent sur l'allumage le premier septembre 1863 du premier phare électrique français à la tour Sud des phares de la Hève, puis en 1869 au phare de Gris-Nez mais il n'était alors question de substitution complète. La loi du 3 avril organisait ce vaste et très ambitieux chantier et mettait à la disposition des ingénieurs une somme globale de 6 millions de francs. D'après le programme le département des Côtes-du-Nord devait se charger de la modification de trois feux, celui de Fréhel et ceux des Héaux-de-Bréhat et des Sept-Iles. Immédiatement l'ingénieur en chef du département Lasné et l'ingénieur ordinaire Guillemoto étudièrent les avant-projets nécessaires pour définir les lieux d'implantation et les moyens à mettre en ouvre. L'introduction de l'éclairage électrique dans un phare exigeait d'une part la fourniture d'un appareil optique adapté, de machines électriques pour alimenter les charbons et de machines à vapeur pour entraîner les dynamos et d'autre part la construction de bâtiments pour recevoir ces machines et abriter le personnel plus nombreux. Pour le phare du cap Fréhel la question ne se posait pas ; la tour de 35 ans présentait une hauteur suffisante et toutes les qualités de solidité requises par contre il convenait de construire de nouveaux locaux. Le 5 novembre 1883 une décision ministérielle approuvait l'avant-projet et acceptait la somme de 76 500 francs avancée pour la réalisation des travaux. cette estimation supposait d'ailleurs, comme il était d'usage, que les appareils optiques, les machines à vapeur, la magéto et le signal sonore seraient fournis par le Service Central des Phares. Le bâtiment de la trompette à vapeur devait être installé à l'extrémité de la falaise du cap, en avant du sémaphore. Les entrepreneurs Lecerf et Merdrignac furent déclarés adjudicataires moyennant un rabais de 12% et les travaux furent réalisés entre 1884 et 1886 sous la direction de l'ingénieur ordinaire Guillemoto. Une fois les bâtiments achevés on attendit les appareils et machines mais ils ne parvinrent pas et la lumière électrique ne devait pas briller de sitôt au phare. Une décision ministérielle du 23 juillet 1886 arrêta l'ordre de priorité des feux électriques de grand atterrissage qui seuls dans un premier temps devaient être équipés immédiatement : le Créac'h d'Ouessant allumé le 4 novembre 1888, Goulfar à Belle-Ile allumé le 5 janvier 1890, Barfleur allumé le 17 janvier 1893, Penmarc'h (Eckmühl) allumé le 17 octobre 1897, Cordouan abandonné au bénéfice du phare de la Coubre, et la grande Foule à l'île d'Yeu allumé le 24 mars 1895. Cette décision prescrivait d'autre part "d'attendre avant de compléter l'éclairage des côtes de France, ..., les résultats que fournira l'expérience des feux susdits lesquels sont les plus urgents". Le choix d'un éclairage plus modeste permettait de proportionner les dépenses aux buts à atteindre mais l'ajournement de l'éclairage électrique décidé dans une trentaine de phares entraîna l'abandon des locaux flambant neufs et pas seulement à Fréhel. Le feu de premier ordre à éclats toutes les trente secondes continua donc de fonctionner servi par trois gardiens qui occupaient le seul bâtiment central construit en 1845. En 1903 le service des phares décida la modernisation de l'appareil optique jugé désuet et démonta les 16 demi-lentilles de 1847 pour les remplacer par une optique lenticulaire de second ordre (70 centimètres de distance focale) effectuant sa rotation sur une cuve de mercure et produisant deux éclats blancs toutes les 10 secondes, caractéristiques conservées jusqu'à nos jours. La lampe à mèches concentriques fut délaissée au profit d'un éclairage plus efficace fourni par un brûleur à incandescence par le pétrole. Pendant le Première Guerre mondiale le site fut occupé par des artilleurs et trois canons de 90. Lieu stratégique, les Allemands l'occupèrent aussi dès 1940 et ce durant toute la Seconde Guerre mondiale ; ils fortifièrent d'ailleurs l'ensemble du cap et utilisèrent la tour du phare comme poste d'observation. Les gardiens restèrent sur place dans un p remier temps, afin d'allumer le feu à la demande des troupes occupantes, mais leur présence fut considérée comme gênante et ils durent évacuer le site. Le 11 août 1944 les Allemands, avant leur reddition, dynamitaient la tour dont il ne restait plus rien à la Libération. Le service des phares décida alors d'utiliser la vieille tour construite par Garengeau en 1702 pour y installer le 20 juin 1945 un feu provisoire en attendant la reconstruction d'un nouvel édifice. Le projet est présenté le premier juillet 1946 et approuvé par DM du 17 juillet 1946. La construction du phare commence en décembre 1946 selon les plans de l'architecte malouin Yves Hémar et sous la direction de Pénignel, entrepreneur dinanais ; le feu fut allumé le premier juillet 1950 au sommet d'une tour carrée en maçonnerie de moellons et de pierre de taille de granit des carrières des Sables d'Or, corps de logis de part et d'autre.

Description

Vaisseau et étage

étage de soubassement

Commentaire description

- Description architecturale : 1er phare : Taille générale : 15 m. Description : Tour cylindro-conique accolée à une tourelle demi-cylindrique en pierre maçonnée. 2e phare : Taille générale : 22 m. Description : Tour octogonale en maçonnerie de pierre de taille centrée à la façade d'un bâtiment rectangulaire en maçonnerie de pierre de 2 niveaux de logements et magasins. Chaînes d'angle en pierre de taille. Toiture. Fût du phare avec succession de moulures et astragale. Rambarde métallique. Abri central formant murette portant une lanterne métallique à facettes vitrées. Soubassement en pierre de taille. Jardins, bâtiments annexes, magasins. 3e phare : Hauteur au dessus de la mer : 67, 70 m. Taille générale : 32, 85 m. Hauteur de la focale : 30 m. Description : Tour carrée en maçonnerie apparente de pierre à gros grain avec soubassement en granit centrée à un bâtiment en forme de U. Terrain 36 181 m2. - Description technique : A partir de 1702 : éclairage au charbon d'abord à l'air libre. 1er phare : 1774 -réverbères sphériques Tourtille-Sangrain à 60 becs sur 3 rangs superposés. 1821 - réverbères à 8 réflecteurs paraboliques, un éclat long toutes les 135 secondes. Bordier-Marcet. 2ème phare : 01 mai 1847 : feu de premier ordre à éclats longs blancs toutes les 30 secondes Fabricant : SOLEIL 16 demi/lentilles. 15 juin 1903 : feu à 2 éclats blancs toutes les 10 secondes. Focale de 0, 70 m. 4 panneaux au 1/4 . 3ème phare : 1950 : 2 éclats blancs groupés toutes les 10 secondes. Focale 0, 50 m. Cuve à mercure : 1903-1950 BBT. Combustibles ; Huile végétale : 1774. Huile minérale : vers 1875. Vapeur pétrole : 1903. Electrification : 1950. - Etat actuel : Optique tournante BBT à 2 éclats groupés 4 panneaux, focale 0, 50 m sur cuve à mercure type "pissotière" BBT. Feu blanc à 2 éclats groupés 10 secondes. Portée 29 milles. Lampe halo 1000w sur ancien support de brûleur à vapeur de pétrole. Lanterne Ø 3, 2 m BBT métal de 1950 à vitrage Ø à deux niveaux et murette métallique. Coupole à ventilateurs.

Etat de conservation

bon état

Protection

Intérêt de l'oeuvre

à signaler

Statut juridique

Statut de la propriété

propriété de l'Etat

Références documentaires

Date d'enquête

2001

Crédits

© Ministère de l'équipement, Bureau des phares et balises, © Ministère de la culture, Inventaire général

Date de rédaction de la notice

2002

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Dreyer Francis, Fichou Jean-Christophe

Cadre de l'étude

inventaire des phares

Dossier

dossier individuel

Visite guidé

VISMER-PHARES-REYNAUD ; VISMER-PHARES-MEQUIN ; VISMER-PHARES-GARENGEAU ; VISMER-PHARES-ARCHI ; VISMER-PHARES-FORME-CARRE ; VISMER-PHARES-LOCA-TERRE ; VISMER-PHARES-PROT-REMA