Rue Impériale, puis rue de la République

Désignation

Dénomination de l'édifice

Rue

Appelation d'usage

Rue Impériale ; rue de la République

Titre courant

Rue Impériale, puis rue de la République

Localisation

Localisation

Provence-Alpes-Côte d'Azur 13 Marseille 2e arrondissement

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Euroméditerranée

Lieu-dit

Grands Carmes (les)

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Partie constituante non étudiée

Îlot, place, immeuble

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

3e quart 19e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

1er quart 20e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1861, 1866, 1907

Commentaires concernant la datation

Daté par travaux historiques, porte la date, daté par source

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par travaux historiques, signature

Personnalités liées à l'histoire de l'édifice

Mirès Jules (promoteur), Pereire Emile (promoteur), Honnorat Jean-François (commanditaire), Rouvière Balthazar (commanditaire)

Description historique

Le nouveau port de la Joliette est achevé en 1853 et de nouveaux quartiers d'habitations y sont édifiés par le financier Jules Mirès à partir de 1856. La communication entre ces nouveaux aménagements, le Vieux Port et le centre de la ville est rendue très difficile par l'obstacle que constitue la ville médiévale sur ses collines. Un projet, d'inspiration autant hygiéniste que spéculative, proposé par Mirès en mai 1858, envisage de la raser entièrement et de niveler le terrain afin d'y édifier une nouvelle ville. A la demande du maire Jean-François Honnorat, Auguste Gassend, responsable de la voirie et des travaux publics de la ville et l'ingénieur Etienne Delestrac proposent un autre plan plus prudent mettant l'accent sur l'ouverture d'un grand axe de liaison du Vieux Port à la Joliette. Le projet est accepté par l'empereur lors de son voyage à Marseille en septembre 1860. L'Etat accorde une subvention du tiers du budget prévisionnel. Un nouveau plan de Gassend est accepté par la Préfecture en mars 1861. Gassend rédige le cahier des charges prévoyant le tracé, les îlots à démolir et le nouveau parcellaire. Les expropriations ont lieu de juillet 1861 à janvier 1862. Elles touchent 16 000 personnes qui vivaient dans les 935 maisons à démolir. Compte tenu des difficultés de financement, le maire Balthazar Rouvière vend, en août 1862, à la Compagnie Immobilière du financier Emile Pereire, tous les terrains en bordure de la future rue et des rues adjacentes. Les travaux débutent en septembre 1862. Outre la destruction des maisons, ils nécessitent d'énormes travaux de terrassement, dont une tranchée de 20 mètres de profondeur sur une largeur de 60 mètres, au niveau de la place Centrale (actuellement Sadi-Carnot) , pour franchir l'obstacle de la butte des Carmes. L'inauguration de la rue a lieu le 15 août 1864. Pereire cède des segments de rue à des entrepreneurs et à des architectes qui suivent le cahier des charges fixé par la Compagnie Immobilière et réalisent les immeubles de 1862 à 1866. Parmi ceux-ci, l'architecte lyonnais Louis Ponthieu, et les architectes Hilaire Curtil et Eric Buyron. Mais les ventes se font mal car le parc de logements construits alors à Marseille est trop important par rapport à ce que la demande peut absorber. Par ailleurs, l'un des objectif était de rééquilibrer le développement urbain en ramenant la bourgeoisie au centre de la ville. Mais la rue Impériale, malgré de prestigieuses façades, ne pouvait rivaliser avec les quartiers sud et est, car les immeubles n'ont ici ni jardins, ni cours intérieures ou écuries pour les chevaux. La Compagnie Immobilière est mise en liquidation en 1872. La Société Immobilière Marseillaise (SIM) est créée en 1878 pour gérer la quasi-totalité des logements alors mis en location. Ils seront habités par une population liée à l'activité portuaire : navigateurs, travailleurs qualifiés du port et des compagnies maritimes... La SIM restera le bailleur pendant plus d'un siècle. En 2001, une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat est décidée sous l'égide d'Euroméditerranée. On a alors affaire à un parc de logements très dégradé où aucuns travaux de mise aux normes n'a été effectué par le bailleur. De nombreux appartements sont vacants, parfois depuis plus de 20 ans, délabrés ou squattés. Depuis 2004, l'opération de rénovation associe acteurs publics et promoteurs privés. Si quelques logements sociaux locatifs sont prévus, la majorité de l'opération consiste en une réhabilitation en vue de la vente à une classe moyenne aisée.

Description

Commentaire descriptif de l'édifice

La rue de la République s'étend sur 1 100 mètres, dans une direction sud-est nord-ouest, du quai des Belges jusqu'à la place de la Joliette. Sa largeur est d'environ 22 mètres. Dans sa partie sud, elle recoupe deux voies qui subsistent de l'ancien tracé, la rue de la Coutellerie et la Grand Rue. Le point culminant est marqué par la place Sadi-Carnot d'où partent six voies en étoile. Deux d'entre elles ne sont que des amorces qui viennent butter sur les murs de soutènement que l'on a du édifier lors du creusement de la tranchée de la butte des Carmes. A partir de la place Sadi-Carnot, le tissu urbain est totalement remanié. La rue de la République recoupe alors le boulevard des Dames, autre grand axe, créé pour mettre en relation la porte d'Aix (Référence IA13000807) et la Joliette. La rue est bordée par 20 îlots d'immeubles comportant fréquemment des commerces au rez-de-chaussée. Leur forme est allongée ou triangulaire en fonction des intersections. Dans les îlots allongés, on peut avoir une seule rangée de parcelles traversantes ou une double rangée de parcelles. La densité d'occupation de la parcelle est toujours forte. Les seuls espaces libres sont d'étroites cours axiales communes (formant parfois des passages) ou multiples complétées par des puits de jour. Les immeubles s'élèvent sur 5 ou 6 étages. L'impression d'ensemble est celle d'une grande régularité et d'une homogénéité de la rue où dominent les horizontales. En effet, les prescriptions d'Auguste Gassend imposaient des bordures de toits au même niveau sur tout un îlot, malgré la pente rachetée en jouant sur la hauteur des niveaux inférieurs. L'immeuble s'efface au profit de l'îlot. L'impression d'horizontalité est donnée par les balcons filants et les bandeaux entre les étages.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture, ferronnerie

Description littéraire de l'iconographie

Les immeubles présentent un abondant décor sculpté éclectique.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété publique

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2009

Date de rédaction de la notice

2009

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Négrel Geneviève

Cadre de l'étude

Opération d'urgence

Typologie du dossier

Dossier avec sous-dossier

Adresse du dossier Inventaire

Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Direction Culture et Patrimoine - Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel Grand Horizon, 11-13 boulevard de Dunkerque, 13002 Marseille - 04 88 10 76 66