Village de Senez

Désignation

Dénomination de l'édifice

Village

Titre courant

Village de Senez

Localisation

Localisation

Provence-Alpes-Côte d'Azur ; Alpes-de-Haute-Provence (04) ; Senez

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var

Canton

Barrême

Références cadastrales

1811 E, 1982 E

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Auteur de l'édifice

maître d'oeuvre inconnu

Description historique

Senez et ses alentours restent une énigme à l'époque préromaine, faute de sources écrites et archéologiques. Durant le Haut Empire, Senez devint chef-lieu de cité, puis, dès le 6e siècle au moins, cité épiscopale : son premier évêque connu, Marcellus, participa au concile d'Agde, en 506. Malgré ces témoignages historiques, force est de constater l'extrême rareté des vestiges archéologiques de la période gallo-romaine en lieu et place de l'actuelle agglomération, alors même que le territoire sénézien est plus riche dans ce domaine : quelques monnaies antiques contre des traces tangibles d'occupation, telles que tuiles, céramiques, dépôts monétaires mais aussi bornes milliaires jalonnant la route Vence-Sisteron, datant des 3e et 4e siècles. Entre le moyen âge (9e siècle) et le seuil de l'époque moderne (18e siècle) l'éperon dominant au nord le village actuel a servi de site pour l'ancien château fort habité par les évêques jusqu'à la décision de Mgr de Vocance, vers 1750, de faire édifier un nouveau palais plus proche de la cathédrale, avant que ne soit décidée la destruction de l'ancien, en 1775. On peut encore observer aujourd'hui les modestes restes d'un des murs du château monté en moellons calcaire. Le site a manifestement été très érodé, phénomène que la médiocre qualité du minéral a accéléré, ne permettant pas de se rendre compte précisément de son étendue aux époques médiévale et moins encore bas-antique. Quelques vestiges de murs d'habitations continuent d'accrocher le soc de la charrue en dessous de la ferme de la Coulète, laquelle dépendait directement des évêques, au pied de la Roche. L'habitat est progressivement descendu de l'éminence pour s'installer dans la plaine. La présence tardive du château des évêques au milieu du 18e siècle – on distingue encore la rampe d'accès ainsi que quelques marches creusées dans le grès – laisse penser qu'à cette date cette construction seule occupait l'éperon, quand le reste de l'habitat avait opéré un rapprochement autour de la cathédrale – ce qu'atteste l'ancienneté de certaines maisons dans le village actuel. Malgré des tentatives de rattachement à Vence et à Castellane, l'évêché – le plus petit et le plus pauvre de France – garda son autonomie jusqu'à la Révolution, et l'évêque partagea sa juridiction avec les dynasties locales successives : celle des Pontevès (aux 15e-16e siècles) puis celle des Gautier (16e-18e siècles). Les troubles du 16e siècle, notamment ceux suscités par les guerres de religion, entraînèrent ravages, pillages et profanation. Senez fut donc meurtrie à de nombreuses reprises au cours de l'histoire. Plus du tiers de son bâti a été ruiné par les crues successives et conjuguées de l'Asse de Blieux et de la Bonde. Toute la zone bordant l'Asse, autrefois construite, laisse place à des jardins potagers et autres champs en friche. Il est donc impossible de se faire aujourd'hui une idée objective réelle du tissu urbain villageois tel qu'il était encore au début du siècle précédent. Le cadastre levé en 1811 en revanche révèle l'étendue de l'emprise au sol du bâti. Dans la seconde moitié du 19e siècle la cité devint un petit centre administratif comprenant une poste (1853) ainsi qu'une gendarmerie qui fonctionna entre 1852 et 1920. On dénombrait 120 feux en 1278 soit environ 600 habitants dans le village. Après la crise démographique et le phénomène général de désertion des villages aux 14e et dans la première moitié du 15e siècle, le repeuplement intervint à partir de la seconde moitié du 15e siècle et se poursuit au siècle suivant. Une visite effectuée le 28 janvier 1729 fait état de 142 chefs de familles (soit environ 710 personnes) et 100 maisons . Les matrices cadastrales en 1813 font état d'une population de 813 habitants. Le maximum est atteint en 1831, avec 913 habitants, avant un rapide reflux qui s'accéléra dans la seconde moitié du siècle : 857 habitants en 1861, 575 en 1884, 488 en 1901, 253 en 1939, 121 en 1990. La tendance, actuellement, semb le doucement s'inverser : le recensement de la population en 1999 dénombrait 144 habitants, 175 en 2004. Les activités agricoles basées sur la polyculture (céréales et notamment la prune, très réputée) et un peu d'élevage ovin ont périclité. On dénombre dans le village deux moulins à eau et à farine, une distillerie liée à la culture de la lavande au début du 20e siècle ainsi qu'une ancienne draperie.

Description

Commentaire descriptif de l'édifice

Le site historique du village se situe très vraisemblablement sur l'éminence rocheuse en grès friable, communément appelée « la Roche ». L'emprise du village, sur terrain plat d'une altitude de 777 m., prend place entre cette barre rocheuse au nord et une autre au sud (les Clots), culminant respectivement à 871 et 820 m. d'altitude environ. La bordure de la rivière a façonnée une plaine à l'est (les Aires), qui s'étend sur une mince frange au sud. Au sud-ouest, une plaine en légère déclivité s'étend sur environ 250 m. avant de rencontrer le relief de la Fraissie, aujourd'hui entièrement boisé, culminant à environ 900 m. d'altitude. Le village se situe à 5 km. de Barrême, à 19 de Castellane et à 34 de Digne. Senez présente au début du 19e siècle en son centre une configuration en village-tas organisé en îlots peu denses selon un double axe nord-est/sud-ouest (Asse/ancienne cathédrale) et nord-ouest/sud-est (ravin de la Bonde/plan des Aires). La disposition générale a beaucoup varié depuis. Elle traduit avant tout un dépérissement notable perceptible dans la chute démographique à partir du second tiers du 19e siècle, entraînant un abandon de nombreuses parcelles bâties, auxquelles il faut ajouter les destructions provoquées par les inondations répétées, en direction de l'Asse à l'est. La disposition générale des îlots se perçoit encore, mais de façon ténue. On observe un phénomène de restructuration de certaines parcelles (par fusion, englobement ou redécoupage interne) ainsi que des constructions postérieures au cadastre ancien, certaines récentes (dernier quart 20e siècle), qui témoignent de l'évolution du bâti. Evolution profonde qui se laisse percevoir depuis 1811, révélant l'émiettement du parcellaire bâti. Le cadastre ancien faisait état de 146 parcelles bâties ; 175 ans plus tard, il n'en reste plus que 48, occupant l'emprise au sol des îlots de 1811, hangars et entrepôts agricoles compris. 16 ont été ajoutées dans le périmètre immédiat dont l'école, édifiée en 1902 (dossier IA04001265). Le bourg a perdu en chiffres absolus plus du quart de son bâti – ce sont les parcelles détruites des îlots nord-est – et il subsiste moins du tiers du parcellaire bâti sur l'emprise au sol de 1811. En chiffres absolus, le bourg compte actuellement 64 parcelles bâties. En périphérie du village, on trouve le palais épiscopal, relié à l'ancienne cathédrale par une route qui franchit la Bonde (dossier IA041200). L'habitat semi dispersé se déploie le long de ce cours d'eau vers le sud-ouest dans le quartier du Grand Pré et des Féraïs, au nord, au pied de la Roche, domine la ferme de la Coulète (IA04001205) qui dépendait directement des évêques. Mais si ces zones appartiennent encore administrativement au village, elles ressortissent d'une autre logique fonctionnelle, toute entière tournée vers les activités agricoles. Le lotissement pavillonnaire des Clots a été aménagé dans le courant des années 1960. D'autres constructions récentes émaillent la zone.

Protection

Référence aux objets conservés

IM04001603

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune,propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2008

Date de rédaction de la notice

2008

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Mosseron Maxence

Cadre de l'étude

Inventaire topographique

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Direction Culture et Patrimoine - Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel Grand Horizon, 11-13 boulevard de Dunkerque, 13002 Marseille - 04 88 10 76 66