Demeure d'industriel, dite château de la Navette à Flixecourt

Désignation

Dénomination de l'édifice

Demeure

Genre du destinataire

D'industriel

Appelation d'usage

Château de la Navette

Titre courant

Demeure d'industriel, dite château de la Navette à Flixecourt

Localisation

Localisation

Hauts-de-France ; Somme (80) ; Flixecourt ; C.D. 112

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Grand Amiénois

Canton

Picquigny

Adresse de l'édifice

Pierre-Legrand (rue)

Références cadastrales

2013 AC 79 à 94

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Partie constituante non étudiée

Communs, conciergerie, jardin d'agrément, pavillon de jardin, mur de clôture, portail

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

4e quart 19e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1884, 1886, 1910

Commentaires concernant la datation

Daté par travaux historiques, daté par source, porte la date, daté par travaux historiques

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par source, attribution par source, attribution par source, attribution par source, attribution par travaux historiques, signature, attribution par tradition orale

Personnalités liées à l'histoire de l'édifice

Saint Jean-Baptiste, Saint Stéphanie (commanditaire), Saint Pierre (propriétaire)

Description historique

Jean-Baptiste Saint, qui dirige l'ensemble des usines Saint Frères de la Somme entre 1863 et 1880, habite avec sa famille la demeure dite Château rouge, qui appartenait à l'entreprise et servait de logement patronal. Il envisage toutefois de faire construire à Flixecourt une demeure plus conforme à son statut social, pour laquelle l'architecte amiénois Paul Delefortrie donne des projets en 1878, qui ne seront pas menés à bien.Après la mort de l'industriel en 1880, sa veuve, née Stéphanie Zambaux, acquiert de vastes terrains en bordure de la route de L’Étoile. A partir de 1882, elle y fait construire une grande demeure de style éclectique, pour laquelle Delefortrie donne plusieurs projets, dont le plus ample sera le parti choisi, pour un coût de construction estimé à plus de 800 000 francs. Le gros œuvre est achevé en 1884, et la décoration intérieure, particulièrement raffinée, en 1886, date que porte la grille du portail d'entrée. L'identité des maîtres d'oeuvre de ce décor n'est pas connue, mais l'on peut peut-être avancer les noms du sculpteur Alexandre Hesse ou du menuisier Labbé, collaborateurs habituels de l'agence Delefortrie, qui ont notamment travaillé au château d'Havernas entre 1875 et 1882. Les verrières de certaines pièces (grande salle à manger, billard, salle de bains) sont signés du peintre-verrier Joseph Vantillard. Le parc paysager, quant à lui, est attribué par tradition orale au célèbre ingénieur et créateur de jardins parisien Jean-Charles Alphand.Pierre Saint, le fils de Jean-Baptiste et Stéphanie Saint, qui dirige les usines de la Somme à la suite de son père, occupe le château de 1900 à sa mort, en 1943. Si en 1909, il évoque son souhait de redessiner le parc "afin que le château proprement dit n'écrase pas autant la propriété", il abandonne finalement cette idée de jardin à la Française, pour se concentrer sur l'extension du logis en 1910, et surtout sur l'agrandissement considérable du domaine, qui atteint une superficie de 1,70 ha en 1912, entièrement boisée.La propriété appartient aujourd'hui à une branche collatérale de la famille.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Brique, pierre

Matériaux de la couverture

Ardoise

Description de l'élévation intérieure

Sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble

Partie d'élévation extérieure

Élévation ordonnancée

Typologie de couverture

Terrasse toit à longs pans croupe, pignon couvert, toit en pavillon, flèche conique, flèche polygonale

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier intérieur : escalier symétrique, escalier tournant à retours avec jour, cage ouverte, sur voûte, suspendu, escalier intérieur : escalier en vis avec jour, en charpente

Couverts ou découverts du jardin de l'édifice

Bois de jardin ; massif d'arbres ; clairière ornementale ; pelouse

Commentaire descriptif de l'édifice

La demeure occupe un site en forte déclivité bordant au nord la route de L'Étoile, à la sortie ouest du bourg de Flixecourt. Un long mur de clôture en brique avec pilastres, surmonté d'une balustrade de pierre, borde la route. Il est seulement interrompu par deux bahuts surmontés d'une grille, placés entre deux imposants montants de pierre, qui encadrent la demi-lune formée également d'une grille. Au fond de la demi-lune prend place le portail monumenal en fer forgé, dont les dormants latéraux sont surmontés de luminaires, et le couronnement formé d'un médaillon stylisé aux initiales S et Z (Saint et Zambaux) surmontant la date de 1886.Établi au sommet de l'éminence, le logis monumental domine l'ensemble au fond de la perspective ménagée depuis le portail. Il est construit en brique et pierre avec sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, étage carré et comble à surcroît, et couvert de toits d'ardoise avec crêtes et épis de faîtage en métal. La façade principale, précédée d'une terrasse avec large degré et balustrade, est ordonnancée et symétrique. La travée centrale, en léger avant-corps, est très marquée par le jeu de la pierre sur la brique : des pilastres jumelés et cannelés à bossage un sur deux soulignent la composition, comme les chaînes des encadrements de baies ; au large balcon de pierre sur console du premier étage répond le petit balcon concave de l'étage en surcroît où la lucarne, encadrée de bossages et de pilastres semblables aux précédents, est amortie par un fronton courbe brisé et surmontée d'un fronton cintré avec pinacle. Le reste de l'élévation avec trois travées de part et d'autre, est traité plus sobrement avec chaînes harpées, bandeaux, baies à mascaron (rez-de-chaussée) et frontons triangulaires, que l'on retrouve de façon similaire sur les deux pavillons latéraux en avant-corps, à deux travées avec lucarne monumentale. L'avant-corps central ainsi que les deux pavillons sont couverts d'un toit en pavillon. Une élévation comparable se retrouve sur la façade postérieure, mais le léger avant-corps central est remplacé par un avant-corps polygonal à trois pans et à trois niveaux, couvert d'une flèche polygonale, et une tourelle également à trois niveaux, couverte d'une flèche conique, se substitue au pavillon latéral ouest. Le logis se prolonge à l'ouest par une petite aile en rez-de-chaussée plus étroite que le corps de logis, élévé en brique avec bossages de pierre et couvert en terrasse avec balustrade de pierre. Une petite tourelle en pierre sur soubassement de pierre, également couverte en terrasse avec balustrade et largement éclairée par trois baies en plein cintre, assure l'amortissement entre cette aile et le pavillon ouest.L'escalier monumental en pierre se déploie dans la partie ouest du vestibule. Une volée droite centrale mène à un repos, d'où partent les deux montées parallèles de la volée en retour. La rampe est formée d'une balustrade, qui compose un surplomb concave sur console entre les deux montées et se poursuit entre les arcades du couloir qui borde l'escalier au nord pour desservir les pièces du premier étage.

Technique du décor des immeubles par nature

Ferronnerie, menuiserie, peinture, sculpture, vitrail

État de conservation (normalisé)

Mauvais état

Protection

Date et niveau de protection de l'édifice

inscrit MH

Précision sur la protection de l'édifice

Façade et toiture du château ; grille d'honneur ; grand escalier de pierre à balustres avec son plafond peint ; pièces suivantes avec leur décor : hall d'entrée, grand et petit salons, grande et petite salle à manger, salle de billard, chambre, bureau, cuisine au rez-de-chaussée ; salle de bains, chambre de Missié, chambre d'angle, salle de bains adjacente au premier étage ; façade et toiture des écuries (avec leur mur à balustres) et du château d'eau ; mur de soutènement à balustres clôturant le parc le long de la R.D. 12 (parcelles AC 45-47, 49) : inscrit par arrêté du 28 avril 1980.

Intérêt de l'édifice

À signaler

Eléments remarquables dans l'édifice

Escalier

Observations concernant la protection de l'édifice

Importante et riche demeure dans le style éclectique de la fin du 19e siècle, construite par la veuve d'un des frères Saint pour affirmer son appartenance à la famille d'industriels. C'est une des réalisations les plus importantes et les plus abouties de Paul Delefortrie, qui en reprendra le parti, de façon plus modeste, en 1885 au château de la Chapelle-sous-Poix.Parmi les nombreux éléments d'aménagement et de décor, l'escalier monumental en pierre "à l'impériale" forme l'élément central de la distribution. Il se situe dans la tradition de l'escalier conçu en 1780 par Victor Louis pour le Grand Théâtre de Bordeaux, puis repris par Charles Garnier en 1861 à l'Opéra de Paris.Dans le Val de Nièvre, les Delefortrie réalisent également le Château rouge à Flixecourt, le château d'Havernas et plusieurs églises (Havernas, Beauval et probablement Vauchelles-lès-Domart).Ce dossier de repérage du patrimoine industriel établi en 1986 a été mis à jour et enrichi en 2008 dans le cadre de l'inventaire topographique du Val-de-Nièvre.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1985

Date de rédaction de la notice

1986 ; 2008

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Fournier Bertrand, Fournis Frédéric, Dufournier Benoît

Cadre de l'étude

Patrimoine industriel (Somme), inventaire topographique (Val-de-Nièvre)

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional Hauts-de-France - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel 21 mail Albert-Ier 80000 Amiens

château d'industriel
château d'industriel
© Inventaire général, ADAGP
Voir la notice image