Manoir, La Rivière (Javené)

Désignation

Dénomination de l'édifice

Manoir

Titre courant

Manoir, La Rivière (Javené)

Localisation

Localisation

Bretagne ; Ille-et-Vilaine (35) ; Javené

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Pays de Fougères

Canton

Fougères Sud

Lieu-dit

Rivière (la)

Références cadastrales

1965 ZY 27

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Grange

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

4e quart 16e siècle, 4e quart 19e siècle

Description historique

Historique rédigé à partir des recherches menées par Marcel Hodebert Lors de la réalisation du premier cadastre de la commune en 1820, la configuration du lieu était assez différente. Ainsi, les bâtiments formaient-ils une cour fermée. Il existait à l'époque une aile en retour d'équerre au sud-est du logis actuel et il semble qu'il existait une tour, sur cour, à l'intersection des deux corps de bâtiment. De même que le bâtiment qui se trouvait sur le flanc ouest de la cour, aujourd'hui, cette partie des bâtiments a disparu. La partie est, qui abrite actuellement un garage, est probablement un vestige de ce bâtiment.Les éléments architecturaux les plus anciens de ce manoir remontent à la fin du 16e siècle (porte de la façade sud, porte à coussinet intérieure, cheminée et fenêtres à coussièges de l'étage). La seigneurie de la Rivière appartenait aux Guihard en 1541, puis, en 1580, à l'écuyer René Jumelais et Françoise de Couasnon, sa femme. Cette même année, ils vendirent la Rivière à Jean Guérin de la Grasserie pour 4.020 écus. La seigneurie était entre les mains des Baston de Bonnefontaine en 1627. La Rivière entra en possession des Baston, seigneurs de Bonnefontaine, sans doute par héritage des Guérin de la Grasserie, ces deux seigneuries étant sur le territoire de Louvigné du Désert.En 1712, le tuteur des enfants d’Ambroise Baston avait mis judiciairement en adjudication pour un bail à ferme les deux tenues de la Rivière et de la Caillebotière et l’adjudicataire fut un certain Jean Guérin, sieur de la Haye, que l’on dit « marchand ». Ce «fermier» n’exploitait pas personnellement les terres, mais devait les louer à des laboureurs.En 1716, un mémoire fait état de réparations aux couvertures des bâtiments de la Rivière. En 1717, un procès-verbal de la mise en adjudication des héritages d’Ambroise Baston pour ses enfants mineurs est rédigé par François Bachelot, procureur de François Pelet de la Hussonnais. Ce document décrit les biens mis en adjudication. Pour la tenue de la Rivière, cela concerne : « un grand corps de logis contenant plusieurs appartements tant pour la retenue que pour loger les fermiers et faire valoir ledit lieu ; le jardin au devant ; une petite maison en terrassé non doublée, proche le grand chemin ; le champ devant ; autrement le champ de la Hutte avec la châtaigneraie et un petit jardin au proche, contenant ensemble deux journaux environ ; le petit champ derrière contenant un journal ou viron ; le champ de la Chapelle contenant trois journaux ; le Petit Vault-Hodial, deux journaux : le Grand Vault-Hodial, trois journaux ; la Maraubrée, trois journaux ; le Pré d’Enfer, un journal et demy ; le pré dessus le grand chemin, six journaux ; trois petites landes, trois journaux le tout ou viron». Un bail de 1742 passé entre la famille Baston et le sieur Lepaigneul et sa femme, dit que les preneurs de l’exploitation de la Rivière sont « tenus d’acquitter la fondation de la chapelle de Saint Julien de la Rivière qui est de 45 livres par an, de fournir le chapelain, les ornements, le vin et les cierges aux messes qui doivent être célébrées toutes les semaines de l’année, d’entretenir ladite chapelle de grosses et menues réparations, de couverture d’ardoises, portes et vitraux, même la charpente en cas qu’elle fut rénovée ou les dommages par l’impétuosité des vents auxquels elle est exposée par sa situation dans une pièce de terre fort élevée ».Ce même bail dit également que les preneurs « doivent aussi payer les rentes seigneuriales et féodales dues sur ledit lieu de la Rivière et entretenir les maisons et logements dudit lieu, réparations, et de fournir toutes les matières nécessaires comme ardoises, essentes, carreau, clous, lattes et chevilles, de manière qu’ils le sont entretenus en bon et dû état des réparations ; de plus, de faire faire à leurs frais les barrières ou claies nécessaires pour les clôtures des pièces de terre et de fournir en bois convenable, sans en pouvoir prendre sur le lieu où il s’en trouve en très petite quantité, à peine de dommage. Ensuite, fournir au mois de février de chaque an, le nombre de trente pommiers, bons et compétents, et de les planter et mettre en place aussi à leurs frais ; et de les abryer (abriter) en paillis et buissons pour les défendre des bestiaux et de faire assidument les fossés nécessaires sur les grands chemins et autres de traverses ; et enfin de favoriser de bestiaux comme bon leur semblera à l’effet de quoi lesdits Lepaigneul et femme ont remis à Monsieur l’alloué et à la demoiselle de La Motte, sa somme de deux cents livres d’avoirement (d’avance) qui les avaient reçues lors d’un bail du 7 décembre 1742 ; ont de plus payé la somme de 200 livres pour la valeur du marnix, engrais, foin et le terrain dont ils sont chargés et qu’ils ne seront point tenus de les rendre à leur sortie et pourront en disposer comme bon leur semblera ; lesquelles charges et conditions lesdits Lepaigneul et femme ont aussi accepté pour en décharger Monsieur l’alloué et ladite demoiselle de La Motte qui par leur état et occupations particulières ne peuvent point donner leur temps, ni soin pour le conservation, entretien et amélioration dudit lieu de la Rivière… le prix du présent bail a été accordé entre parties pour et moyennant la somme de cent livres par an, nette et quitte de toutes charges, payable à la main de M. l’alloué et de ladite demoiselle de la Motte par les demi-années de Noël et Saint-Jean-Baptiste, comme elles échoiront… ».La Rivière aurait été rattachée à la Baronnie de Vitré au 18e siècle et en serait devenue un fief.Dans ce manoir, naquit le 1er mars 1827, Pierre Turgis qui devint à Rome le serviteur du pape Pie IX de 1867 à sa mort en 1878. Il relata les grands moments du pontificat dans une correspondance avec sa famille. Il offrit le paratonnerre et le tableau de sainte Thérèse d’Avilla que lui avait offert le pape à l'église de Javené. Son corps fut ramené à Javené après sa mort à Dax en 1879 ; sa pierre tombale a été replacée au chevet de l’église. La chapelle Saint-Julien qui dépendait du manoir à été détruite à la Révolution. Seule, semble-t-il, une petite croix qui, autrefois, surmontait un des pignons de la chapelle, a été conservée et replacée dans la maçonnerie de la grange située à l'est du logis, construite en 1877 par la famille Turgis. En 1665, la chapelle Saint-Julien est signalée comme chapelle frairienne (chapelle située dans un écart, subdivision de la paroisse, « gérée » par les habitants du voisinage). En 1781, elle était desservie par un chapelain et fondée de 20 livres de rentes avec une messe par semaine.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Schiste, moellon, granite, pierre de taille, appareil mixte

Matériaux de la couverture

Ardoise

Description de l'élévation intérieure

1 étage carré

Typologie de couverture

Toit à longs pans, pignon couvert

Commentaire descriptif de l'édifice

"La Rivière est située en bordure de la route départementale 179, au sud du Couesnon, qui constitue la limite nord de la commune avec celle de Fougères. L'ensemble des bâtiments forme une cour, au nord, se trouve le logis et à l'est, une grange.La maçonnerie des bâtiments est composée de moellon de schiste et les encadrements de baies et chaînages d'angles sont réalisés en pierre de taille de granite.La façade du logis est orientée au sud, le bâtiment possède un plan rectangulaire et s'élève sur trois niveaux : rez-de-chaussée, premier étage et combles.Le volume intérieur est divisé en deux par un mur de refend à chaque niveau (deux pièces pas niveau).La façade sud présente un ordonnancement irrégulier. Au centre, se trouvent deux portes en plein cintre jumelées dont l'une est nettement plus petite (accès au cellier) ; elles sont encadrées de deux travées d'ouvertures sur deux niveaux, plus une fenêtre au deuxième niveau. La porte d'entrée du logis (ouest) est surmontée d'une archivolte moulurée reposant sur deux petits corbeaux et un arc de décharge. La porte est possède deux piédroits "échancrés" par l'accès des tonneaux de cidre. La fenêtre ouest du premier niveau est rectangulaire avec un arc de décharge en plein cintre et des trous de scellement de grille.La façade postérieure (nord) est percée de deux fenêtres et d'une porte axiale obturée en arc brisé surmontée d'un arc de décharge. Le mur pignon ouest est aveugle et à demi masqué par un bâtiment en appentis. Celui de l'est est percé d'une grande fenêtre donnant sur le bâtiment mitoyen et servant d'accès à l'étage. Le toit à deux versants est couvert d'ardoise. La charpente a été totalement refaite.A l'intérieur, il existe deux pièces par niveau, séparées par un mur de refend, communiquant par une porte au nord de celui-ci. Toutes les portes sont appareillées en granite. Au rez-de-chaussée, la porte de communication est une porte en anse de panier alors qu'il s'agit d'une porte rectangulaire à linteau monolithe reposant sur des corbelets en quart de rond à l'étage.La pièce est du rez-de-chaussée (ancienne cuisine) possède un plafond à solives apparentes. Les fenêtres sont ébrasées et une cheminée incorporée se trouve sur le mur est. La cheminée de la pièce ouest du rez-de chaussée (ancienne chambre) a disparu. L'étage présente une distribution similaire à celle du rez-de-chaussée. Les plafonds sont composés de poutres et solives apparentes, les deux fenêtres ouest et est sont ébrasées et à coussièges. La pièce ouest de l'étage possède une cheminée adossée sur le mur ouest. Elle est composée de consoles et piédroits en granite et d'un linteau en bois. Les piédroits à colonnes, possède une base et des chapiteaux moulurés ; les consoles sont également moulurées : quart de rond, cavet, entre filet.La façade sud du manoir été remaniée, notamment au niveau des ouvertures. La grange située à l'est est également construite en moellon de schiste et en pierre de taille de granite (encadrements de baies et chaînages d'angles). La maçonnerie du mur sud comporte deux petites croix blanches (quartz). Une troisième croix, en granite, taillée de forme ronde et à la base octogonale coupée comme si elle provenait d'une croix plus importante, a été incorporée à la construction. Cette dernière provient sans doute d'une autre bâtiment (chapelle Saint-Julien détruite à la Révolution ?). La grange est couverte d'une toit à longs pans en ardoise. "

État de conservation (normalisé)

Restauré

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2014

Date de rédaction de la notice

1979 ; 2014

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Ducouret Jean-Pierre, Dalibard Sabrina, Goyet Marie

Cadre de l'étude

Inventaire topographique (Fougères-Sud), inventaire topographique (Fougères communauté)

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35

Manoir, La Rivière (Javené)
Manoir, La Rivière (Javené)
(c) Inventaire général, ADAGP
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