Les maisons et fermes (Cléden-Cap-Sizun)

Désignation

Dénomination de l'édifice

Maison, ferme

Titre courant

Les maisons et fermes (Cléden-Cap-Sizun)

Localisation

Localisation

Bretagne ; Finistère (29) ; Cléden-Cap-Sizun

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Cap Sizun

Nombre d'édifices concernés par l'étude

242 repérés, 27 étudiés

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

Description historique

La comparaison entre le cadastre de 1836 et le cadastre actuel montre que l’implantation des villages et leur structure n’a pas tellement été impactée par les modifications des années 1960. Pourtant, les voies de communication, notamment le réseau des chemins qui reliaient les villages les uns aux autres, a été remanié en grande partie. De nouveaux chemins d’exploitations plus larges, en meilleur état et des voies goudronnées reliant les villages à la départementale ont en effet vu le jour au moment du remembrement. Même si de nombreuses constructions ont vu le jour entre 1836 et aujourd’hui (on remarque l’apparition de nouveaux groupement d’habitations comme Mesguen, Keramu, Gourlannou, Lanvrel ou Roz Veur), l’enquête de terrain montre que le bâti ancien est extrêmement bien préservé. Il concerne dans une écrasante majorité des constructions datant du milieu du 19e siècle. 87% des dates portées relevées à Cléden-Cap-Sizun concernent le 19e siècle dont près de 60% entre 1825 et 1875. Cette constatation témoigne du renouvellement profond et exceptionnellement homogène de l’habitat rural qui eut lieu dans tout le Cap-Sizun à cette époque. Quelques dates portées évoquent tout de même le 18e siècle comme un puits de Kerludu daté 1749, une grange de Lezanquel datée 1733 ou une maison de Brezoulous datée 1785. Mais les taux de dates relevées pour cette période sont très faibles : environ 10%.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Granulite, pierre de taille, granulite, moellon, enduit, granulite, moellon

Commentaire descriptif de l'édifice

"LE HAMEAU.La commune est composée de deux zones géographiques aux caractéristiques relativement opposées. La partie nord, bordée par les falaises de la baie de Douarnenez, est un plateau peu accidenté offert à tous les vents dont la végétation est assez rare sinon autour des habitations et dans de rares déclivités. La partie sud, quant à elle, est un paysage de collines et de vallées à la végétation plus dense. Malgré tout, l’implantation des villages sur l’ensemble du territoire de la commune est régulière. L’habitat est dispersé, en écarts plus ou moins importants. Bien que la majorité des villages soient composés de deux ou trois fermes (Kerspern, Kerham, Kerhuet, Kerguioc’h…), il existe à Cléden-Cap-Sizun un nombre non négligeable de hameaux plus importants. Un village sur trois possédait en effet en 1836 au moins six feux, et certains d’entre eux, comme Brezoulous, Kervo ou Kermeur plus d’une dizaine. Les fermes isolées sont rares (Keridiern ar Veil et Keridiern ar Maner).Notons que le rôle habituellement structurant et fédérateur qu’ont les puits et les fours à pains dans d’autres territoires de la région est quasiment absent du Cap-Sizun car chaque ferme possède généralement l’un ou l’autre (voire l’un et l’autre). Ici, c’est plutôt le lavoir maçonné à usage communautaire qui remplit ce rôle, bien qu’il soit souvent éloigné du centre du village. Il existe cependant à l’ouest du Cap un type du fournil assez rarement rencontré qui était commun à tous les habitants d’un village. Le plus emblématique d’entre eux se trouve près du village de Keriolet, aux portes de la pointe du Van.MATÉRIAUX.Le sous-sol de Cléden-Cap-Sizun présente deux bandes de granulites au nord et au sud séparées d’une zone de micaschistes. Ces matériaux d’extraction locale sont tous deux utilisés dans la construction des bâtiments.Le moellon est utilisé pour le gros œuvre (pignons, élévation postérieure, dépendances) et l’usage de la pierre de taille est généralement limité aux chainages d’angles, bandeaux, corniche du toit, souches de cheminées et encadrement des baies. L’usage du moellon enduit était majoritaire sur les façades antérieures des logis, mais il arrivait, sur certaines fermes à logis à étage, que ce soit la pierre de taille qui soit employée (Lezanquel, Trouguennour, Kernot, etc.)Le moellon non enduit est de plus en plus visible en façade. En plus des rares maisons élevées en moellons sans volonté d’y poser un enduit (Kernot, Kergaradec, Keriolet…), ces dernières décennies ont vu les propriétaires de maisons traditionnelles ôter le crépi de leur façade dans un but exclusivement esthétique, motivés par un effet de mode. LA FERME ET SES BÂTIMENTS.Commune rurale, l’écrasante majorité des bâtiments traditionnels recensés et sélectionnés sur Cléden-Cap-Sizun appartiennent à d’anciennes fermes. On y observe deux types : la petite ferme dont l’activité n’est qu’un revenu d’appoint pour un pêcheur, artisan ou manœuvrier et la grande ferme constituée d’un ensemble de dépendances dont l’activité est exclusivement agricole.La petite ferme est peu représentative de l’habitat de Cléden-Cap-Sizun. Elle possède un logis sans étage et une ou deux petites dépendances en enfilade. L’une d’entre elle a été observée à Meil Kerharo, où l’on peut observer un logis accolé à une petite grange avec, isolée dans la cour, une crèche pour un cochon.La grande ferme, soit environ 80% des habitations recensées dans la commune, est un ensemble de dépendances variées, aux fonctions spécifiques, organisé autour d’un logis à étage. « Ici, étable, écurie, porcherie, grange, remise, fournil et puits sont dispersés autour de la cour. Celle-ci est soigneusement close de grands murs de pierre où s’expriment à la fois la nécessité de s’abriter du vent et le désir de s’isoler du voisinage. » (Toscer, Douard, 1979) L’écurie (Ti marchossi).Elle est presque systématiquement en enfilade du logis avec quelque fois un véritable étage qui servait d’habitation. Une porte intérieure sur le pignon qui sépare les deux bâtiments permet d’y accéder rapidement. Cette profonde connexion entre le logis et l’écurie est accentuée par le fait que leur façade présente souvent le même décor et le même appareillage.On peut encore observer à l’intérieur des anciennes écuries non rénovées un pavage en galets de mer sur champ en légère pente vers la porte. Ce système permettait une bonne évacuation des purins. D’autres galets, plus longs, ont été observés sortant de la maçonnerie, à l’intérieur de la dépendance. Ces derniers servaient à suspendre le collier et les éléments du harnachement du cheval. L’étable (Ti zaout).Moins soignée que l’écurie, cette dépendance indispensable pour abriter les vaches et produire le précieux fumier est en moellons et ne porte pas de décor particulier. Elle peut se trouver dans l’alignement principal, accolée à la façade nord (Kerloc'h, Kerbesquerrien...) ou isolée dans la cour formant parfois clôture. Certaines fermes en possèdent plusieurs.Même si on peut observer un étage sur l’étable d’une ferme de Bremel, elles ne sont généralement que sur un niveau. De taille variable, elles ne peuvent pas accueillir plus de deux ou trois vaches dans leur version la plus simple. Leur façade la plus courante présente trois baies : une porte au centre entourée de deux petites fenêtres plus larges que hautes. Elle n’est jamais crépie. A l’intérieur, très peu d’aménagements sont visibles sinon les nombreux trous d’attaches qui étaient disposées dans la maçonnerie. Ces trous sont de petites cavités aménagées dans le mur où l’on coince un galet allongé. Les crèche à cochons. Les crèches à cochons de Cléden-Cap-Sizun, comme celles de tout le Cap, sont extrêmement soignées dans leur construction. Il s’agit de petits bâtiments, généralement composé d'un niveau et isolées du logis.Chaque cochon possède sa propre cellule présentant une porte basse associée à une mangeoire. Chaque cellule est séparée, à l’intérieur du bâtiment, par des cloisons en bois. La longueur du bâtiment est déterminée par le nombre de ces cellules. Elles peuvent varier d’une (Meil Kerharo, Lannuet...) à cinq (Keridiern ar Maner) mais en possèdent généralement deux ou trois.La mangeoire, appelée louarn (renard (?) dans le Cap-Sizun, est caractéristique du pays. L’ouverture, souvent surmontée d’un linteau en arc surbaissé, permet de verser directement la bouillie au cochon dans sa crèche sans avoir à y rentrer. La nourriture est guidée par une pierre inclinée et se déverse dans une auge en pierre incorporée à la maçonnerie et accessible de l’intérieur. Un tiers des crèches à cochons observées dans la commune présente une façade antérieure en pierres de taille et nombreuses sont celles qui possède une corniche du toit moulurée. Elles sont de temps en temps associées à un petit poulailler (Lezanquel). Ce type de bâtiment présente généralement en façade une porte basse associée à un jour avec appui saillant et larmier qui permettait la circulation des poules. A l’intérieur, on peut observer plusieurs pondoirs encastrés dans la maçonnerie. La grange (Ti kar). Le terme de grange a rarement été utilisé lors du recensement à Cléden-Cap-Sizun. Ce bâtiment, qui servait à ranger la charrette, le char à banc, divers engins agricoles et éventuellement le pressoir à cidre, est appelé le ti kar. Ce dernier possède une porte charretière rectangulaire dont l’ouverture est en plein cintre pour les plus anciennes comme à Bremel, Kerlaouen ou Théolen, puis en arc surbaissé pour finir en arc segmentaire (Toscer, Douard, 1979). On observe également quelques linteaux droits en bois.Le ti kar peut être intégré à l’alignement principal comme à Kergaledan, Lannoan ou Trevenan. Dans ce cas, la porte charretière se trouve en façade. Mais il est généralement indépendant et la porte charretière se trouve majoritairement sur le pignon.Les murs sont montés en moellons souvent bruts, parfois crépis quand le bâtiment est dans l’alignement du logis, mais aucun ti kar en pierres de taille n’a été observé. Le fournil, la maison à four. (Ti forn)La plupart des ti forn de la commune ont également une porte charretière : en façade (Keridiern ar Maner, Trevenan) ou en pignon (Kerhermen, Trouzent…), d’autres non (Kerharo, Kerlaouen…). Il s’agit d’un bâtiment aux murs en moellons et toit à longs pans qui accueille un cul-de-four sur l’un de ses pignons (ou plus rarement en façade, comme à Kerguleguer).Les rares culs de four encore debout aujourd’hui montrent un intérieur soigneusement vouté en pierres de tailles et un extérieur en moellon avec dans certains cas une couverture en mottes de terre sur laquelle pousse la végétation (Kerharo, Kerninon, Menez Groas…). Dans une autre configuration, le cul-de-four est protégé par un petit bâtiment dont le toit à long pans est généralement en tuiles (Kerguioc’h, Kerlaouen, Trevenan…) Le pignon sur lequel est appuyé le four présente dans la plupart des cas des pierres qui servaient au bon écoulement de l’eau sur les côtés et préserver son étanchéité.La gueule du four est en plein cintre et se trouve dans un renfoncement dans lequel est aménagée une niche qui permettait de récupérer la cendre qui sera réutilisée pour la lessive. Notons l’emplacement inédit d’un four à pain contre le pignon ouest d’une petite étable à Kerloc’h.Il existe à l’ouest du Cap-Sizun un autre type de four à pain sensiblement différent de ceux présents parmi les bâtiments de la ferme. Deux d’entre eux ont été repérés à l’ouest de la commune aux villages de Keriolet et Kerludu.Ils se trouvent à l’écart des habitations et leur toit sans charpente consiste en de gros blocs de granite reposant directement sur la maçonnerie de leurs murs. Ces dalles sont recouvertes de mottes de terre, ce qui donne au toit du four une forme bombée.D’autres ont été repérés à Plogoff et Primelin et d’après des témoignages oraux, il est entendu que ces fours étaient communs à toutes les familles du hameau.Le puits.Associé à une ferme ou une maison, le puits occupe majoritairement trois positions : adossé à la façade antérieure du logis, isolé dans la cour ou intégré dans la maçonnerie de la maison. Quelques rares exceptions existent pourtant, comme deux puits accolés à la façade nord de maisons de Kernot et Brezoulous.Lorsqu’il est adossé au logis, un canal peut être creusé dans le mur permettant ainsi une liaison entre le puits et un évier mural intérieur. Le puits isolé dans la cour peut se trouver aussi bien à un mètre du logis (Menez Groas, Kerharo) qu’à l’extrémité sud de la cour, intégré dans le mur de clôture (Kerhermen, Trouzent). Ces puits extérieurs sont en majorité maçonnés en pierres de taille. Ils sont de section carrée avec un toit pyramidal surmonté d’une boule (Kerlaouen, Trouzent…), d’une croix (Brezoulous, Kerguioc’h, Lezanquel…) ou d’autres formes géométriques (diamant à Kergaledan ou cylindre à Meil Kerharo). Certains d’entre eux ont une corniche du toit et un soubassement mouluré.La troisième configuration, plus rare, est le puits intégré à la maçonnerie de la maison. Il peut être ouvert vers l’extérieur (en façade), comme sur l’écurie d’une ferme de Brezoulous ou l’étable d’une ferme de Trouguennour, ou ouvert vers l’intérieur. Dans ce cas, il se trouve accolé à la cheminée, sur un mur pignon (Kernot, Lezanquel) ou dans le mur nord (Kergleguer). Dans tous les cas, le puits est associé à une auge monolithe utilisée comme abreuvoir. Qu’elle soit posée contre lui dans le cas des puits extérieurs ou contre le mur qui accueille le puits, une pierre creuse et un petit évier tous deux intégrés dans la maçonnerie de l’ouvrage permet de remplir cette auge sans sortir le seau.N’oublions pas les nombreux puits en moellons repérés sur l’ensemble de la commune. De section carrée également, ils sont pour la plupart coiffés d’une grande dalle de granite légèrement inclinée. LES LOGIS.Malgré de nombreuses petites variations, ce qui frappe quand on observe les habitations des 18e et 19e siècles de la commune, c’est la grande uniformité aussi bien dans l’architecture que dans l’aménagement intérieur. Ces deux aspects de l’habitat sont d’ailleurs profondément connectés. Exceptés quelques rares exemples observés à Brezoulous et Kervo, le logis est toujours exposé au sud. Sa fonction d’habitat est bien séparée de la fonction agricole des autres bâtiments.Les élévations postérieures sont rarement percées. On peut observer de temps en temps un jour d’escalier ou une porte, souvent en accolade, située dans l’axe de la porte sud (Trouzent, Quillivic…). Les façades antérieures des logis sont très stéréotypées : on peut déterminer trois schémas principaux qui peuvent s’assortir de quelques variantes : la petite maison sans étage, la maison sans étage avec comble à surcroit et la maison à étage. La maison à une ou deux pièces en rez-de-chaussée. (18% des maisons recensées)A Meil Kerharo ou Trouguer, on peut observer de petites maisons à pièce unique sans étage appelées penti, soit « maison à un bout ». Il s’agit ici du plus petit type d’habitation présent sur la commune. Ce « bout » est en fait la pièce commune que l’on retrouve dans toutes les maisons de Cléden-Cap-Sizun et du Cap en général. La famille y mange, se réchauffe et dort. L’élévation de la petite maison sans étage, soit l’élévation de la salle commune du Cap-Sizun est la suivante : Une porte, une fenêtre qui éclaire la table et un jour qui éclaire l’arrière cuisine, derrière le drustuilh (banc dont le dossier est si haut qu’il forme une véritable cloison dans la pièce). Cette succession de trois baies de taille décroissante se retrouve dans tous les logis traditionnels de la commune. (Notons qu’à Kernot et Mescran ont été observées des maisons si petites qu’elles ne présentent pas de jour entre la fenêtre et le pignon).Il arrive que les petits logis sans étage aient deux pièces. Dans ce cas, une quatrième baie, de la taille de la fenêtre qui éclaire la table est ouverte de l’autre côté de la porte. (Trevenan, Meil Kerharo, Keriolet…) Cette dernière éclaire un cellier ou un petit débarras. Cette variante du logis à pièce unique se rencontre souvent dans l’habitat côtier dont les parties agricoles sont peu développées voire absentes. La maison à deux pièces en rez-de-chaussée avec comble à surcroit éclairé par des jours ou des lucarnes. (9% des maisons recensées)Peu représentatif de l’habitat de Cléden-Cap-Sizun, ce type de logis ressemble beaucoup au penti vu précédemment. La différence majeure est la hauteur des combles. Le plancher des combles de ce type d’habitation est en effet situé en-dessous du faîte des murs et le volume de comble utilisable est ainsi plus important. Quand des jours d’aération sont ouverts, ils le sont généralement au-dessus des ouvertures du rez-de-chaussée, formant ainsi des travées régulières.La seule maison dont le comble à surcroit est éclairé par des lucarnes se trouve à Penharn (en très mauvais état). On rencontre dans ce même village l’une des rares autres maisons à comble à surcroit, cette fois ci éclairé par trois jours rectangulaire. D’autres se trouvent à Kervo, Kerloc’h, Kerlaouen ou Keriolet.La maison à étage carré et généralement deux pièces par étage. (80% des maisons recensées)Ce type d’habitat est le plus représentatif de la commune. Le rez-de-chaussée est composé de quatre ou cinq ouvertures : la porte d’entrée, deux fenêtres qui l’encadrent et un ou deux jours entre celles-ci et les pignons. L’étage, lui, est ouvert en façade par trois à cinq fenêtres. Les maisons à étage de Cléden-Cap-Sizun se répartissent donc en deux types principaux : les élévations à travées (trois ou cinq) et les élévations en quinconce.La proportion de maisons à élévation en quinconce est élevée (45% des maisons à étage repérées). Elle consiste en une alternance de pleins et de vides selon deux configurations : cinq baies au rez-de-chaussée pour quatre fenêtres à l’étage (Brezoulous, Kerguioc’h, Théolen…) ou quatre baies au rez-de-chaussée pour trois fenêtres à l’étage (Kerloc’h, Kernevez, Kersaudy…)L’élévation à trois travées, également très représentative (43%), consiste en trois fenêtres ouvertes à l’étage au-dessus de la porte d’entrée et des deux fenêtres qui l’encadrent. L’élévation à cinq travées, plus rare, semble réservée aux fermes les plus importantes (Lannuet, Kerham, Keridiern ar Veil …)Les efforts de symétrie n’ boutissent pas toujours et quelques maisons proposent des élévations irrégulières comme la plupart des logis du village de Kergleguer.Le rythme horizontal des maisons à étage est parfois accentué par la présence d’un bandeau saillant en pierres de taille situé entre les deux niveaux d’habitation. Ce dernier, souvent répété sous la corniche du toit, se détache fortement sur les enduits, le moellon ou la pierre de taille (Lannuet, Trouzent, Trouguennour…) Les chainages d’angles et encadrements des baies, toujours harpés et en pierres de taille renforcent cette impression de géométrie parfois austère surtout lorsque la façade est crépie. Notons pour finir que l’on rencontre aux villages de Kertanguy ou Trouguer une variante du type à étage très peu représentée sur la commune : la maison à étage carré et une pièce par étage. Les décors.Bien que régularité et fonctionnalisme semblent être les principes qui régissent cette architecture, certains éléments ornementaux viennent parfois compléter les compositions décrites plus haut.Les inscriptions gravées au-dessus des ouvertures (nom des bâtisseurs, de leurs enfants ou signes religieux) en sont l’élément le plus caractéristique. Celles-ci, très présentes sur les maisons à étage sont plutôt rares sur les petites maisons en rez-de-chaussée.On peut aussi considérer comme éléments de décor les corniches du toit et les souches de cheminées toutes deux bien appareillées en pierres de taille et moulurées selon différents motifs.Les corniches du toit du logis peuvent se prolonger aux dépendances attenantes. Bien qu’ayant la fonction d’empêcher les infiltrations d’eau dans les murs, elles sont également très décoratives qu’elles soient moulurées en cavet (une grande majorité), en doucine ou en quart de rond.Les souches de cheminées observées sur la commune, quant à elles, proposent deux types de décors : les plus anciennes sont terminées par une corniche moulurée en « talon renversé » alors qu’à partir de la seconde moitié du 19e siècle, celles-ci sont chanfreinées. Notons également la présence sur certaines fermes, notamment les plus récentes, d’une niche à saint aménagée au-dessus de la porte d’entrée (Kerguioc’h, Kerspern, Kersaudy…). Niches et éviers muraux.On observe de nombreuses niches murales dans les habitations traditionnelles de la commune. Elles se trouvent autour de la cheminée (dans l’âtre ou au niveau du jour qui éclaire l’arrière cuisine) ou sur le mur sud où elles servaient à placer le pot de chambre du lit-clos.Les éviers muraux sont plus rares et font généralement partie d’un système ingénieux de circulation de l’eau entre l’intérieur et l’extérieur du logis comme à Kernot par exemple. EVOLUTION DE L'HABITAT TRADITIONNEL ENTRE 1977 ET 2018Les quarante années d’écart entre les deux enquêtes d’inventaire permettent de mettre en relief certaines tendances concernant l’évolution de l’habitat rural sur la commune.Outre les restaurations ou les destructions (peu nombreuses) observées en 2018, on remarque que la façon d’habiter une maison traditionnelle a évolué ces dernières décennies - surtout à partir des années 1970 - apportant lumière et augmentation de la surface habitable et ce à des fins de confort. Amener de la lumière.Même si l’on remarque une tendance à l’agrandissement au courant du 19e siècle, les ouvertures des maisons traditionnelles de Cléden-Cap-Sizun sont de dimensions plutôt réduites. Ajoutons à cela que pour se préserver de l’humidité et du fait de l’absence de soleil, la façade nord est aveugle. Le premier constat est que les baies de la façade antérieure ont été de manière générale largement agrandies. Le petit jour, si représentatif de la disposition des meubles et de la présence du drustuilh, montre maintenant sur certaines maisons des dimensions égales à celles de la fenêtre qui éclairait la table quand ils n’ont pas été transformés en porte ou tout simplement disparu. La fenêtre de la table a également pu être agrandie dans certains cas, ainsi que les fenêtres de l’étage. Il arrive que des fenêtres, portes ou vérandas soient aménagées sur le mur nord du logis et des dépendances attenantes. Ce phénomène a principalement été observé dans les villages du nord de la commune, comme à Kernot, Keriolet ou Kerbesquerrien et permet de se procurer une vue sur mer. Dans le modèle architectural traditionnel, les combles sont aveugles, même si l’on peut remarquer de temps en temps deux jours en pignon pour l’aération. Aujourd’hui, ceux-ci sont habités pour la plupart, surtout dans le cas des penti. La tendance actuelle est donc d’y percer des ouvertures pour apporter un maximum de lumière. Aujourd’hui, la création de lucarnes et de vasistas est devenue courante.Une troisième solution pour rendre l’intérieur de la maison plus lumineux a été observé sur la commune : la création d’une mezzanine alliée à des ouvertures importantes sur le pan nord du toit. Selon les propriétaires rencontrés ayant opté pour cette solution, tous s’accordent pour dire qu’elle offre deux avantages : la lumière du nord est douce et constante et ce système ne dénature pas la façade. La plupart des maisons ont également vu leurs speurn disparaitre (cloisons en bois délimitant les pièces). Le décloisonnement permet en effet une meilleure circulation de la lumière et donne par la même occasion une impression de volume plus important. Gagner en volume.La maison traditionnelle du Cap-Sizun a été conçue autour d’une pièce commune destinée à abriter toute la famille qui servait de cuisine, de chambre à coucher, de salle à manger, de salle de bain, etc… Les pratiques ainsi que le mobilier ont évolué et les pièces des maisons se sont spécialisées. L’enjeu depuis des décennies est de trouver dans ces maisons la place pour toutes ces « nouvelles » pièces et nouveaux meubles. Cet enjeu est d’autant plus important lorsqu’il s’agit de maisons élémentaires.On observe en premier lieu une volonté de gagner de la hauteur sous plafond. Pour ce faire, deux solutions ont été rencontrées : Décaisser le sol du logis et surélever le plancher de l’étage.Mais la manière la plus courante et la plus efficace pour gagner du volume et aménager de nouvelles pièces à vivre c’est de remanier les dépendances agricoles, notamment l’écurie attenante. En effet, lorsqu’elle a été remaniée, cette dépendance est aujourd’hui majoritairement transformée en cuisine. Placards, éviers, table à manger, lave-vaisselle ont remplacé ici les stalles, auges à piler la lande et animaux.Les crèches à cochons, du fait de leur petite taille, peuvent servir de débarras ou d’atelier. Certaines d’entre elles ont même été réaménagées en petite maisonnette (Kerhuet, Quillivic).Les ti kar et étables sont plus volumineux. Certains d’entre eux sont devenus des habitations à part entière : résidences principales, secondaires ou gîtes ruraux (Keridiern ar Veil, Bremel)."

Commentaires d'usage régional

Plan allongé, plan massé, logis à pièce unique, à deux pièces par étage, type ternaire, type ternaire variante, charpente sans poinçon, porte haute, puits couvert en maçonnerie

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1977

Date de rédaction de la notice

1984 ; 2019

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Toscer Catherine, Douard Christel, Serre Fabien

Cadre de l'étude

Inventaire topographique, inventaire topographique (Cléden-Cap-Sizun)

Typologie du dossier

Dossier collectif

Adresse du dossier Inventaire

Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35

Les maisons et fermes (Cléden-Cap-Sizun)
Les maisons et fermes (Cléden-Cap-Sizun)
(c) Communauté de communes Cap Sizun - Pointe du Raz
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