Les maisons et fermes (Audierne)

Désignation

Dénomination de l'édifice

Maison, ferme

Titre courant

Les maisons et fermes (Audierne)

Localisation

Localisation

Bretagne ; Finistère (29) ; Audierne

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Cap Sizun

Nombre d'édifices concernés par l'étude

183 repérés, 20 étudiés

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 1er quart 20e siècle

Description historique

La comparaison entre le cadastre de 1837 et le cadastre actuel montre que l’implantation des villages et leur structure n’a pas tellement été impacté par les modifications des années 1960. Pourtant, les voies de communication, notamment le réseau des chemins qui reliaient les villages les uns aux autres, a été remanié en grande partie. De nouveaux chemins d’exploitations plus larges, en meilleur état et des voies goudronnées reliant les villages à la départementale ont en effet vu le jour au moment du remembrement. Même si de nombreuses constructions ont vu le jour entre 1836 et aujourd’hui (on remarque l’apparition de nouveaux groupement d’habitations comme Poul ar Ranet, Toulemonde ou Kernevez), l’enquête de terrain montre que le bâti ancien est extrêmement bien préservé. Notons tout de même que les écarts de la commune historique d’Audierne ont pour la plupart d’entre eux été intégrés au tissu urbain de la ville.Ce bâti concerne dans une écrasante majorité des constructions datant du milieu du 19e siècle. Près de 80% des dates portées relevées sur la commune nouvelle d’Audierne concernent le 19e siècle dont la moitié entre 1825 et 1875. Cette constatation témoigne du renouvellement profond et exceptionnellement homogène de l’habitat rural qui eut lieu dans tout le Cap-Sizun à cette époque. Notons tout de même que, si l’on compare avec les communes voisines, la proportion des bâtiments des 17e et 18e siècles est assez importante, même si le les dates relevées pour cette période sont peu nombreuses (16%). (1648 sur le logis d’une maison de Keraudierne, 1727 et 1732 sur des logis situés respectivement à Kergadou et Kerguerrien, 1779 au Créac’h…).

Description

Matériaux du gros-œuvre

Granulite, pierre de taille, granulite, moellon, enduit, granulite, moellon

Commentaire descriptif de l'édifice

"LE HAMEAU.La commune est composée de deux zones géographiques aux caractéristiques relativement opposées. La partie sud, bordée par les falaises de la baie d’Audierne (dont la hauteur va en diminuant vers l’est), est un plateau peu accidenté offert à tous les vents dont la végétation est assez rare sinon autour des habitations et dans de rares déclivités. La partie nord, quant à elle, est un paysage de collines et de vallées à la végétation plus dense. Malgré tout, l’implantation des villages sur l’ensemble du territoire de la commune est régulière même si on remarque une densité plus forte des habitations près de la côte.L’habitat est dispersé, en écarts plus ou moins importants. Bien que la majorité des villages était composé de trois à six unités d’habitation en 1837 (maisons ou fermes) comme à Cosquer Bihan, Kerounous, Kergadou, Landrevet ou Kerhuon (Audierne), il existe dans la commune un nombre non négligeable de fermes isolées (Kerancor, Kersen, Penn ar roz, Gorrequer, Kermabon) ou d’alignement de deux fermes formant un seul écart (Trobey, Kerandraon, Kerlornet).Les villages plus importants, qui comportaient une dizaine de feux ne sont pas en reste : Lervily, Troloan, Custrein, Kerbuzulic, etc...Notons que le rôle habituellement structurant et fédérateur qu’ont les puits et les fours à pains dans d’autres territoires de la région est quasiment absent de la commune car chaque maison ou ferme possède généralement l’un ou l’autre (voire l’un et l’autre). Ici, c’est plutôt le lavoir maçonné à usage communautaire qui remplit ce rôle, bien qu’il soit souvent éloigné du centre du village. MATÉRIAUX.Le sous-sol de la commune nouvelle d’Audierne est presque entièrement granitique. Ce matériau d’extraction locale est utilisé dans la construction des bâtiments.Le moellon est utilisé pour le gros œuvre (pignons, élévation postérieure, dépendances) et l’usage de la pierre de taille est généralement limité aux chainages d’angles, bandeaux, corniche du toit, souches de cheminées et encadrement des baies. L’usage du moellon enduit était majoritaire sur les façades antérieures des logis, mais il arrivait que l’on emploie la pierre de taille soit sur les logis à étage des fermes (Troloan, Kerlornet, Trobey, Kerneyen, Kerhuon (Audierne), Kermabon...) soit, ce qui est plus rare, sur des maisons basses (Cosquer Bihan, Moulin de Keraudierne ou Kerrmaviou…).Le moellon non enduit est de plus en plus visible en façade. Ces dernières décennies ont vu en effet les propriétaires de maisons traditionnelles ôter le crépi de leur façade dans un but exclusivement esthétique, motivés par un effet de mode. LA FERME ET SES BÂTIMENTS.Commune à la fois rurale et maritime, la proportion entre fermes et maisons dites « de pêcheur » est à peu près équilibrée. Les maisons dites « de pêcheur » (31,5% des habitations repérées dans les écarts de la commune nouvelle) peuvent être considérées comme de petites fermes. Elles présentent un logis sans étage et une ou deux petites dépendances en enfilade (grange, remise, étable, crèche à cochon…). Elles appartiennent généralement à un pêcheur, un artisan ou un manœuvrier et l’activité agricole y est souvent d’appoint. La grande ferme, quant à elle, est un ensemble de dépendances variées, aux fonctions spécifiques, organisé autour d’un logis à étage. « Ici, étable, écurie, porcherie, grange, remise, fournil et puits sont dispersés autour de la cour. Celle-ci est soigneusement close de grands murs de pierre où s’expriment à la fois la nécessité de s’abriter du vent et le désir de s’isoler du voisinage. » (Toscer, Douard, 1979) L’écurie (Ti marchossi)Elle est presque systématiquement en enfilade du logis avec quelque fois un véritable étage qui servait d’habitation. Une porte intérieure sur le pignon qui sépare les deux bâtiments permet d’y accéder rapidement. Cette profonde connexion entre le logis et l’écurie est accentuée par le fait que leur façade présente souvent le même décor et le même appareillage.On peut encore observer à l’intérieur des anciennes écuries non rénovées un pavage en galets de mer sur champ en légère pente vers la porte. Ce système permettait une bonne évacuation des purins. D’autres galets, plus longs, ont été observés sortant de la maçonnerie, à l’intérieur de la dépendance. Ces derniers servaient à suspendre le collier et les éléments du harnachement du cheval.L’étable (Ti zaout)Moins soignée que l’écurie, cette dépendance indispensable pour abriter les vaches et produire le précieux fumier est en moellons et ne porte pas de décor particulier. Elle peut se trouver dans l’alignement principal ou isolée dans la cour formant parfois clôture.De taille variable, elles ne peuvent pas accueillir plus de deux ou trois vaches dans leur version la plus simple. Leur façade la plus courante présente trois baies : une porte au centre entourée de deux petites fenêtres plus larges que hautes. Elle n’est jamais crépie. A l’intérieur, très peu d’aménagements sont visibles sinon les nombreux trous d’attaches qui étaient disposées dans la maçonnerie. Ces trous sont de petites cavités aménagées dans le mur où l’on coince une pierre allongée (souvent un galet). Les crèches à cochons. Les crèches à cochons de la commune nouvelle d’Audierne, comme celles de tout le Cap-Sizun, sont extrêmement soignées dans leur construction. Il s’agit de petits bâtiments, généralement composés d'un niveau et isolés du logis.Chaque cochon possède sa propre cellule présentant une porte basse associée à une mangeoire. Elles sont séparées, à l’intérieur du bâtiment, par des cloisons en bois avec de temps en temps un soubassement en pierre. La longueur du bâtiment est déterminée par le nombre de ces cellules. Elles en possèdent généralement 2 ou 3.L’utilisation systématique d’une mangeoire, dite louarn (renard (?) dans le Cap-Sizun, est caractéristique du pays. L’ouverture, souvent surmontée d’un linteau en arc surbaissé, permet de verser directement la bouillie au cochon dans sa crèche sans avoir à y rentrer. La nourriture est guidée par une pierre inclinée et se déverse dans une auge en pierre incorporée à la maçonnerie et accessible de l’intérieur. Elles sont de temps en temps associées à un petit poulailler dont on devine l’existence par la présence d’un jour avec appui saillant et larmier disposé à un mètre de hauteur. (A Lervily, ce jour se trouve sur le pignon du bâtiment).La grange (Ti kar). Le terme de grange a rarement été utilisé lors du recensement de la commune. Ce bâtiment, qui servait à ranger la charrette, le char à banc, divers engins agricoles et éventuellement le pressoir à cidre, est appelé le ti kar. Ce dernier possède une porte charretière rectangulaire dont l’ouverture est en plein cintre pour les plus anciennes, puis en arc surbaissé pour finir en arc segmentaire (Toscer, Douard, 1979). On observe également quelques linteaux droits en bois.Le ti kar peut être intégré à l’alignement principal comme à Cosquer Vras, Kerounous ou Kerveoc. Dans ce cas, la porte charretière se trouve en façade. Mais il est généralement indépendant et la porte charretière se trouve majoritairement sur le pignon.Les murs sont montés en moellons souvent bruts, parfois crépis quand le bâtiment est dans l’alignement du logis. On peut en observer également quelques-uns en pierres de taille comme à Custrein, Kerounous ou Kerhuon (Audierne). Le fournil, la maison à four. (Ti forn)Il s’agit généralement d’un bâtiment aux murs en moellons et toit à longs pans qui accueille un cul-de-four sur l’un de ses pignons (Kergadou, Lervily, Kerveoc, Le Créac’h, Le Poulley…). Dans ce cas, le cul-de-four montre un intérieur soigneusement vouté en pierres de tailles et un extérieur en moellon avec dans certains cas une couverture en mottes de terre sur laquelle pousse la végétation. La gueule du four est arquée et se trouve dans un renfoncement dans lequel est aménagée une niche qui permettait de récupérer la cendre qui sera réutilisée pour la lessive.Le puits.Associé à une ferme ou une maison, le puits occupe majoritairement trois positions : adossé à la façade antérieure du logis, isolé dans la cour ou intégré dans la maçonnerie de la maison. Lorsqu’il est adossé au logis, un canal est généralement creusé dans le mur permettant ainsi une liaison entre le puits et un évier mural intérieur (Kerounous, Le Créac’h, Kergadou, Kerlornet, Kerhuon…). Le puits isolé dans la cour peut se trouver aussi bien à un mètre du logis (Moulin de Keraudierne, Lervily), qu’à l’extrémité sud de la cour (Keraudierne). L’un d’eux a même été observé à l’extérieur de la cour, en bordure du chemin qui traverse le village de Lervily.Ces puits extérieurs sont en majorité en pierres de taille, de section carrée, avec un toit pyramidal surmonté d’une sorte de boule (Kergadou, Kerhuon, Kerlornet …), d’un « diamant » (Cosquer Vihan, Kerounous, Le Créac’h, Kerhuon (Audierne)…), d’une croix (Brenelec) ou même d’une tête de Napoléon (?) à Lervily. Certains d’entre eux sont très soignés à l’image d’un puits observé à Kerlaouen qui présente un bandeau saillant mouluré et un autre à Kergadou sur l’une des faces duquel a été ménagée une niche à saint.La troisième configuration, plus rare, est le puits intégré à la maçonnerie de la maison. Il peut être ouvert vers l’extérieur (en façade), comme cela a été observé sur une maison de Custrein, ou ouvert vers l’intérieur. Dans ce cas, il se trouve près de la cheminée, sur un mur pignon ou dans le mur sud (Le Poulley). Une quatrième configuration a été observée au village de Custrein : le puits extérieur accessible de l’intérieur du logis. Il est alors protégé par une petite dépendance avec toit à deux pans en ardoises : le « ti puns ».Dans tous les cas, le puits est généralement associé à une auge monolithe utilisée comme abreuvoir. Qu’elle soit posée contre lui dans le cas des puits extérieurs ou contre le mur qui accueille le puits, une pierre creuse et un petit évier tous deux intégrés dans la maçonnerie de l’ouvrage permet de remplir cette auge sans sortir le seau.LES LOGIS.Malgré de nombreuses petites variations, ce qui frappe quand on observe les habitations des 18e et 19e siècles de la commune, c’est la grande uniformité aussi bien dans l’architecture que dans l’aménagement intérieur. Ces deux aspects de l’habitat sont d’ailleurs profondément connectés. Exceptée une maison de meunier (tournée vers son moulin à l’est) observée à Cosquer Vihan et quelques rares cas particuliers, le logis est toujours exposé au sud. Sa fonction d’habitat est bien séparée de la fonction agricole des autres bâtiments.Les élévations postérieures sont rarement percées. On peut observer de temps en temps un jour d’escalier ou une porte, souvent en accolade, située dans l’axe de la porte sud (Custrein, Brigneoc’h…). Les façades antérieures des logis sont très stéréotypées : on peut déterminer trois schémas principaux qui peuvent s’assortir de quelques variantes : la petite maison sans étage, la maison sans étage avec comble à surcroit et la maison à étage. La maison à une ou deux pièces en rez-de-chaussée. (31,5% des maisons recensées)Au Réuniou, près du bourg d’Esquibien, on peut observer deux petites maisons à pièce unique sans étage appelées penti, soit « maison à un bout ». Il s’agit ici du plus petit type d’habitation présent sur la commune. Ce « bout » est en fait la pièce commune que l’on retrouve dans toutes les maisons des écarts de la commune nouvelle d’Audierne et du Cap-Sizun en général. La famille y mange, se réchauffe et dort. L’élévation de la petite maison sans étage, soit l’élévation de la salle commune du Cap-Sizun est la suivante : Une porte, une fenêtre qui éclaire la table et un jour qui éclaire l’arrière cuisine, derrière le drustuilh (banc dont le dossier est si haut qu’il forme une véritable cloison dans la pièce). Cette succession de trois baies de taille décroissante se retrouve dans tous les logis traditionnels de la commune.Il arrive que les petits logis sans étage aient deux pièces. Dans ce cas, une quatrième baie, de la taille de la fenêtre qui éclaire la table est ouverte de l’autre côté de la porte. Cette dernière éclaire un cellier ou un petit débarras. Cette variante du logis à pièce unique se rencontre souvent dans l’habitat côtier dont les parties agricoles sont peu développées voire absentes. Une habitation sur trois rencontrée sur la commune est de ce type. Appelées « maisons de pêcheurs », on trouve logiquement la plus grande concentration de ces habitations dans les villages proches de la côte ou des rives du Goyen (Lervily, Keroullou, Le Créac’h, Kerlann, Kernevez, Keridreuff, Kerbuzulic…) mais les villages situés dans la partie nord de la commune n’en sont pas pour autant dépourvus (Brenelec, Le Peulven, Kerennec…)La maison à deux pièces en rez-de-chaussée avec comble à surcroit éclairé par des jours ou des lucarnes. (15,5% des maisons recensées)Peu représentatif de l’habitat de la commune nouvelle d’Audierne, ce type de logis ressemble beaucoup au penti vu précédemment. La différence majeure est la hauteur des combles. Le plancher des combles de ce type d’habitation est en effet situé en-dessous du faîte des murs et le volume de comble utilisable est ainsi plus important. Quand des jours d’aération sont ouverts, ils le sont généralement au-dessus des ouvertures du rez-de-chaussée, formant ainsi des travées régulières. De petites fermes repérées à Kervréac’h, Toulemonde, Tromao ou Troloan présentent une élévation de ce type.On rencontre également dans la commune des maisons présentant un comble à surcroit éclairé par une ou deux lucarnes passantes (Kerenec, Keryoc’h ou Trevenouen). Les lucarnes, contrairement aux jours, ne forment pas forcement de travées.La maison à étage carré et généralement deux pièces par étage. (53% des maisons recensées)Ce type d’habitat est très représentatif de la moitié nord de la commune, mais la moitié sud n’en est pas pour autant exempte. Le rez-de-chaussée est composé de quatre ou cinq ouvertures : la porte d’entrée, deux fenêtres qui l’encadrent et un ou deux jours entre celles-ci et les pignons. L’étage, lui, est ouvert en façade par trois à cinq fenêtres. Les maisons à étage de la commune nouvelle d’Audierne se répartissent donc en deux types principaux : les élévations à travées (trois à cinq) et les élévations en quinconce.La proportion de maisons à élévation en quinconce est très faible (seulement 5 maisons à étage repérées). Elle consiste en une alternance de pleins et de vides selon deux configurations : cinq baies au rez-de-chaussée pour quatre fenêtres à l’étage (Custrein) ou quatre baies au rez-de-chaussée pour trois fenêtres à l’étage (Tromao). L’élévation à trois travées concerne plus de la moitié des maisons à étage de la commune. Elle consiste en trois fenêtres ouvertes à l’étage au-dessus de la porte d’entrée et des deux fenêtres qui l’encadrent. L’élévation à cinq travées, rencontrée sur 15% des maisons à étage semble réservée aux fermes les plus importantes (Kerounous, Kerscao, Kerneyen, Kermabon, Kerhuon (Audierne)…). Entre les deux, il reste l’élévation à quatre travées (18% des maisons à étage repérées). Le rythme horizontal des maisons à étage est parfois accentué par la présence d’un bandeau saillant en pierres de taille situé entre les deux niveaux d’habitation. Ce dernier, souvent répété sous la corniche du toit, se détache fortement sur les enduits (Custrein, Brenelec, Kerhuon (Esquibien), Kergadec…) ou la pierre de taille (Cosquer Bihan, Trobey, Troloan, Kerhuon (Audierne)…) Les chainages d’angles et encadrements des baies, toujours harpés et en pierres de taille renforcent cette impression de géométrie parfois austère surtout lorsque la façade est crépie. Notons pour finir que l’on rencontre au bourg d’Esquibien une variante du type à étage unique sur la commune : la maison à étage carré et une pièce par étage. Les décors.Bien que régularité et fonctionnalisme semblent être les principes qui régissent cette architecture, certains éléments ornementaux viennent parfois compléter les compositions décrites plus haut. Les inscriptions gravées au-dessus des ouvertures (nom des bâtisseurs, de leurs enfants ou signes religieux) en sont l’élément le plus caractéristique. Celles-ci, très présentes sur les maisons à étage sont plutôt rares sur les petites maisons en rez-de-chaussée bien que certaines aient té observées à Brenelec ou à Kerlaouen. On peut aussi considérer comme éléments de décor les corniches du toit et les souches de cheminées toutes deux bien appareillées en pierres de taille et moulurées selon différents motifs.Les corniches du toit du logis peuvent se prolonger aux dépendances attenantes. Bien qu’ayant la fonction d’empêcher les infiltrations d’eau dans les murs, elles sont également très décoratives qu’elles soient moulurées en cavet (une grande majorité), en doucine ou en quart de rond. Les souches de cheminées observées sur la commune, quant à elles, proposent deux types de décors : les plus anciennes sont terminées par une corniche moulurée en « talon renversé » alors qu’à partir de la seconde moitié du 19e siècle, celles-ci sont simplement chanfreinées. Au village de Kerhuon (Esquibien), on peut observer le sigle religieux IHS accompagner la date de 1818 sculptée sur le côté sud d’une souche moulurée.Toujours dans la représentation religieuse, on peut également remarquer la présence d’une niche à saint au-dessus de la porte d’entrée de plusieurs fermes de la commune (Trevenouen, Le Créac’h, Kerhuon (Esquibien), Custrein…). Très soignées, ces dernières proposent plusieurs motifs allant de la simple niche en plein cintre (Kerhuon (Esquibien)) à celle avec culot saillant en forme de visage flanquée de deux rameaux sortant d’un vase stylisé (Trevenouen). Notons le cas exceptionnel sur le territoire d’un décor intérieur observé dans l’une des deux fermes de Pors Feunteun : ici, le couloir en pierres de taille est orné de rosaces, croix, chandelier et sigle religieux IHS sculpté en réserve.Niches et éviers muraux.On observe de nombreuses niches murales dans les habitations traditionnelles de la commune. Elles se trouvent autour de la cheminée (dans l’âtre ou au niveau du jour qui éclaire l’arrière cuisine) ou sur le mur sud où elles servaient à placer le pot de chambre du lit-clos.Les éviers muraux sont plus rares et font généralement partie d’un système ingénieux de circulation de l’eau entre l’intérieur et l’extérieur du logis. Plusieurs d’entre eux ont été observés à Kerounous, Kergadou, Kerscao, Kerlornet, Poulley ou Kerhuon (Audierne). On les trouve à proximité du puits, intégrés au mur sud du logis et sont généralement associés à un placard mural. EVOLUTION DE L'HABITAT RURALE ENTRE 1978 ET 2019.Les quarante années d’écart entre les deux enquêtes d’inventaire permettent de mettre en relief certaines tendances concernant l’évolution de l’habitat rural sur la commune.Outre les restaurations ou les destructions (peu nombreuses) observées en 2019, on remarque que la façon d’habiter une maison traditionnelle a évolué ces dernières décennies - surtout à partir des années 1970 - apportant lumière et augmentation de la surface habitable et ce à des fins de confort. Amener de la lumière.Même si l’on remarque une tendance à l’agrandissement au courant du 19e siècle, les ouvertures des maisons traditionnelles de la commune nouvelle d’Audierne sont de dimensions plutôt réduites. Ajoutons à cela que pour se préserver de l’humidité et du fait de l’absence de soleil, la façade nord est aveugle.Le premier constat est que les baies de la façade antérieure ont été de manière générale largement agrandies. Le petit jour, si représentatif de la disposition des meubles et de la présence du drustuilh, montre maintenant sur certaines maisons des dimensions égales à celles de la fenêtre qui éclairait la table quand ils n’ont pas été transformés en porte ou tout simplement disparu. La fenêtre de la table a également pu être agrandie dans certains cas, ainsi que les fenêtres de l’étage. Il arrive également que des ouvertures aient été aménagées sur le mur nord du logis et des dépendances attenantes. Dans le modèle architectural traditionnel, les combles sont aveugles, même si l’on peut remarquer de temps en temps deux jours en pignon pour l’aération. Aujourd’hui, ceux-ci sont habités pour la plupart, surtout dans le cas des penti. La tendance actuelle est donc d’y percer des ouvertures pour apporter un maximum de lumière. Aujourd’hui, la création de lucarnes et de vasistas est devenue courante.Une troisième solution pour rendre l’intérieur de la maison plus lumineux a été observé sur la commune : la création d’une mezzanine alliée à des ouvertures importantes sur le pan nord du toit. Selon les propriétaires rencontrés ayant opté pour cette solution, tous s’accordent pour dire qu’elle offre deux avantages : la lumière du nord est douce et constante et ce système ne dénature pas la façade.La plupart des maisons ont également vu leurs speurniou disparaitre (cloisons en bois délimitant les pièces). Le décloisonnement permet en effet une meilleure circulation de la lumière et donne par la même occasion une impression de volume plus important.Gagner en volume.La maison traditionnelle du Cap-Sizun a été conçue autour d’une pièce commune destinée à abriter toute la famille qui servait de cuisine, de chambre à coucher, de salle à manger, de salle de bain, etc… Les pratiques ainsi que le mobilier ont évolué et les pièces des maisons se sont spécialisées. L’enjeu depuis des décennies est de trouver dans ces maisons la place pour toutes ces « nouvelles » pièces et nouveaux meubles. Cet enjeu est d’autant plus important lorsqu’il s’agit de maisons élémentaires.On observe en premier lieu une volonté de gagner de la hauteur sous plafond. Pour ce faire, deux solutions ont été rencontrées : Décaisser le sol du logis et surélever le plancher de l’étage.Mais la manière la plus courante et la plus efficace pour gagner du volume et aménager de nouvelles pièces à vivre c’est de remanier les dépendances agricoles, notamment l’écurie attenante. En effet, lorsqu’elle a été remaniée, cette dépendance est aujourd’hui majoritairement transformée en cuisine. Placards, éviers, table à manger, lave-vaisselle ont remplacé ici les stalles, auges à piler la lande et animaux.Les crèches à cochons, du fait de leur petite taille, peuvent servir de débarras ou d’atelier alors que les ti kar et étables, plus volumineux, peuvent devenir des habitations à part entière : résidences principales, secondaires ou gîtes ruraux."

Commentaires d'usage régional

Plan allongé, plan massé, logis à pièce unique, à deux pièces par étage, type ternaire, type ternaire variante, charpente sans poinçon, porte haute, puits couvert en maçonnerie

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1983

Date de rédaction de la notice

1984 ; 2020

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Toscer Catherine, Douard Christelle, Serre Fabien

Cadre de l'étude

Inventaire topographique, inventaire topographique (Audierne)

Typologie du dossier

Dossier collectif

Adresse du dossier Inventaire

Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35

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Ecart, Custrein (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)  ; Les maisons et fermes (Audierne)
Ecart, Custrein (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016) ; Les maisons et fermes (Audierne)
(c) Communauté de communes Cap Sizun - Pointe du Raz
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