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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLa Ruche
La Ruche






Référence de la notice
IA75000342
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Inventaire
Date de création de la notice
21 mai 2021
Date de dernière modification de la notice
21 mai 2021
Rédacteur de la notice
Sol Anne-Laure ; Py-Fauvet Constance
Mentions légales
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Désignation de l'édifice
Titre courant
La Ruche
Producteur
Inventaire
Dénomination de l'édifice
immeuble
Qualité des personnes pour qui l'édifice a été construit ou transformé
d'artiste
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Île-de-France ; Paris 15e arrondissement ; de Dantzig (passage) 2
Aire d'étude pour le domaine de l'Inventaire
Ile-de-France
Adresse de l'édifice
de Dantzig (passage) 2
Historique de l'édifice
Siècle de campagne principale de construction
Description historique
Ce lieu qui a été comparé au ‘Bateau lavoir’ sur la butte Montmartre évoque la renaissance du cubisme. Ici vécurent depuis le début du XXe siècle plusieurs des artistes et des écrivains qui firent la renommée de Montparnasse. Mais s’ils se trouvèrent rassemblés dans les étonnantes constructions que nous voyons encore, c’est qu’un artiste avait voulu établir dans ce coin retiré de Vaugirard une espèce de ‘Fondation’ philanthropique, un asile pour les jeunes peintres, sculpteurs, littérateurs… En 1895 Alfred Boucher sculpteur et peintre d'Aix-les-Bains assez académique qui eut son heure de célébrité et avait notamment le buste de la reine de Roumanie se promenant avec son ami Toudouze peintre Montmartrois acquis un terrain de 5 000m2 bordant le chemin de Dantzig pour 1000 francs. Après l’exposition de 1900 voyant détruire les pavillons il eut l’idée d’y construire une cité d’Artiste afin de soutenir le courage des jeunes chercheurs et des intellectuels allant vers l’art. Il acheta dans ce but le pavillon des vins et divers autres fragments dont la grille d’entrée du Pavillon de la femme. Elle s’appela d’abord ‘la villa Médicis’ puis ‘La Ruche’ en raison de sa destination et de la forme polygonale du pavillon des vins. Elle fut inaugurée en 1902 par Dujardin-Baumetz sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts. D’autres bâtiments, très hétéroclites poussèrent autour de cette première ruche égrenée dans le jardin ou bordant le passage de Dantzig. Il y eu jusqu’à 140 ateliers qui abritèrent de nombreux artistes. Certains comme Boucher, qui influençait certains jeunes, étaient partisans des traditions des maîtres Rodin et Renoir, d’autres furent des novateurs. Beaucoup y vinrent : Henri Laurens, Fernand Léger, Archipenko, Thomson, Epstein, Kibein, Dobinsky, Moïse Kogan. Soutine vécut là comme un malheureux sans vêtement, voulu se pendre mais fut sauvé, il était ami d’un tueur de l’abattoir voisin. Chagall habite la Ruche en 1910 : il était considéré comme un fantaisiste et un poète qui jetait ses toiles mal venues par la fenêtre. Modigliani libéré des classiques et réalistes était influencé par le cubisme. Il apparait à la ruche en 1914, se lie avec Soutine ; c’est Chagall, Cendras, Zadkine et Lipchitz qui les rapprochèrent. Des expositions de peinture avaient lieu à la Ruche, la première en 1905, fut inaugurée par le Ministre des Beaux-Arts. A.Boucher ouvrit aussi une salle de théâtre pour distraire les habitants de la Ruche et renouveler les commerçants de leur aide. Il voulut créer là un centre culturel pour servir l’art, donna des spectacles d’amateurs et invita aussi Le Bargy, M. de Feraudy, Max, Maris Lecomte, Madame Faucheux de l’Action qui logea rue de Dantzig, puis M.Moreno, Herbertot, Louis Jouvet qui y mit en scène ‘Britannicus’ et les ‘Triumvirs’. C’est là que Jouvet rencontra Jacques Copeau qui lui permit d’utiliser le Vieux Colombier ; il quitte alors la Ruche. Caracht de l’Odéon administra le théâtre qui avait 200 à 300 places – payait qui pouvait – A.Boucher finançait les spectacles. Quand il mourut en 1934 le théâtre fut abandonné.