Description historique
Les deux maisons dessinées sur le plan cadastral de 1816 appartiennent à Jean Antoine Simonin (E 46) et à la veuve de François Xavier Chaboz (E 45). Propriété en 1841 de Pierre Joseph Bidal ("à deux étages, en bon état"), de même que la maison précédente (actuel n° 8, "à un étage, en bon état"), elles disparaissent dans l'incendie du 5 mai 1865 qui détruit la Grande Rue. Le bâtiment actuel (avec boutiques sur la rue) est reconstruit en 1866 par le négociant Alphonse Balanche - ou Ballanche - (1830-1896). A son décès, il passe à son fils Léon (1865-1900), dit "négociant en graines et farines", père d'André Balanche (1894-1971) qui sera horloger au 9 rue René Payot (dans la maison de son beau-père Lucien Deleule) et à Monte-Carlo. Il est apparemment endommagé par un incendie au cours de la première guerre mondiale, puis cédé à son issue à Ernest Droz-Vincent. Ce dernier est vraisemblablement Ernest Louis Aimable Droz-Vincent (1879-1955), dont le gendre Henri Faivre crée à la fin des années 1930 (en 1937 ou 1939) son atelier d'horlogerie dans l'étage en surcroît du bâtiment, dont l'adresse est alors le 8 Grande Rue. Employant quelques ouvriers, Faivre y fabrique des montres de gousset de type Roskopf (échappement à ancre à chevilles), exploitant les marques Davos et Otec (déposée le 9 août 1948). Il quittera les lieux pour la maison et l'atelier qu'il se fera bâtir en 1958-1959 au 19 rue Antoine de Roche (fabrique de montres et baromètres Faivre-Dutec). Un autre atelier d'horlogerie y est signalé vers 1925 : celui de Paul Maillardet (1884-1946), descendant d'une famille d'horlogers suisses (au nombre desquels Jean David Maillardet, de Fontaines, commune de Val-de-Ruz, canton de Neuchâtel). Se déclarant spécialiste des montres bon marché, montres système Roskopf et montres pour automobiles, Maillardet a quitté La Chaux-de-Fonds pour Morteau, où il est signalé au 8 Grande Rue avant de s'installer dans la deuxième moitié de la décennie 1920 aux 22 et 24 rue Fauche. Le bâtiment, revendu dans les années 1920 au marchand de bestiaux et négociant (boucher-charcutier) Jules Cuenot (1869-?), paraît selon la matrice cadastrale agrandi vers 1932 et 1937 (construction du 3e étage ?). Il passe vers 1944 à la veuve Cuenot, née Maillard, puis vers 1958 à son fils Raoul (1905-2002) et à Jean-Claude Bobillier. Outre la fabrique d'horlogerie Faivre, il abrite dans les années 1950 l'atelier de galvanoplastie (dorage, argentage et nickelage) du Suisse François Douchet (à l'origine de l'activité de "nickelage et arpentage de mouvements" mentionnée là en 1938 ?). Cette affaire, classée en 1965 dans la catégorie de 0 à 10 salariés, sera ensuite remplacée par celle de Colard (Charles Colard, établi au 6 bis rue Jean Jaurès en 1957 ?), qui occupera deux ou trois ouvriers. L'horloger Raymond Faivre-Pierret (1902-1986) s'installe dans l'immeuble au cours de la décennie 1960. Il avait créé son affaire en 1927, dans un bâtiment situé au 1 rue de la Louhière (cadastré 2018 AC 85), puis s'était associé en 1937 avec son frère Alfred (1896-1962) au sein des Ets Faivre-Pierret Frères, exploitant la marque Far (Faivre Alfred et Raymond) déposée le 30 août 1937. Tous deux avaient transporté leur affaire après la deuxième guerre mondiale (vers 1947 ?) au 5 rue Fauche, dans la maison appartenant à la veuve de l'horloger rhabilleur Henri Leiser. Après le décès d'Alfred en 1962, Raymond s'installe donc (en 1963 ? après 1965 ?) Grande Rue, au premier étage dans l'angle nord-est de l'immeuble. Son fils Jean-Claude, qui l'a rejoint en 1957, ne reprend pas la petite entreprise familiale (elle aussi classée en 1965 dans la catégorie de 0 à 10 salariés), qui disparaît en 1975. Le bâtiment n'abrite plus d'activité productive mais des boutiques et des appartements.