Commentaire descriptif de l'édifice
L’architecte tire habilement parti de la forte déclivité d’un terrain encaissé, étroit et irrégulier, afin de superposer les deux fonctions du programme : une salle paroissiale en soubassement et le temple proprement dit au-dessus. Combinant la pierre calcaire locale à l’emploi du béton et de l’enduit ciment, l’édifice reflète parfaitement l’architecture ruthénoise du milieu du XXe siècle. Le bâtiment est d’aspect assez sévère, mais le traitement du pignon découvert, dépassant de plusieurs mètres le faîte du toit, et les hautes travées verticales de fenêtres lui confèrent un certain élancement. Les fenêtres de la salle paroissiale sont surmontées de claustras en béton. Au-dessus, l’espace cultuel est éclairé par une série de baies géminées surmontées de jours losangés et insérés dans un arc en mitre, motif inspiré de l’architecture gothique méridionale, en particulier des clochers de certaines églises (église des Jacobins et couvent des Augustins à Toulouse, église Saint-Jacques à Montauban…). Abritée sous un porche de béton soutenu par quatre piliers de pierre, la porte d’entrée est ornée d’une croix de Lorraine, symbole de de la Résistance française.£La célébration du culte réformé, comme les moyens financiers limités, imposent à l’aménagement de l’espace cultuel une grande sobriété non dénuée d’harmonie. La nef unique, conçue pour accueillir 100 fidèles, répond au modèle souvent retenu dans les temples, mais également dans les églises catholiques les plus simples. Elle est délimitée par deux grands arcs diaphragme en moellons de calcaire qui s’inscrivent dans la tradition de l’architecture protestante régionale des XVIe et XVIIe siècles, elle-même inspirée de la structure des granges cévenoles. Ces grands arcs soutiennent une toiture à deux pentes, composées de caissons en béton armé qui contribuent sans doute à améliorer l’acoustique de la salle.£Légèrement surélevé, le chœur présente une organisation peu conforme aux temples réformés traditionnels, et témoigne des spécificités du méthodisme, un courant du protestantisme auquel se réfère le pasteur Exbrayat. Ce courant accorde durant le culte une même importance à la Cène (la communion) et à la prédication. Ceci explique que la chaire soit placée sur le côté, à l’opposé des fonts baptismaux, tandis que la table de communion, qui s’apparente ici à un véritable autel, occupe le centre. Ce mobilier est traité dans les mêmes matériaux que l’espace intérieur et combine le ciment, la pierre et le bois (pour l’autel). Si le baptistère est de plan hexagonal traditionnel, la chaire présente une forme de proue plus originale.
Description de l'iconographie
Le décor se limite aux éléments fonctionnels ou symboliques. Les vitraux assemblés au plomb sont composés de losanges de verre blancs ou colorés. Semblable à celle du pignon de façade, une croix, laissant passer la lumière de l’est, surmonte l’autel. Elle est associée à la lettre « X » (Khi grec), abréviation du nom du Christ.