Les misères et les malheurs de la guerre (12) : L'arquebusade

Identification du bien culturel

N°Inventaire

979.21.1

Domaine

estampe

Titre

Les misères et les malheurs de la guerre (12) : L'arquebusade

Précision auteur

Nancy, 1592 ; Nancy, 1635. Jacques Callot part se former à la technique de la gravure à Rome, puis à Florence où il travaille pour Cosme II de Médicis (1590-1621). A la mort de ce dernier en 1621, il rejoint sa terre natale de Lorraine.

Ecole-pays

France

Période de création

19e siècle, 20e siècle

Période de l’original copié

17e siècle

Matériaux - techniques

papier vélin, eau-forte

Mesures

H. 8.5 cm ; l. 19 cm

Inscriptions

Signature, inscription, numéro

Précisions inscriptions

Signé en bas à gauche : Callot inv. et fec. ; inscription sous le trait carré en trois colonnes : Ceux qui pour obeir a leur mauvais Genie / Manquent a leur devoir usent de tyranie / Ne se plaisent qu'au mal violent la raison / Et dont les actions pleines de trahison / Produisent dans le Camp mil sanglans vacarmes / Sont ainsi chastiez et passez par les armes ; numéro en bas à droite : 12

Etat du bien

Restauré en 2013

Précisions sujet représenté

Au centre de l'estampe, deux militaires armés viennent d'exécuter des prisonniers gisant à terre. A côté, un homme attaché à un poteau s'apprête à recevoir le même châtiment. De nombreux témoins assistent à cette fusillade, notamment l'armée à gauche. En bas, la présence des deux petites figures assises de dos au premier plan, dont l'une désigne un chien en train de regarder la scène, donne un côté anecdotique à cette feuille. Plutôt que des arquebuses au sens où l'on entend aujourd'hui (jusqu'au XIXe siècle, le mot ' arquebuse ' est synonyme d'arme au sens large), il s'agirait plutôt ici de mousquets à mèche, armes lourdes nécessitant, pour tirer, l'appui d'une fourquine, sorte de fourche plantée dans le sol. Dans une autre série de douze planches gravées par Callot et éditée en 1635, Les exercices de la vie militaire, on trouve aussi quelques études sur les soldats et le maniement de leurs armes.

Contexte historique

Genèse

Retirage, 3e état

Historique

La série intitulée Les Misères et les malheurs de la guerre, dite aussi Les Grandes Misères de la guerre, demeure sans doute l'oeuvre la plus connue de l'artiste. Composée de 18 planches, elle est gravée en 1632, puis éditée en 1633 par son ami d'enfance Israël Henriet (1590-1661), qui en garde l'exclusivité. Pour perfectionner sa technique favorite de l'eau-forte, Callot élabore un nouveau procédé : un vernis dur recouvre désormais la plaque de cuivre, ce qui lui permet d'obtenir un tracé précis et d'une grande finesse. Au cours du temps, cet ensemble de gravures a suscité de nombreuses interprétations : pour certains, il constituerait d'abord une preuve édifiante des cruautés perpétrées pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648). D'autres y verraient plutôt une dénonciation de l'envahissement du duché de Lorraine par les troupes du roi Louis XIII en 1633. Intitulées au XVIIe siècle La vie du soldat, ces eaux-fortes seraient finalement une illustration des différents aspects de la vie militaire, de l'enrôlement au paiement de la solde. Par ailleurs, elles permettent de souligner les nombreux méfaits des soldats, qui n'hésitent pas à attaquer ou voler la population. Très éclairants pour la compréhension des saynètes, six vers en français, disposés deux par deux dans la légende des planches du deuxième état (c'est-à-dire la deuxième des trois éditions de la suite de gravures de Callot), ont été rédigés par Michel de Marolles (1600-1681). En plus de leur indéniable intérêt esthétique, Les Misères et les malheurs de la guerre constituent un précieux témoignage historique sur cette période troublée du XVIIe siècle. Enfin, doté d'une véritable personnalité stylistique, l'oeuvre gravé de Jacques Callot fut de nombreuses fois copié et imité depuis le XVIIe siècle. Meaume 575, Lieure 1350 (biblio) ;#Tirage d'après l'édition de 1633

Informations juridiques

Statut juridique

Propriété de la commune, ancien fonds, Clermont-Ferrand, musée d'art Roger-Quilliot

Informations complémentaires

Exposition

Chroniques de papier, dessins et gravures d'histoire, Musée d'art Roger-Quilliot [MARQ], du 14 septembre 2013 au 30 mars 2014.

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