Armure

Identification du bien culturel

N°Inventaire

2002.3.1

Dénomination

armure

Appellation

Armure type dô-maru de style archaïsant tachi-do

Auteur

anonyme

Période de création

3e quart 19e siècle

Millésime de création

1850 vers

Epoque

Époque Edo

Matériaux - techniques

acier, cuivre, cuir, soie, laque, feuille d'or

Mesures

Largeur : 70 cm ; Hauteur : 143 cm ; Profondeur : 55 cm

Description

Composée d'environ 3630 écailles d'acier et de cuir de buffle, laquées noir et dorées à la feuille, assemblées par plus de 200 m de tresse de soie. Les manches et les jambières sont faites de plaques d'acier reliées par de la cotte de maille et montées sur du brocard de soie. Elle est ornée de 50 armoiries en cuivre ciselé et doré, formant notamment les têts de rivets. Les plaques pleines (comme la visière) sont en acier recouvert de cuir de daim imprimé. Incorpore un timbre de casque plus ancien, ici un timbre de 64 lamelles de l'école Myochin, en acier laqué noir avec les ornements en cuivre doré, qui date de l'époque Momoyama. Ornement frontal (un shishi) est en bois laqué or. Partie textiles ternies par une trop longue exposition à la lumière. Les différentes parties de l'armure sont conservées dans la boite de transport d'origine de la pièce.

Etat du bien

Bon état

Sujet représenté

lion, emblème, glycine

Précisions sujet représenté

Un komainu (lion-gardien) est placé sur le casque. le Mon (emblème) de la famille Andô (l'idéogramme 安 entouré d'une glycine) est disposé sur le casque, les spalières et le plastron.

Contexte historique

Lieu de création/utilisation

Japon (lieu de création), Japon (lieu d'exécution), Japon (lieu d'utilisation)

Lieu historique

Asie orientale

Utilisation / Destination

apparat

Précisions utilisation

Cérémonie de passage à l'âge adulte (genpuku) du dernier daimyo Andô

Informations juridiques

Statut juridique

Propriété du département, achat, Alpes-Maritimes, musée départemental des arts asiatiques

Date acquisition

2002/02/22 acquis

Ancienne appartenance

Baron Andô du clan Tanabe de Kishû, jusqu'en Juin 1918 ; Fondation Kôzu pour la culture ancienne (Kyôto, Japon).

Informations complémentaires

Exposition

Nihon no katchu, Musée National de Kyoto, Kyoto, 1987 ; Takeda Shingen to sengoku busho ten, Yamashina, 1988 ; Tenrankai "Nihon no iro", Asahi shinbunsha, Tokyo, 1990 ; Busho no haresugata, kozu kobunka kaikan, Kyoto, 1991 ; Nihon katchu no nagare, Kozu kobunka kaikan, Kyoto, 1999 ; Esprit du Japon, musée départemental des arts asiatiques à Nice, 2003 ; Samourai, musée départemental des arts asiatiques à Nice, 2017 ; Daimyo, musée national des arts asiatiques - Guimet, 2018.

Bibliographie

Hélène Capodano Cordonnier, Aurélie Samuel, "Samouraï, de la guerre à la voie des arts", Gand : Éditions Snoeck, 2017, p. 80-81. Notice du catalogue "Samouraï", auteur : Hélène Capodano Cordonnier Fin de l'époque d'Edo, 1850 pour l'armure, époque Momoyama pour le casque (1580-1600) Laque et dorure à la feuille d'or, soie, acier, cuivre, cuir de buffle et de daim H. 143 ; L. 70 ; P. 55 cm Musée départemental des Arts asiatiques, Nice Inv. 002.3.1 Ce style d'armure archaïsant (tachi-dô) a la faveur des seigneurs au XIXe siècle, jusqu'à l'abolition de la féodalité en 1868. A la fois sobrement fonctionnelle et luxueuse dans les détails et les choix techniques, elle est composée d'environ 3630 écailles d'acier et de cuir de buffle, laquées noir et dorées à la feuille, assemblées par plus de 200 mètres de tresse de soie. Les manches (kote) et les jambières (suneate) sont faites de plaques d'acier reliées par de la cotte de maille et montées sur de la soie. Elle est ornée de 50 armoiries en cuir ciselé et doré formant notamment les têtes de rivets. Les plaques pleines, comme la visière (mabisashi), sont en acier recouvert de cuir de daim imprimé. L'armure comprend un casque (kabuto) plus ancien de style kôshôzan suji-bachi à 64 lamelles, monté en style sô-fukurin, de l'école Myôchin, garni de cornes de cerf (kuwagata) et décoré d'un ornement frontal (maedate) en bois doré figurant un lion (shishi). Le demi-masque en fer laqué noir (mempô) du type terrifiant, couvrant le visage jusqu'aux yeux, est agrémenté d'une longue moustache blanche. Il se prolonge par un gorgerin (nodawa). Particulièrement bien conservée dans des sacs de soie matelassée et un coffre en bois laqué noir d'origine (yoroibako), cette armure représente un summum de complexité et de coût de fabrication. Les armoiries (mon) qui l'ornent et son parfait état de conservation laissent penser qu'elle fut réalisée vers 1850 pour Naoyuki, dix-septième et dernier seigneur féodal de la lignée des membres de la famille Andô du fief de Tanabe en Kii. Une inscription sur la caisse mentionne qu'elle aurait été réalisée pour un genpuku (cérémonie de passage à l'âge adulte), qui a lieu en général vers 15 ans. Le jeune samouraï porte alors pour la première fois une coiffure d'homme adulte, ainsi que son armure et ses sabres. En participant à la bataille de Sekigahara en tant que simples vassaux, sous la bannière de Ieyasu Tokugawa, les membres du clan Andô bénéficièrent de la faveur du shogun. La famille, qui fut anoblie en 1612 et élevée au rang de daimyo, se vit attribuer un domaine avec château et revenus. Les nombreux mon qui ornent cette armure figurent une glycine (fuji), avec la fleur en haut, accompagnée d'un idéogramme. Cet emblème est une des variantes du clan Andô, adoptée par la branche cadette, celle de la province de Kii, issue de Naotsugu (1564-1635). Ce daimyo reçut en 1617 le fief de Kakegawa (province de Tôtômi), qui fut transféré en 1619 à Tanabe, province de Kii (pour une somme de 28 000 koku), où ses descendants demeurèrent jusqu'à la restauration de l'ère Meiji. Ils reçurent alors le titre nobiliaire de baron. Cette armure provient de la vente de biens de la famille Andô qui eut lieu à Tokyo en juin 1918 et fit partie pendant un temps de la prestigieuse collection de la Fondation Kôzu à Kyoto. C'est dire l'importance de cette historiquement documentée et conservée dans son intégralité - faits assez rares pour mériter d'être soulignés. Elle fut acquise par le musée départemental des Arts asiatiques en 2002.

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