Ganesh dansant

Identification du bien culturel

N°Inventaire

99.4.1

Dénomination

stèle

Titre

Ganesh dansant

Période de création

2e moitié 10e siècle

Matériaux - techniques

chlorite (haut relief)

Mesures

Largeur : 55 cm ; Hauteur : 102 cm ; Profondeur : 25 cm

Description

La scuplture représente Ganesh dansant, à huit bras. Il tient le rosaire, le tambourin la hachette le cobra, le radis, le bol de modaka. Il fait le geste dit de la trompe d’éléphant (bras tendu, poignet cassé), geste de la danse classique indienne (bharatanatyam). Sur le socle se trouve son véhicule, le rat Mushika. Deux assistants musiciens l’encadrent. Quelques manques.

Sujet représenté

divinité, éléphant, rat, musicien,

Précisions sujet représenté

Forme de Ganesh dansant, à huit bras. Tient le rosaire, le tambourin (évoque son primordial, rythme de la danse et de la création), la hachette (détruisant les obstacles, attribut shivaïte par excellence), le cobra (tenu à deux mains) (référence à son père Shiva, au mythe de la lune où il trébuche sur un serpent et se recoud le ventre explosé avec, et parures + macabres et tantriques), le radis (dont les éléphants raffolent, parfois remplacé par sa défense brisée jetée à la lune), le bol de modaka (gâteaux ronds et sucrés que Ganesh adore et que ses fidèles lui offrent). Fait le geste dit de la trompe d’éléphant (bras tendu, poignet cassé), geste de la danse classique indienne (bharatanatyam). Sur le socle se trouve son véhicule, le rat Mushika. Deux assistants musiciens l’encadrent. Tête d’éléphant : voir le mythe de sa naissance (fils de Shiva et Parvati). Selon Enrico Isacco, la stèle du MAA présente des similitudes avec une stèle datée de la 4e année de Mahipala (traitement des oreilles, coiffe en forme de jatamukuta = chignon d’ascète, couronne de cheveux que Sivaramamurti indique comme typique du style Pala du XIe siècle, attitude et dimensions de son véhicule le rat).

Contexte historique

Lieu de création/utilisation

Inde (lieu de création), Inde (lieu d'exécution), Inde (lieu d'utilisation)

Précisions lieu création

Inde du Nord-Est, Bengale ou Bihar

Lieu historique

Asie méridionale

Utilisation / Destination

pratique religieuse, culte

Précisions utilisation

Cette statue se trouvait probablement dans une niche d’un temple dédié à Shiva.

Informations juridiques

Statut juridique

propriété du département, achat, Alpes-Maritimes, musée départemental des arts asiatiques

Date acquisition

1999/03/01 acquis

Informations complémentaires

Commentaires

Notice publiée dans la Revue du Louvre, 2000, 2, p. 108 Auteur : Marie-Pierre Foissy-Aufrère Ganesha dansant ; Inde du Nord-Est, Bengale ou Bihar ; époque Pala-Sena, 2e moitié du Xe siècle ; stèle en chlorite noire ; H. 1,02 ; L. 0,55 ; P. 0,25 ; n° d'inv. 99.4.1 Différentes traditions font de Ganesha le fils du dieu Shiva - principe à la fois destructeur et créateur de l'Univers - et de sa parèdre la déesse. Le linga-purana raconte qu'il fut créé par Shiva afin de favoriser les entreprises divines et contrecarrer les actions néfastes des démons. Sitôt créé, il se mit à danser, à l'instar de son père, devant l'assemblée des dieux. Ici, ses huit bras tiennent, respectivement de gauche à droite, le tambour (?) qui évoque le son primordial et le rythme de la danse cosmique, c'est-à-dire Création-Destruction ; le rosaire, dont les graines correspondent aux lettre de l'alphabet sanskrit et expriment le son et l'ouïe ; la hache, symbole de la force physique, attribut shivaïte par excellence ; la queue et la tête de serpent ; le radis noir dont raffolent les éléments ; un bol de gâteaux ronds, les modakas qui symbolisent les germes de l'Univers, dans lequel puise sa trompe. Provenant de la région du Bengale ou du Bihar, et représentative de l'art très particulier de la dynastie Pala-Sena qui règne dans l'inde du Nord-Est du VIIIe au XIIe siècle, cette pièce exprime l'essence de l'esthétique indienne : sens du mouvement, force statique, puissance et sensualité, sentiment de l'Unité à travers le foisonnement du multiple.

Bibliographie

Robert L. Brown (éd.), Ganesh: Studies of an Asian God, Albany : State University of New York Press, 1991, 358 p. Sris Chandra Chatterjee, Magadha architecture and culture, Calcutta : University of Calcutta, 1942, 112 p. Alice Getty, Ganesha. A Monograph on the Elephant-Faced God, New Delhi : Munshiram Manoharlal Publishers, 1992, 103 p. T. A. Gopinatha Rao, Elements of Hindu Iconography, Madras : Law printing house, 1914-16, 2 tomes en 4 vol. John Houlton, Bihar, the heart of India, Bombay : Orient Longmans, 1949, 223 p. Susan L. Huntington, The Pala-Sena schools of sculpture, Leyde : E.J. Brill, 1984, 296 p. Susan L. Huntington, John C. Huntington, Leaves from the Bodhi tree: The Art of Pala India (8th – 12th Centuries) and its international legacy, Dayton, Ohio : Dayton Art Institute in association with the University of Washington Press, 1990, 615 p. Paul Martin-Dubost, Gaṇeśa : l'enchanteur des trois mondes, Mumbai : Franco-Indian research Pvt. Ltd., 1997, 412 p. Amina Okada, Prithwindra Mukherjee, Pierre-Henri Cerre, Gaṇeśa, ou la mémoire de l'Inde, Paris : Findakly, 1995, 142 p. Pratapaditya Pal, Ganesh the benevolent, Bombay : Marg Publications, 1995, 148 p. Claudine Picron, "Gopala II ou Gopala III. Xe ou XIIe siècle. Datation d’une image de Shiva", Arts Asiatiques, tome 34, 1978, p. 105-120.